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L'approvisionnement de l'aquaculture intensive par des poissons sauvages fait des dégâts

La Fondation Changing Markets dénonce les lacunes de la grande distribution française pour combattre l'approvisionnement en poissons sauvages de l'aquaculture intensive, malgré son lourd impact écologique.

Infographie  |  Biodiversité  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
L'approvisionnement de l'aquaculture intensive par des poissons sauvages fait des dégâts

« Avant, la consommation de saumons était réservée aux jours de fêtes. Les habitudes ont changé », déplore Natascha Hurley, directrice de campagne à la Fondation Changing Markets. Et cette hausse de la consommation de saumons et autres crevettes issus de l'élevage aquacole intensif n'est pas sans conséquence sur l'environnement. Dans un rapport publié ce mercredi 12 mai, cette fondation néerlandaise dénonce, comme d'autres ONG avant elle, l'alimentation des poissons d'élevage par des farines et huiles issues de poissons sauvages (sardines, harengs, anchois, etc.), et le rôle de la grande distribution dans le développement de ces pratiques non durables.

« Entre 1961 et 2017, le taux de croissance moyen de la consommation de poisson a été deux fois supérieur au taux de croissance démographique », souligne le rapport. Face à cette croissance de la demande, l'industrie aquacole s'affiche comme la solution pour ne pas accroître la pression sur les populations de poissons sauvages déjà surexploitées. En réalité, celle-ci puise dans les stocks de poissons sauvages pour alimenter ses élevages : chaque année, 15 millions de tonnes (Mt) de poissons sauvages sont utilisés pour produire de la farine et de l'huile de poisson (FMFO), soit près de 20 % des captures. La majeure partie de cette alimentation est utilisée pour l'élevage aquacole (69 % de la farine de poisson), le reste étant destiné aux élevages de porcs et de volailles. Pourtant, près de 90 % de ces captures pourraient être consommés directement par les humains, selon la Fondation.

Outre l'impact sur les réserves de poissons, ces élevages présentent d'autres conséquences écologiques et sociales importantes dans de nombreux pays tels que la Gambie, l'Inde, le Vietnam ou le Pérou. « L'aquaculture européenne a des impacts intolérables sur l'environnement, le bien-être et la sécurité alimentaire et économique », pointe Natascha Hurley.

Graves lacunes de la grande distribution

Et la grande distribution a une responsabilité non négligeable en la matière selon la Fondation. « Les supermarchés ont un pouvoir d'influence considérable, explique Juan-Felipe Carrasco co-auteur du rapport. Dans leur rôle d'intermédiaires entre les producteurs aquacoles et les consommateurs, ils sont les acteurs les plus puissants du marché ». Ils s'appuient sur des certifications et des labels : ASC, MarinTrust, label rouge, AB. « Mais ceux-ci n'excluent pas l'utilisation de farines et d'huiles de poissons sauvages dans les élevages », dénonce le chercheur en agronomie et alimentation.

La Fondation a analysé les politiques des huit principaux acteurs de la grande distribution en France, un des plus gros consommateurs de produits de la mer, après l'avoir fait dans cinq autres pays européens. « Les résultats sont décevants », déplore Juan-Felipe Carrasco, en particulier en comparaison avec ceux du Royaume-Uni ou de l'Allemagne. Certaines enseignes ont montré une certaine implication en la matière en fournissant des informations (Auchan, Carrefour, Système U et, dans une moindre mesure, Intermarché), ce qui n'est pas le cas de celles qui apparaissent en queue de classement (Aldi, Leclerc, Lidl, Casino). Seuls Auchan, Carrefour et Système U envisagent de réduire l'utilisation de farines et d'huiles d'espèces sauvages, et seul Auchan affiche l'objectif de les éliminer à terme. Mais, dans aucun cas, les enseignes n'ont établi de plans concrets pour proposer des alternatives durables, pointe le rapport.

La manque de transparence empêche en outre les consommateurs d'avoir une vue claire du problème. « Il est impossible de connaître le mode de production et/ou le pays d'origine de beaucoup de produits », déplore Juan-Felipe Carrasco. Pourtant, c'est la pression des consommateurs qui semble le plus à même de faire changer les choses. D'où l'importance que les pouvoirs publics fassent respecter les obligations d'étiquetage en vigueur.

Réactions2 réactions à cet article

 

nourrissons les poissons (d'élevage) avec autre chose que du poisson

Fagaloem | 12 mai 2021 à 10h45
 
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La majorité des poissons d'élevage sont des carnassiers y compris la carpe commune entre 50 et 60% minimum de protéines, aussi dans notre malheur des races importées blackbass, sandre silure truite arc en ciel. D'ou le déséquilibre halieutique.
Il n'éxiste quasiment que la carpe amour (du nom du fleuve) qui est végétarienne herbivore.
Donc on pêche du poisson pour nourrir les poissons, tu me diras au plus pratique ce qui ne se mange pas donc ne se pêche pas habituellement..
Il éxiste tout de même une solution vue en valliculture c'est l'élevage du mulet, un poisson à chair blanche et fine similaire en goût du bar (ou loubine) avec peu d'arêtes mais nécessite d'être vidé soigneusement.
Ce poiscaille détestée des pêcheurs car difficile à prendre, l'hameçon décroche en lui abîmant la gueule , et peu intéressé à l'appât, normal il est végan un délicieux poisson herbivore.
Elevé en valliculture en italie, 10% de protéines suffisent facile à trouver en alimentation végétale, j'oubliais il se reproduit en eau salée, mais eau douce eau salée il s'en moque.
Un bon poisson qui pourrait trouver sa place sur les étals de tous les poissonniers.
Une anecdote pour les fuelophiles , années 60 remontaient beaucoup de mulets la Loire puis la Maine, sans doute le sang et déchets des abattoirs qui les attirait ou autre pas moyen de les prendre, puis un petit malin a trouvé l'astuce rapporter le goût de l'enfance tremper l'achet (gros ver) dans le mazout et parti pour remplir le panier

pemmore | 12 mai 2021 à 23h43
 
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