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Actu-Environnement

« Colloque Degrowth » l'entrée d'un mouvement dans le champ du savoir

Idée à rebours des cadres interprétatifs auxquels la société nous soumet, la décroissance peut irriter ou déconcerter l'esprit novice pour qui le « développement durable » devait répondre d'un même bloc à tous les enjeux environnementaux, économiques et sociaux.

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« Colloque Degrowth » l'entrée d'un mouvement dans le champ du savoir
Yves Cochet
   
Lorsque l'on croit à la décroissance, ou simplement que l'on s'y intéresse, il est bon de savoir que l'on n'est pas seul. Idée à rebours des cadres interprétatifs auxquels la société nous soumet -productivité, argent, richesse, croissance, développement- la décroissance peut irriter ou déconcerter l'esprit novice pour qui le « développement durable » devait répondre d'un même bloc à tous les enjeux environnementaux, économiques et sociaux. Pour les adeptes de la notion de décroissance, le développement durable n'est qu'un oxymore sédatif dont l'efficacité mal affirmée et les méthodes luxueuses qu'il nécessite s'inscrivent dans une logique de croissance et de perpétuation des systèmes de production marchande et matérielle. Pourtant des mouvements en France et en Italie essentiellement, mais aussi un peu partout dans le monde, entendent la promouvoir, la diffuser et la clarifier. A Paris, les 18 et 19 avril derniers, s'est tenu le premier colloque mondial sur la décroissance intitulé : « Conference on Economics Degrowth, for Ecological Sustainability and Social Equity » à laquelle a participé une centaine de personnes d'une vingtaine de nationalités. On peut citer deux des principaux initiateurs de ce colloque : François Schneider(1), ingénieur ayant notamment contribué à la théorie de l'effet-rebond et Fabrice Flipo(2), universitaire militant de longue date aux Amis de la Terre.

Des chercheurs d'horizons et spécialités différentes ont apporté leur contribution à ce nouveau champ de recherche en observant quels pourraient être les différents scénarios de décroissance, et par quels mécanismes un processus de décroissance progressive se mettrait en place dans nos sociétés industrielles. Ce séminaire avait pour horizon d'asseoir la décroissance comme objet de recherche à part entière et de rédiger une position finale internationale de la décroissance. Durant ces 48 heures de débats et rencontres informelles, il a été possible de saisir la diversité sociologique qui fait vivre la décroissance : des étudiants, des retraités, des universitaires, des voyageurs, des militants associatifs ayant tous répondu au mot déclencheur de la décroissance. Répartis entre plénières et ateliers thématiques, les participants ont tenté de cerner le concept de « décroissance » dans plusieurs dimensions. Il y avait durant ces deux jours comme un frémissement, un sentiment partagé d'être au milieu d'une étape importante dans l'histoire d'une idée : son moment de sophistication théorique, son entrée dans le champ académique, en somme, sa prise au sérieux par la sphère de la pensée et du savoir.

Travailler sur la décroissance amène à aborder une multitude de questions sociétales (écologie, modes de production, échanges, emplois, transports, alimentation, habitat), mais aussi philosophiques (rapport à l'altérité, quête du bonheur, sens du progrès et de la technique, finalité des échanges, réflexion sur le besoin et le désir). C'est un thème multiforme qui sort des logiques de spécialisation en voulant proposer, ambitieusement, une autre lecture du monde qui intègre la biosphère dans le paradigme économique. La décroissance se pose donc d'abord comme un cri de ralliement, un slogan. Elle invite à questionner les déterminations du système économique auquel nous sommes soumis et cherche des voies de sortie à l'embrigadement productiviste. Par les interrogations qu'elle génère sur le progrès, la consommation, le sens de la modernité, elle crée des pistes de réflexion ayant un but commun : retrouver des zones d'autonomie face à un système qu'elle dénonce comme écrasant les imaginaires, entravant la créativité.

