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Naturel ou artificiel : le sapin de Noël est-il écologique ?

Alors que 5 millions de sapins naturels vont être coupés des exploitations françaises pour illuminer les intérieurs pendant les fêtes de fin d'année, les modes de production posent la question de l'impact écologique de l'arbre de Noël.

Reportage vidéo  |  Biodiversité  |    |  Rémi Pin  |  Actu-Environnement.com

Pour les fêtes de Noël, ce sont plus de six millions de sapins naturels qui entreront dans les foyers Français. Près de 20 % sont produits à l'étranger, essentiellement en Belgique et au Danemark. Ce sont cinq millions de sapins de Noël français, Nordmann ou épicéa, qui seront produits sur 5 000 hectares. Un quart des sapins français est produit dans le Morvan, sur quelques 1 500 hectares.

En 2018, plusieurs producteurs français se sont engagés dans une démarche éco-certifiante, mais sur plus de 130 producteurs d'arbres de Noël, leur nombre reste limité. Seulement quatre bénéficient du label international MPS, qui « mesure et évalue la pression environnementale liée aux intrants horticoles, ainsi qu'au mode de gestion de l'eau et des déchets », et trois du label français horticole Plante Bleue, attestant que « les professionnels ont des pratiques de production respectueuses de l'environnement ».

Phytosanitaires et résidus

Une fois planté sur les parcelles, après deux ans de semis et deux ans de pépinière, un sapin reçoit en moyenne une dizaine de traitements annuels, au moins pendant les trois premières années de sa vie : engrais, produits phytosanitaires, et hormones. Des traitements qui ne sont pas sans poser problème pour l'environnement et la santé humaine. En 2007, sur la commune de Champeaux-en-Morvan (Côte d'Or), le 2,6-dichlorobenzamide, un métabolite du dichlobénil, herbicide utilisé dans la culture des sapins et interdit en France depuis 2010, a été retrouvé à la source du Vossou. Une station de traitement par filtration sur charbon actif en grain a été installée. Le 2,6-dichlorobenzamide reste aujourd'hui régulièrement retrouvé à la source du Vossou, à des teneurs respectant la norme « eau brute » mais dépassant la norme « eau distribuée ». Le traitement par filtration est toujours actif.

« Peu de demandes de sapins bio »

Les producteurs ont engagé une démarche plus raisonnée dans l'utilisation des phytosanitaires, selon l'Association Française du Sapin de Noël Naturel (AFSNN). « Nous testons des solutions alternatives, comme le désherbage mécanique ou l'enherbement contrôlé », explique Frédéric Naudet, son président, lui-même producteur de sapins dans le Morvan. Aujourd'hui le nombre de producteurs bio augmente au fil des ans, mais la production de sapins exempts de traitements phytosanitaires reste encore confidentielle. « Il y a peu de demandes des distributeurs, en bout de chaîne, pour vendre des sapins bio », précise Frédéric Naudet.

Mais quitte à avoir un sapin, l'option naturelle semble la plus écologique. Une analyse du cycle de vie réalisée par une société canadienne en 2009 a montré qu'il faudrait garder plus de quinze ans son sapin artificiel en plastique et métal pour que l'intérêt écologique soit réel.

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