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La combinaison de livraison bateau-vélo instaurée à Strasbourg

Les livraisons du centre-ville de Strasbourg ont désormais un parcours inédit : de la barge au vélo à assistance électrique. Le logisticien Geodis a signé un partenariat avec la start-up strasbourgeoise ULS pour décarboner les derniers kilomètres.

Transport  |    |  Emmanuel Miculita  |  Actu-Environnement.com
La combinaison de livraison bateau-vélo instaurée à Strasbourg

L'esprit est à la fête sur le quai des Pêcheurs en ce jeudi 16 juin. En effet, le chef de file français de la logistique Geodis signe un contrat avec la jeune pousse originaire de la région Urban Logistic Solutions (ULS) pour que transitent sur les canaux, puis en vélo, entre 60 et 80 livraisons destinées à l'hypercentre de la capitale européenne. Si les dispositifs de livraison du dernier kilomètre décarbonés se multiplient ces dernières années, ce trajet par voies fluviales de l'entrepôt en périphérie de la ville, puis par des livreurs à vélos dans le centre reste inédit. L'initiative permettra de « préserver la qualité de l'air » et de « désengorger la ville », selon les organisateurs. C'est la fin d'un processus de dix-huit mois d'alignement entre les standards de livraison des deux entreprises, l'objectif étant de livrer efficacement dans la zone à faibles émissions (ZFE) strasbourgeoise, complètement opérationnelle depuis janvier 2022.

Une multimodalité au service des urbains

 
L'initiative permettra de préserver la qualité de l'air et de désengorger la ville  
Geodis et ULS
 
Après leur déchargement des camions, à l'agence locale Geodis de Strasbourg, les colis passent par l'entrepôt d'ULS à proximité des canaux de la ville. Ils sont alors triés dans les caissons de la start-up, puis chargés sur une barge avec pousseur d'une capacité de 122 tonnes. Après un trajet d'environ trente minutes, l'embarcation arrive à quai aux abords du quartier historique où les marchandises sont déchargées et réparties sur les vélos électriques. Limitées par les dimensions du coffre de 1 m3, elles sont diverses : du matériel de chantier BTP aux paquets de cigarettes, en passant par des fûts de boissons ou de simples lettres. La trentaine de livreurs engagés se succéderont pour déposer les colis chez les commerçants et aux particuliers.

Ainsi ULS innove sur une multimodalité inexistante auparavant, avec la volonté d'accentuer la cadence, limitée aujourd'hui à un aller-retour par jour. Pour Thomas Castan, président-fondateur de la jeune pousse, il s'agit d'associer une « solution locale à un processus industriel ». Contrairement aux poids lourds qui congestionnent l'hypercentre avec un système de distribution inadapté, cette initiative simplifie aussi la livraison. Et pour renforcer l'avantage écologique de cette option bateau-vélo, l'entreprise propose un service de transport pour les déchets recyclables lors du trajet retour. En effet, la start-up a mis en place un système de récupération auprès des commerçants avec des contenants adaptés au transport par vélo. Les déchets sont alors acheminés jusqu'à l'entrepôt par la barge pour ensuite rejoindre une unité de recyclage locale.

Une initiative qui va se généraliser au vu des réglementations

Cette solution « s'inscrit dans notre démarche visant une logistique urbaine faible en carbone », explique Stéphane Cassagne, directeur général de l'activité distribution et express de Geodis. Le groupe a pour ambition de réduire de 30 % ses émissions de CO2 d'ici à 2030. Pour son responsable, cette initiative multimodale constitue un « complément » de cette dynamique de décarbonation des centres urbains car la solution représente seulement 15 % des livraisons du groupe à Strasbourg, le reste étant réalisé par des véhicules électriques ou au gaz naturel. Par ailleurs, la barge fonctionne au gaz naturel liquéfié, impactant légèrement le bilan carbone total de l'opération. Des solutions pour passer à l'électrique ou à l'hydrogène sont étudiées.

D'ici à 2024, Geodis entend livrer les centres-villes des 37 plus grandes métropoles avec des véhicules Crit'air 1, électriques ou à mobilité douce. Ceci afin d'anticiper les obligations règlementaires qui ont vocation à se renforcer. Ainsi, le récent décret d'avril 2022 a fixé le taux de recours au vélo à respecter pour les plateformes de livraison d'au moins 50 travailleurs, à 20 % en 2023 et 50 % en 2025 pour une mise en œuvre totale en 2030. Cela permet surtout au transporteur de se distinguer face à sa concurrence, puisque la mise en place de zones à faibles émissions (ZFE) de plus en plus larges obligera le marché de la logistique à s'adapter au défi climatique, du moins dans les grandes villes.

Quant à ULS, soutenue par les Voies navigables de France (VNF) et les collectivités concernées, la société s'implantera bientôt partout dans le pays et prochainement dans la métropole lyonnaise. Le fondateur de la solution bateau-vélo a rappelé le rôle politique qu'ont les pouvoirs publics sur la décarbonation des centres-villes. Si l'instauration d'une ZFE avancée a eu lieu à Strasbourg, notamment avec l'interdiction de circulation des camions à certaines heures, cette mise en place dépend largement de la volonté des collectivités. L'avancement de ce type de projet varie par conséquent en fonction des territoires, certains trop souvent sous-équipés. ULS prévoit néanmoins de s'implanter dans 19 villes.

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