La décroissance est comme une famille hétéroclite où se retrouvent des écologistes, des alter mondialistes déçus, des anar'. Fabrice Flipo identifie quatre composantes essentielles de la nébuleuse décroissante : la source culturaliste menée par Serge Latouche, la source démocratique conduite par Ivan Illich, la source écologiste, et la source bio-économiste dont Georgescu-Roegen est le fondateur(3). Ce rapide panorama des origines de la notion indique la capacité de brassage et d'absorption de la décroissance qui est ainsi d'une grande richesse conceptuelle et touche un faisceau de courants disparates. Le caractère hétéroclite dans sa base matricielle souligne son pouvoir de réactualisation de textes et sa force d'adaptation à « l'air du temps » de problématiques passées. Ce recyclage d'auteurs et ce mélange d'horizons militants mettent simultanément en lumière la pertinence visionnaire des enjeux soulevés par la décroissance. Certains essaient déjà de mettre en application les principes de la décroissance. Nous avons pu en rencontrer quelques uns durant ce colloque. Ils ne se situent pas dans l'affirmation d'une idéologie particulière, ni dans la revendication d'une identité. Ce n'est pas non plus une contestation collective, mais bien plutôt une contestation comportementale. Ce ne sont pas de larges groupes organisés, mais des individus qui dessinent une stratégie de l'escapisme, c'est-à-dire une volonté de sortir du système.

Si certains sont conscients de la nécessité d'un changement de posture, la décroissance reste malgré tout, même chez les écologistes en général et chez les Verts en particulier, une idée dangereuse, ou effrayante voire obscène. L'inertie idéologique qui allie de façon automatique croissance, progrès et bien-être est tenace. L'obstination à se complaire dans la démesure reste l'état d'esprit d'une grande majorité de citoyens et de décideurs qui veulent à tout prix « rester compétitifs », sans avoir véritablement conscience de la finalité ontologique d'un tel objectif. Face à la crise écologique pourtant indéniable désormais, pourquoi une telle résistance des mentalités ? Le philosophe Jean-Louis Vullierme explique cette tension entre prise de conscience et comportement contradiction par la théorie de « l'interaction spéculaire »(4). Un citoyen moyen est certes informé, mais avant d'agir, il ne réfléchit pas à son seul comportement. Dans les choix de vie qu'il pourra faire, l'image de lui même aux yeux des autres est essentielle. La société devient alors un système de représentations croisées entre individus. Le déni collectif de l'urgence écologique est issu de cette attente réflexive : que va faire mon voisin ? Que va-t-il penser de moi ? Il ne suffit pas d'additionner les volontés individuelles pour changer les comportements. Peut-être sommes-nous tous les décroissants refoulés, des décroissants qui s'ignorent, qui refusent de répondre à leurs aspirations et leurs convictions. Par des initiatives comme ce colloque, la décroissance pourra progressivement dépasser les timidités et les réticences pour devenir un modèle du monde partagé.

Yves COCHET

Mathématicien, ancien Ministre de l'Environnement, Député de la 11e circonscription de Paris.

1/ François Schneider, Co-fondateur et chercheur de Recherche & Décroissance; Membre du SERI. A travaillé à L'INSA de Lyon, CML-Pays-Bas, Institut pour l'Ecologie industrielle-Autriche et SERI, Fond Estonien pour la Nature, INETI-Portugal. L'Ecologiste, Edition française de The Ecologist, n°11 Octobre 2003, Vol 4, n°3, p45. Point d'efficacité sans sobriété dans « Objectif Décroissance », coordonné par Michel Bernard, Vincent Cheynet, Bruno Clémentin, Editeurs Parangon et Silence, collection L'après développement.

2/ Fabrice Flipo, Maître de conférences en philosophie, TELECOM & Management SudParis, Laboratoire CEMANTIC / Groupe de Recherche ETOS. Auteur de Justice, nature et liberté, Parangon, 2007; Le développement durable, Bréal, 2007; Ecologie des infrastructures numériques, Hermès, 2007.

3/ « Voyage dans la galaxie décroissante » de Fabrice Flipo, in Mouvements, sans date http://www.mouvements.asso.fr/spip.php?article61

4/ Jean-Louis Vullierme, Le concept de système politique, Presse Universitaire de France, Paris, 1989

Les Chroniques de Corinne Lepage et Yves Cochet sont publiées tous les mois et en alternance, sur Actu-Environnement.

Réactions12 réactions à cet article

 
Décroissance et Développement compatible...

