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La Commission baleinière internationale échoue à sanctuariser l'Atlantique Sud

A l'issue d'une semaine de pourparlers sous l'égide de la Commission baleinière internationale, les tenants de la chasse à la baleine ont rejeté la création d'un sanctuaire dans l'Atlantique Sud. Mais des mesures favorables ont pu être adoptées.

Biodiversité  |    |  Agnès Sinaï Actu-Environnement.com
La Commission baleinière internationale échoue à sanctuariser l'Atlantique Sud

L'Atlantique Sud représente un peu plus de 10% de l'océan mondial. Il héberge ou accueille au gré des migrations 51 espèces de cétacés, dont des baleines bleues, des rorquals communs, des rorquals de Minke de l'Antarctique, des baleines franches australes, des baleines à bosse et des cachalots.

Le sanctuaire de l'Atlantique Sud, qui assurerait une continuité avec le sanctuaire de l'océan austral, a été proposé par l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay, le Gabon et l'Afrique du Sud. L'objectif est de mieux connaître les populations espèce par espèce, de protéger les aires d'alimentation et de reproduction, les couloirs de migration, et d'accroître les connaissances sans avoir recours à des méthodes létales impliquées dans la chasse à des fins dites scientifiques.

Cette proposition est contestée depuis seize ans par les pays chasseurs, les pays consommateurs et les pays faisant des baleines un des éléments existants ou futurs de la sécurité alimentaire de l'humanité.

Au cours de la semaine de pourparlers qui s'est déroulée sous l'égide de la 66ème Commission baleinière internationale (CBI) du 24 au 28 octobre dans la station balnéaire slovène de Portoroz, les tenants de la chasse à la baleine – Islande, Japon, Norvège -, soutenus par la Russie, Antigua-et-Barbuda et le Maroc, ont rejeté la création du sanctuaire de l'Atlantique Sud. Par 38 voix pour, 24 voix contre et 3 abstentions, la majorité qualifiée requise pour ce vote n'a pas été atteinte.

Ce projet de sanctuaire en Atlantique Sud "était consolidé par un plan de gestion dynamique et cohérent. Sa réalisation aurait permis à tous les pays riverains de l'Atlantique Sud de développer et de mutualiser les connaissances sur les cétacés et d'inciter par exemple l'industrie pétrolière dans le golfe de Guinée et l'industrie chimique du Río de la Plata à réduire les rejets contaminants, estime l'association Robin des Bois. La chasse n'est pas la seule ennemie des baleines. En fin de chaîne alimentaire, les baleines sont le miroir ultime de l'état sanitaire des planctons, des calamars, des poissons indispensables à la sécurité alimentaire de l'humanité. Protéger les baleines, mammifères marins sentinelles, c'est aussi protéger tous les petits peuples de la mer", ajoute-t-elle.

Tracer la chair polluée au mercure

A l'inverse, le Japon, pays amateur de chair de baleine, a soutenu qu'il n'y avait pas de lien direct entre la santé humaine et la consommation de viande de baleine. Des chasseurs de baleines de la ville de Taïji (à 600 km de Minamata) sont venus en appui de la délégation japonaise en assurant que consommer de la baleine n'avait pas d'impact sur la santé humaine, rapporte Robin des Bois, tandis que l'Uruguay, le Brésil, la Colombie, la Suisse et Monaco ont réclamé une résolution sur la Convention de Minamata afin de localiser les baleines accumulant et concentrant les polluants persistants comme les PCB et le mercure.

D'autres décisions ont été adoptées, telles que la mise en place d'une initiative destinée à limiter les prises accidentelles d'espèces non ciblées par des engins de pêche. Le WWF s'en félicite : "Les prises accidentelles sont de loin la plus grande menace immédiate pesant sur les baleines et les dauphins dans le monde entier (elles font plus de 300 000 victimes parmi ces espèces chaque année). En s'attaquant au sujet des prises accidentelles, la CBI, créée il y a 70 ans, évolue significativement afin de faire face aux menaces pesant sur les cétacés au XXIeme siècle. Aujourd'hui, elle franchit une étape importante pour réussir sa mission : assurer leur avenir", souligne le responsable des politiques publiques Leigh Henry, tandis que la présidente du WWF France Isabelle Autissier regrettait "grandement que la CBI n'ait pas donné de suite favorable à la création du sanctuaire de l'Atlantique Sud ".

Limitation des permis de chasse japonais à des fins scientifiques

Adoptée le 27 octobre à 34 voix contre 17, dont 10 abstentions, une résolution vise à renforcer le contrôle du processus d'octroi de permis japonais pour la chasse à la baleine conduite à des fins prétendument scientifiques. Ce qui revient à "garantir l'engagement total de la CBI sur cette question et à empêcher les pays de contrevenir à la convention internationale pour la règlementation de la chasse à la baleine en émettant leurs propres permis de chasse", se félicite le Fonds international pour les animaux (Ifaw).

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