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La Commission européenne veut rénover 35 millions de bâtiments d'ici 2030

L'exécutif européen a présenté sa nouvelle stratégie qui vise à rénover énergétiquement 35 millions de bâtiments dans l'UE d'ici 2030. La Commission prévoit de doubler le taux annuel de rénovation et table sur 160 000 emplois verts supplémentaires créés.

Bâtiment  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
La Commission européenne veut rénover 35 millions de bâtiments d'ici 2030

Ce mercredi 14 octobre, la Commission européenne a publié sa stratégie pour « une vague de rénovations » annoncée dans le Pacte vert pour l'Europe. Ce plan d'actions vise à améliorer la performance énergétique des bâtiments dans l'Union européenne. Plus de 220 millions de bâtiments européens, construits avant 2001, nécessiteraient en effet une rénovation. Ces bâtiments sont responsables d'environ 40 % de la consommation d'énergie de l'UE et de 36 % des émissions de gaz à effet de serre. Or, aujourd'hui, le taux de rénovation énergétique moyen pondéré du parc immobilier n'est que de 1 % par an dans l'UE.

Doubler le taux annuel de rénovation énergétique

L'objectif de la Commission est de doubler au moins ce taux d'ici à 2030, « tout en augmentant les gains moyens en termes d'efficacité énergétique ». Soit de rénover 35 millions de bâtiments. La stratégie met en avant trois domaines d'actions « prioritaires » : décarboner les systèmes de chauffage et de refroidissement, lutter contre la précarité énergétique et s'attaquer au problème des bâtiments résidentiels les moins performants. La stratégie prévoit aussi de rénover les bâtiments publics tertiaires tels que les écoles, les hôpitaux et les bâtiments administratifs.

Les projections de la Commission tablent sur un taux annuel de rénovation énergétique de 1 % pour la période 2021-2022, puis sur un taux de 1,2 % par an en 2023-2025, avant « une stabilisation » à au moins 2 % par an en 2026-2029. Le taux de rénovation portant sur le remplacement de l'équipement de chauffage devrait atteindre environ 4 % en 2026-2030, « tant dans le secteur résidentiel que dans celui des services ».

Réduire les émissions de GES de 60 %

Doubler le taux de rénovation d'ici 2030 sera « une contribution importante » pour réaliser l'objectif européen de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 à 55 % (par rapport à 1990), ajoute la Commission. Elle mise sur une réduction de 60 % pour le secteur du bâtiment, soit une réduction de 456 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) en 2015 à 161 Mtep d'ici 2030. De même, la consommation finale d'énergie du secteur pourrait baisser de 14 % (de 374 Mtep à 321 Mtep), et la consommation d'énergie pour le chauffage et le refroidissement de 18 % (de 318 Mtep à 259 Mtep) par rapport aux niveaux de 2015.

La mise en œuvre de la stratégie permettra aussi de créer jusqu'à 160 000 emplois verts supplémentaires d'ici à 2030 dans le secteur de la construction, estime l'exécutif européen.

Révision en juin 2021 de trois directives

En juin 2021, la Commission prévoit de réviser la directive européenne relative à l'efficacité énergétique et celle sur la performance énergétique des bâtiments qui ont été publiées en 2018. Ces deux directives visent respectivement d'atteindre au moins 32,5 % d'efficacité énergétique en 2030 et des émissions réduites des bâtiments de 80 à 95 % d'ici à 2050 (par rapport à 1990). La Commission proposera de mettre en place une « obligation plus forte » de disposer de certificats de performance énergétique soit l'équivalent de diagnostics de performance énergétique (DPE). Elle prévoit aussi d'introduire progressivement des « normes minimales obligatoires » en matière de performance énergétique pour les bâtiments existants. Elle proposera également d'étendre les exigences relatives à la rénovation des bâtiments à tous les niveaux de l'administration publique.

La Commission réexaminera également, en juin 2021, la directive sur les énergies renouvelables (EnR) de 2018, pour relever aussi ses ambitions. Cette directive fixe actuellement l'objectif de 32 % d'EnR d'ici 2030. La Commission envisage de renforcer l'objectif concernant la part des sources d'EnR dans le secteur du chauffage et du refroidissement, ainsi que l'introduction « d'un niveau minimum » d'utilisation d'énergies renouvelables dans le bâtiment.

275 milliards d'euros par an nécessaires pour rénover

Côté financements : la Commission estime qu'environ 275 milliards d'euros d'investissements supplémentaires dans la rénovation des bâtiments « sont nécessaires chaque année pour atteindre l'objectif climatique (de -55 % des émissions) d'ici à 2030 ».

 
Parier sur la seule volonté des États est insuffisant au regard des contre-performances passées en termes d'efficacité énergétique et de l'instabilité des politiques nationales en la matière !  
Yannick Jadot, eurodéputé
 
La Commission examinera comment les ressources budgétaires de l'UE et les recettes du système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE-UE) pourraient être utilisées pour financer des programmes nationaux d'efficacité énergétique et d'économies d'énergie « ciblant les populations à faibles revenus ». Elle prévoit aussi de recourir au mécanisme dit « Facilité pour la reprise et la résilience », en cours de négociation, pour soutenir les investissements dans la rénovation ainsi que les réformes liées à l'efficacité énergétique dans tous les États membres. Le Conseil européen a doté ce mécanisme de 672,5 milliards d'euros, dont 37 % seraient consacrés aux dépenses liées au climat.

Yannick Jadot, député européen écologiste, a réagi à cette stratégie qui « comporte différentes avancées notables ». « La révision de la directive sur la performance énergétique des bâtiments prévue en juin 2021 devrait par exemple permettre l'introduction de standards minimums de performance énergétique  et d'un modèle européen uniforme de certificat de performance énergétique (CPE). De même, l'extension de la définition du « bâtiment public », aux écoles, aux hôpitaux et autres bâtiments administratifs, accompagnée de l'obligation d'audit énergétique pour ces bâtiments », salue l'eurodéputé.

En revanche, « la question du financement reste le point noir de cette « vague de rénovation » », s'inquiète M. Jadot. « L'idée d'une plateforme de financement dédiée a été abandonnée, pour se concentrer sur les fonds européens déjà existants. La Commission compte sur les plans de relance nationaux pour faire de l'efficacité énergétique une priorité politique… Parier sur la seule volonté des États est insuffisant au regard des contre-performances passées en termes d'efficacité énergétique et de l'instabilité des politiques nationales en la matière ! », critique le député.

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