La croissance pour moi est pour moi un calcul entre la somme des échanges d'argent au temps t t= année, mois par rapport à t-1 peut-être une explication simpliste mais n'est ce que çà en fin de compte. Sinon que l,on me dise ce qu'est la croissance.

Selon moi les théories économiques et les grands economistes disent si la croissance n'est pas au rendez vous, il y aura du chômage?

On parle economie de marché où la croissance doit être au Rendez vous sinon gare à vous, les investissements baissent, etc. et il y aura du chômage...

Mais voila, la croissance est devenu le seul et unique outil pour prévoir,

Les economistes sont devenus des devins, prévoir le % de croissance est l'horoscope, l'idole, mais voila pouir moi il y a comme la comme une supercherie. On manipule les gens les consommateurs, les ouvriers, tout le monde...Bravo vos formules n'ont pas empêché le développement, mais je serais curieux de savoir toutes les prédictions depuis que la croissance est devenu la variable...

Mais il faut savoir que les grandes richesses fonctionnent comme des personnes, de toutes les façons, il y a toujours une personne derrière les décisions de faire ou de ne pas faire, et là, il y a le mot sur lequel le système est construit,

La Peur de perdre, non
La Peur de ne pas assez gagner.

Les devins disent la croissance sera bonne 3% on investit, croissance sera moins bonne on investit pas... Le pire c'est qu'ils investissent que si on prévoit que la croissance sera bonne alors que c'est eux les investisseurs qui décident si la croissance sera bonne pas les economistes.

On dirait le cowboy qui après avoir coupé 10 stères de bois va consulter le sage indien qui demeure en haut de la montagne en lui demandant si l'hiver sera rude ce dernier scrute l'horizon et dit

"L'hiver sera rude."

Ne sacahnt ce qu'il veut dire, par précaution le cowboy a finalement peur d'en manquer, il en coupe 100 stères de plus et retourne voir le sage indien du haut de sa montagne et lui demande comment sera l'hiver et du haut de la montagne le sage scrute l'horizon et lui dit d'une voix ferme, l'hiver sera très très rude.

Le cowboy allait repartir pour en recouper encore mais avant il demande au vieux sage indien comment il sait que l'hiver sera aussi rude et ce dernier lui dit

Parce que cowboy coupe beaucoup bois...

De toute façon les economistes ont-ils un jour prit le temps de nous expliquer ceci. Si on avait une croissance de 1% à toutes les années pendant 400 ans avec comme base l'année 1970 en tenant compte de la dévaluation de l'argent, pour combien devons nous acheter pour que le produit national brut soit augmenter de 1 pour cent à chaque année pendant 400 ans? Car la croissance est basée sur l,année précédente une croissance linéaire entraine par définition une agmentation exponentielle des échanges...

Ils savent que cela est absurde, la croissance n'est qu'une variable que l'on devrait remettre à sa place.

Alors de toutes façons, il y aura décroissance, autant en parlé maintenant pour se préparer, décroissance ou guerre...on a le choix.

Autant utiliser un instrument d'autorité la notion de décroissance et la dédramatiser que d'utiliser la force et le pouvoir d'imposer la croissance.

Parler plutôt du développement et de l'épanouissement de la société qui passe par l'épanouissement de chacun, bien utopique, mais objectif fixable...Le PCB, Le produit du contentement brut.

Mais voila, alors que l'économie de marché se devait être un outil de développement, on remarque que l'outil est devenu le maitre, que l'économie est devenu le système, l'idole c'est la que cela déraille.

Le développement par contre redonne une chance à chacun selon ses moyens de s'épanouir, malheureusement au milieu il y aura toujours la monnaie sonnante et trébuchante...
Eparse mon propos mais pas vraiment plus que les economistes ou les argentiers...
Merci

Onilmop | 24 avril 2008 à 02h14
 
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Tout dépend du point de vue qu'on en a ....

... par rapport à l'endroit où on se place.

Croissance, décroissance, ce sont des mots ....creux s'il n'y a pas un référent intelligent.

Le PNB, ça ne veut rien dire . On est riche à partir de combien d'euros ?

