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La Commission européenne s'interroge sur la « croissance bleue »

Si l'exécutif européen estime que les ressources océaniques pourraient générer des millions d'emplois, l'impact environnemental est conséquent et l'exploitation des ressources océaniques ne devrait pas se transformer en une "ruée effrénée vers l'or".

Biodiversité  |    |  Euractiv

Les océans seraient une nouvelle source de croissance, selon la commissaire aux Affaires maritimes, Maria Damanaki. Mais la ruée vers l'or bleu pourrait avoir un lourd impact environnemental. L'océan regorge de matières premières inexploitées, comme les terres rares, et cache aussi des sources d'énergie qui pourraient faciliter la croissance économique. Selon la Commission, les mers et les océans disposent donc d'un énorme potentiel qui permettrait de créer de nombreux emplois sur terre comme sur mer.
L'exécutif européen estime que les ressources océaniques pourraient créer environ 5,4 millions d'emplois à l'intérieur de l'UE et quelque 500 milliards de chiffre d'affaires annuel.

Maria Damanaki, commissaire en charge des affaires maritimes et de la pêche, entrevoit d'ores et déjà cet essor. "Alors que nous avons des difficultés à sortir de la récession et que nous arrivons à court de ressources terrestres, il est logique de nous tourner vers les océans", a-t-elle déclaré lors de la Conférence internationale sur les océans 2014 à San Francisco, en Californie. "La culture maritime ne requiert ni sol ni eau douce. Exploiter les vents et les vagues n'engendre aucun rejet de gaz à effet de serre".

Des études européennes montrent que les océans pourraient fournir trois quarts des besoins en énergie de l'Union d'ici 2030. Le mix énergétique maritime serait constitué de l'exploitation d'énergies provenant de différentes sources : les vagues (houlomotrice), les marées (marémotrice), la conversion des différences de température (thermique maritime) et les gradients de salinité (osmotique). Le mois dernier, Maria Damanaki et le commissaire à l'énergie, Günther Oettinger, ont publié un « plan d'action » pour développer le secteur de l'énergie maritime.

Le plan a identifié les difficultés empêchant l'essor de l'économie bleue à cause des coûts élevés des technologies, des obstacles afférents aux infrastructures (connexion au réseau électrique et les infrastructures équipements portuaires, etc.) et des entraves administratives par exemple l'obtention d'autorisation.

« Promesses d'abondance et de richesse »

Mais l'exploitation des ressources maritimes soulève des questions environnementales. L'extension des voies et des infrastructures maritimes pourrait avoir des conséquences sur les fragiles écosystèmes océaniques.
Maria Damanaki, aussi responsable des questions liées à la pêche, a indiqué que l'exploitation des ressources océaniques ne devrait pas se transformer en une « ruée effrénée vers l'or ».

"N'oublions pas que les développements [technologiques et scientifiques] aujourd'hui, qu'ils soient bons ou mauvais, évoluent à très grande vitesse. Les promesses de nouvelles ressources précieuses ne doivent pas nous faire oublier les dangers et les conséquences [de nos actions] sur les générations futures," a-t-elle prévenu.

L'UE a mis en place des réglementations en vue d'encadrer l'aménagement spatial maritime et côtier, ce qui, selon la commissaire, "accorde une légitimité sur le plan environnemental à la planification par le secteur public ainsi qu'une sécurité juridique aux investisseurs privés". Elle s'est aussi exprimée en faveur de contrôles renforcés des couloirs de navigation.

Stephan Singer, directeur des politiques énergétiques à l'ONG WWF International, a affirmé, de son côté, que l'ONG soutenait la position de Maria Damanaki visant à établir une production d'énergie durable en milieu marin et "pour investir particulièrement dans l'éolien marin". "Ces politiques doivent mettre en place des dispositifs de suivi à tous les échelons politiques européens", a -t-il poursuivi. 

Maria Damanaki a également expliqué que l'exploitation des ressources maritimes n'était pas sans danger pour les travailleurs du secteur, en raison de l'instabilité météorologique et des difficultés inhérentes au travail en mer. "Il est certainement impossible d'éliminer tout risque dans le cadre du travail en mer. Cependant, nous devons prendre des mesures concrètes afin d'éviter des accidents, comme en 2010 avec Deepwater Horizon, et également des incidents de moindre envergure, tels que des éruptions incontrôlées (blow-outs), des explosions, et des défaillances structurales ainsi que d'autres contingences du même acabit", a-t-elle souligné. La plateforme de Deepwater avait explosé en pleine mer en 2010, provoquant une fuite de pétrole dans le golfe du Mexique équivalent à 4,9 millions de barils (780 millions de litres).

L'intergroupe du Parlement européen sur le changement climatique, la biodiversité et le développement durable a commencé à travailler en vue de sensibiliser les acteurs investis dans le domaine aux enjeux liés à la conservation de l'habitat marin. Le groupe a abordé le mois dernier les questions liées à la campagne « Ocean literacy », lancée par Maria do Céu Patrão Neves, eurodéputée portugaise de centre droit et membre de la commission pêche.

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Réactions1 réaction à cet article

 

Ce qui n'est pas développé a plus d'attrait que ce qui l'est.
Développons le solaire et l'éolien terrestre beaucoup moins chers.

baleineau | 12 mars 2014 à 10h05
 
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