Ce qui importe c'est l'idée qu'on se fait du vrai bonheur et d'abord du sens de sa vie et du sens de la vie théoriquement pour tous, sans obliger personne à partager le vôtre . Mais encore faut-il savoir le remettre en cause de temps en temps

Un "Français" guyanais à poil ou presque dans sa jungle a-t-il le même point de vue là-dessus qu'un Parisien du XVI° ?

Ainsi le sens du bonheur pour M. Cochet c'est peut-être de rester député à tout prix dans quelque circonscription que ce soit jusqu'à sa mort ? Et celui de Mme Lepage de voir "croître" le chiffre d'affaires de son cabinet d'avocats quelles que soient les options écologiques du client. Mais, si ça peut fausser leurs analyses, ça peut aussi ne pas convenir à d'autres.

Le vrai bonheur n'est pas dans l'avoir, mais dans l'être, disaient déjà certains philosophe grecs. Et pas seulement Diogène et Epicure mieux compris ou encore Plottin.

Et pour être, c'est à dire être heureux et sage et équanime, on n'a pas besoin de beaucoup avoir : un toit, une bonne température, une nourriture frugale, de la musique , un ordinateur - bin oui ! - et des amis de préférence partageant à peu près la même philosophie. Sans mépriser les autres évidemment.Etre matérialiste est un droit.

Si déjà 25 % de la population du monde non nécessiteuse avait ou adoptait cette conception du bonheur, les choses n'iraient-elles pas mieux pour beaucoup d'autres ?

Ça nous donnerait quelle croissance ou plutôt quelle heureuse décroissance sur cette planète suicidaire ?

Pas besoin de savoir tourner de belles phrases pour çà, ni de spéculer à la bourse , ni de l'éclairage (sic et re-sic) de beaucoup d'économistes.

Pour se tromper plus qu'un économiste, il faut deux économistes,non ?

Sprikritik | 24 avril 2008 à 09h09
 
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influence des médias

Bonjour,
J'ai lu avec intérêt votre article. je crois que le plus grand mal a été le détournement des moyens multimédias par les lobbyistes au profit des multinationales qui sont hélas en fait dirigés par des personnes très peu scrupuleuses ( cas de Monsanto, par exemple mais ils ne sont pas les seuls hélas!!!!!). La radios, la télévision , l'informatique , internet auraient pu être des moyens formidables pour amener les hommes à s'informer, réfléchir, penser un monde meilleur mais ces moyens ont surtout été utilisés pour que les hommes deviennent des "moutons", des consommateurs complètement influencés par les publicités pour permettre à ces quelques détenteurs de multinationales de "s'en mettre plein les poches " et d'avoir la main mise sur le pouvoir dans le monde. Il faudrait vraiment et c'est plus qu'urgent que les hommes réfléchissent aux problèmes fondamentaux de la planète , sur les vrais moyens de vivre dans le bonheur : est-ce en accumulant des biens ou est-ce en vivant en harmonie avec sa vraie personnalité , avec la nature, avec des relations humaines profondes , de partage ?
Métro, boulot, consommation, dodo ; travailler plus pour gagner plus : est-ce la vraie vie ?
Le problème est que l'on se sent comme David face à Goliath devant ce rouleau compresseur mis en place par ces affairistes et ces politiques qui détiennent tous les pouvoirs essentiellement financiers, économiques, politiques et qui passent à travers les mailles de la justice car leurs avocats ont plus de moyens que les juges .Chacun se sent démuni. Seule l'union fera notre force. Il est temps de mettre en marche une révolution contre ce système de penser que l'on nous a imposé et que l'on nous impose. Que l'on permette à chacun de réfléchir sans aucune influence de quelque nature que ce soit ( pression économique,politique, religion : c'est utopique mais c'est un corollaire essentiel.) d'avoir les moyens de choisir dans quel monde il veut vivre , quel sens il veut donner à sa vie.
I have a dream ....................

I have a dream | 24 avril 2008 à 09h38
 
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une petite voix du Sénégal

Messieurs les théoriciens de la décroissance, je ne suis pas contre votre idée mais je voudrais bien savoir où est la place des pays africains dans votre discours. Initule de vous rappeler que la décroissance a toujours été à l'ordre du jour chez nous africains. Sur pratiquement 54 Etats seul 5 ont un niveau de vie acceptable. Donc messieurs laissez moi vous dire que nous on aspire au déveleppement à la compétitivité et voire au DEVELLOPEMENT DURABLE. Essayons plutot d'harmoniser ou de reduire les écarts de développement dans ce monde. Essayons d'aider les pays du Sud où la famine tue, où l'insalubrité est persistante, où la pauvreté devient constante... AIDEZ NOUS! AIDEZ NOUS!
Intégrez nous dans les processus de développement et arrêtez de parler de DECROISSANCE.
Veuillez recevoir ici cher monsieur l'expression de mes sentiments les plus distinguées.


Cordialement votre
M.MBOUP étudiante en maitrise de
Géographie à Universite Cheikh Anta Diop de Dakar

maryem | 24 avril 2008 à 12h30
 
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Pas que ça

- La décroissance reste relative dans certains domaines. Et dans d'autres domaines nous pourrions avoir de la croissance pure.
- Il ne faut pas en avoir peur car c'est une nécessité dans certains domaines comme l'énergie et les transports.
- C'est une nécessité mais ce n'est pas la seule réponse à nos problèmes environnementaux, économiques et peut être, sociaux. Je dis, j'écris "peut être sociaux" car les problèmes sociaux seront réglés par la résolution des problèmes économiques, pas l'inverse.
- En effet la chaîne logique est la résolution des problèmes environnementaux en prenant en compte l'aspect économique ce qui impactera sur l'aspect social. Si on prend le problème à l'inverse, à savoir faire du social à tout prix, on rentre dans l'absurdité simpliste et simplète de l'économie socialiste qui ne consiste qu'à faire payer les riches. Déni de la réalité de l'économie de marché.
- Le développement durable est donc avant tout écologique et économique. On ne peut plus faire de différence entre ces deux approches. Le social n'en est que la conséquence. Si on prend le problème à l'envers c'est la décroissance sociale qui est assurée. Impasse. Echec. Faillite assurée des états socialistes.
- En fait il faut sortir de la diatribe politique actuelle, ou au moins l'aborder différemment en y faisant rentrer la sphère économique. Seule la participation (honnête) du monde du travail, donc du monde de la réalité économique, aux affaires politiques peut amener de véritables solutions.
- Seule l'économie de marché pilotée peut résoudre le problème environnemental majeur qui nous a déjà atteint.

René-Pierre | 24 avril 2008 à 12h32
 
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Re:une petite voix du Sénégal

Maryem,
Si, bien sûr, parlons de décroissance, mais bien pour nous autres, qui sur-consommons, gaspillons, jetons... Bien sûr, il n'est pas question de faire la leçon aux pays du Sud... Mais si le Nord consommait moins, le Sud aurait peut-être moins de difficultés à subvenir à ses besoins...
Bien sûr qu'il faut aider le Sud... Mondialisation oblige, nous somme tous citoyens du Monde, et ce qui se passe sur cette planète, aussi loin que ce soit, nous concerne tous.
Cordialement.

manelle | 24 avril 2008 à 16h50
 
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cohérence individuelle et univers economique

je suis à un tournant dans ma carrière car j'ai du quitté l'entreprise de distribution que je dirigeais. Aujourd'hui je me sens en paix , même face à l'inconfort matériel qui peut en découler. Intuittivement, et en corrélation avec un travail personnel j'ai commencé il y deux ans à expliqué dans l'entreprise que nlous devions anticiper une évoution qui ferait du développement durable une stratégie de fond et non un argument marketing fallacieux. Je me souviens des silences des memebres du conseiol d'administration qui se disait déjà sans dout Gilles est un rêveur, il nous faudra bientôt un Killer à la tête de l'entrepise. C'est chose faite. A ce moment je parlais de la décroissance sans grand savoir théorique, mais avec foi car j'ai toujours oeuvré en priorité pour le bien être de l'homme d"abord
je cherche maintenant a exprimé ma foi dans une nouvelle vie professionnelle. Il m'est arrivé de dire que la grande distribution dans son modèle actuelle c'était le début de la fin du monde. Que je ne pouvais pas accepter de ditribué la chimie de Monsanto et revendique le bonheur au jardin. un colaboratuer m'a dit , c'est puissant tes propos Gilles mais c'est dangereux. Alors aujourjourd'hui je cherche à faire la ou les rencontre qui m'aideront à trouver la voie pour mettre mon expérience au service d'un vrai avenir. vous pouvez me contacter à l'adresse suivante:
gilles.leport@voila.fr
merci de nos futurs échanges.

GILLES | 26 avril 2008 à 11h14
 
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Impacts du Mythe de la croissance -

La classe politique toute entière semble comme idolâtre devant cette augmentation du PIB année après année. Elle ne cesse de nous marteler que grâce à elle, le chômage se résorbera, les inégalités cesseront, etc... Je vous fais cependant remarquer que depuis de nombreuses années, la France est dans une phase de croissance du PIB sans qu'aucune diminution du chômage ne soit perceptible, ni même qu'une corrélation ne soit envisageable entre croissance et chômage.
Tout ceci dans un système de prévision plus que contestable (cf réaction précédente).

Je prendrai l'exemple des émission de CO2, domaine où les spécialistes du "développement durable" font de la croissance du PIB une condition sine qua non au sauvetage écologique de la planète.

Pour voir cette aliénation au mythe, prenons la fameuse équation en économie de l'environnement, irréfutable en l'état:
Emissions Carbone = Population + PIB/Population (croissance) + Conso énergie / PIB (Intensité énergétique) + Emission Carbone/Conso Energie (Intensité carbone de la production énergétique)

De cette équation ces "spécialistes" tentent d'identifier les variables modifiables pour décroître nos émissions de carbone. La variable population est intouchable (je l'accorde), la croissance, ce serait hérésie, et l'intensité énergétique du PIB est pour eux une constante inviolable au même titre que la vitesse de la lumière. Je leur reconnais que depuis la révolution industrielle, cette relation linéaire entre consommation d'énergie et PIB est vérifiée, mais nous y reviendrons
Ne reste pour eux que l'intensité carbone de la production d'énergie c'est à dire réduire la dépendance aux énergies fossiles pour une production d'énergie croissante. Idée pertinente, mais inapplicable techniquement; on connaît tous la non possibilité de subvenir aux besoins énergétiques mondiaux (dans leurs volumes actuels) par les seules énergies renouvelables. Ils nous proposent alors la séquestration carbone, c'est alors que la croissance est nécessaire aux "efforts" de R&D pour développer ces technologies... Je ris.

D'autres plus aventureux (et font figures d'utopistes pour les premiers) proposent également de décorréler consommation d'énergie et PIB: la dématérialisation de l'économie. Idée encore une fois pertinente, mais sans prendre en compte les impacts environnementaux (carbone compris) de ces activités. Car la plupart des services, entendus dans le sens d'une activité non productrice de biens matériels, ne peut être produit sans consommation de ressources, d'espace et d'énergie. Preuve en est: la "dématérialisation" qu'on a pu voir ces dernières décennies avec le passage d'une économie essentiellement industrielle à une économie tournée vers le tertiaire n'a pas eu pour effet la décorrélation attendue entre les deux variables.

Ne reste à mon sens que le PIB tel qu'il est produit aujourd'hui comme variable "modifiable". Une diminution de celui ci dans nos pays riches (les plus émetteurs de carbone), accompagnée nécessairement de la diminution des énergies fossiles nécessaire à sa production et de l'augmentation de la part modale des énergies renouvelables, reste pour moi l'unique voie pour "sauver" la planète, ou du moins tenter notre "facteur 4".

CQFD!

François M. | 27 avril 2008 à 20h54
 
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Re:une petite voix du Sénégal

La décroissance est évidement a appliquer au "pays riches", une citation de Gandhi illustre bien cela :

"les riches doivent vivre plus simplement, pour que les pauvres puissent simplement vivre"

La croissance économique est la principale cause de la non aide des "pays du Sud", dans cette logique économiquement, ce n'est pas rentable d'aider l'Afrique. Par contre piller ses ressources c'est bon pour les affaires. Ce qui m'ennuie c'est que les "pays pauvres" nous regarde en pensant que nous sommes heureux avec tout ce que l'on a, mais ce n'est pas vrai, plus on a, plus on a de chose à perdre.

Donc un développement pour les" pays pauvres" peut être, mais surtout une décroissance dans les "pays riches". La décroissance impose une autre façon de voir la société ou on ne parle pas en argent mais en liens en être humain.

Développement pourquoi? avoir une voiture, un téléphone portable? Dans les pays pauvres ce n'est pas un développement qu'il faut, mais tout simplement des conditions de vie décente.

Vous dites "réduire les écarts", je suis tout à fait d'accord et je pense qu'il faut tendre vers le milieu, un peu de "croissance" pour les "pays pauvres" et beaucoup de décroissance pour les "pays riches". Cela serait une erreur de dire aux "pays pauvres" : ils vous faut de la croissance économique et tout ira bien, vous devez atteindre notre niveau de PIB.

La voie est à trouver au milieu et les "pays pauvres" sont plus près de cette voie que les "pays riches".

Cordialement.

Arnault Leroy | 27 avril 2008 à 23h32
 
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Re:Pas que ça

Votre conception est contradictoire avec le concept de décroissance. La décroissance ne peut pas s'appliquer sur certain point et pas sur d'autre c'est un tout, c'est une autre façon de penser les relations humaines.

Je comprend tout à fait votre point de vue qui illustre bien ce qu'est le développement durable : "on continue à faire des affaires mais on ajoute un peut d'environnement et du social".

Vous dites "Déni de la réalité de l'économie de marché", ce n'est pas un déni, c'est juste que les partisans de la décroissance (même si je ne peut parler au nom de tous) ne sont juste pas d'accord avec cette économie de marché et propose autre chose. Une société ou on ne parle pas de marché mais de personnes. Par exemple qu'es qui pousse à ne pas dire au gouvernement chinois qu'il ne respecte pas les droits de l'homme?

L'humanité a testé l'économie de marché et nous devons maintenant dire "nous nous somme planté, essayons autre chose". Qu'en pensez-vous?

Arnault Leroy | 27 avril 2008 à 23h41
 
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Re:cohérence individuelle et univers economique

Voilà un exemple qui fait plaisir, je fais le doux rêve que de nombreuses personnes prendrons la même voie. Parler de votre expérience est à mon avis la meilleure solutions, diffusons l'idée qu'on peut être plus heureux quand on ne fait pas une activité contraire au bien être de l'humanité.

Gilles propos sont certes puissants mais pas dangereux, sauf pour le système actuel, donc tant mieux, continuez à les diffuser.

Bonne continuation.

Arnault Leroy | 27 avril 2008 à 23h46
 
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décroissance collective

J'adhère tout à fait aux enjeux qui sont soulignés par les auteurs de la décroissance et au constat que les enjeux du 'développement durable' sont eux galvaudés par notre société marchande. Il s'agit bien de réfléchir non pas seulement sur comment on produit, consomme etc. mais bien sur pourquoi, de réfléchir à nos 'besoins', vitaux, sociaux, ...
Mais ce qui me gène dans la décroissance, c'est l'aspect pour l'instant très individuel de sa pensée, elle se base aujourd'hui sur 'des individus qui dessinent une stratégie de l'escapisme, c'est-à-dire une volonté de sortir du système'.
Il faut bien sûr que chacun change son comportement et s'extrait du regard de son voisin (pire, de sa famille !). Mais comment faire en sorte que cela devienne un projet collectif, seule condition 1) pour s'en sortir collectivement 2) pour appliquer les principes démocratiques
Car ' il ne suffit pas d'additionner les volontés individuelles pour changer les comportements.' Il s'agit bien de porter ces idées sous une forme politique et non pas espérer seulement que quelques escapistes, ayant fondé leur phalanstère, s'en sortent quand la catastrophe viendra. Je pense que c'est de là que vient la critique des Verts et autres : le but est le même, il s'agit de débattre des moyens et du cadre intellectuel sur lequel on se base.
Peut-être que ce colloque y a contribué, et que la décroissance sortira de son cercle 'réservé' : bonne nouvelle !

Carotte | 28 avril 2008 à 19h09
 
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