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L'objectif de -30% d'émissions en 2020 est encensé mais pas proposé

Sous pression des Etats membres, la Commission a renoncé à proposer mercredi 26 mai une baisse de 30% des émissions européennes de gaz à effet de serre en 2020. Pourtant, Bruxelles ne fait que mettre en avant les avantages d'un tel objectif.

Gouvernance  |    |  Victor Roux-GoekenActu-Environnement.com
   
L'objectif de -30% d'émissions en 2020 est encensé mais pas proposé
© Union européenne, 2010 | Bruxelles - Berlaymont | p-017063-00-03 | 26/05/2010
   
Très attendue, c'est une communication sur le changement climatique pour le moins paradoxale qu'a publié la Commission européenne mercredi 26 mai. D'un côté, la commissaire chargée de l'Action climatique, Connie Hedegaard, estime que ''faire passer ou non de 20 à 30% notre objectif en matière de réduction des émissions pour 2020 est une décision politique que les dirigeants de l'UE devront prendre lorsque le calendrier et les conditions s'y prêteront''. De l'autre côté, à en croire Bruxelles, l'adoption d'un tel objectif additionnel n'aurait que des avantages pour l'Union européenne.

Ce paradoxe s'explique par les exigences qu'ont imposées mardi 25 mai l'Allemagne et la France. Le ministre allemand de l'industrie, Rainer Brüderle, a réclamé une pause dans l'effort climatique, tandis que la France continuait de promouvoir un mécanisme d'inclusion carbone aux frontières, auquel la Commission n'est pas favorable. Ce dispositif est d'ailleurs brièvement mentionné par Bruxelles. Par ailleurs, la communication de la Commission coïncide aussi avec la publication récente d'une note de veille du Centre d'analyse stratégique (CAS) jugeant que l'objectif de -30% d'émissions en 2020 serait trop difficile à atteindre pour la France…

La crise fait baisser l'ardoise climatique

La Commission européenne n'a donc pas osé proposer l'accroissement de l'objectif. Mais, elle n'en démord pas, cet objectif a tous les avantages. Premier argument en faveur d'un passage à 30% de réduction d'émissions en 2020 : la crise économique a fortement réduit le montant de l'ardoise climatique européenne. Depuis 2008, le coût absolu de la réalisation de l'objectif de 20% est ainsi passé de 70 à 48 milliards d'euros (0,32% du PIB) par an d'ici 2020. Le coût de la réalisation de l'objectif de 30% est estimé à 81 milliards d'euros par an d'ici 2020, soit 11 milliards d'euros de plus que le montant estimé pour l'objectif de 20% il y a deux ans.

De plus, l'UE doit anticiper son objectif à long terme de baisse de 80 à 95% (!) de ses émissions d'ici 2050, rappelle Bruxelles, qui sous-entend que l'objectif actuel ne permet pas l'atteinte de ce but. Et ''l'objectif de 20% était considéré comme un facteur essentiel pour encourager la modernisation de l'économie de l'UE, mais aujourd'hui, en raison de prix du carbone plus faibles que prévu, il incite moins au changement et à l'innovation'', constate la Commission.

Au passage, elle rappelle que l'UE a réduit ses émissions de 14% en 2009 par rapport à 1990 ''grâce à'' la crise. Ce taux de réduction ne peut pas être extrapolé dans le futur car la production des industries intensives en énergie reprend, précise-t-elle.

Plusieurs scénarios pour passer à un objectif de -30%

Pour la première fois depuis l'adoption du paquet énergie-climat, la Commission envisage concrètement le passage d'un objectif de -20 à -30% d'émissions. Cet effort supplémentaire sera le moins coûteux à effectuer dans les Etats membres les plus pauvres de l'Union, indique-t-elle. Globalement, les efforts à accomplir par les secteurs couverts par le marché européen du carbone (ETS) et ceux qui ne le sont pas (non-ETS) ''restent largement les mêmes que pour l'objectif de 20%'' : la quantité de quotas de CO2 alloués aux premiers baisserait de 34% en 2020 par rapport à 2005, contre l'objectif actuel de 21%. Quant aux secteurs non-ETS, la réduction de leurs émissions devrait être de 16% en 2020, contre l'objectif actuel de 10%.

Bruxelles éclipse aussi le risque de fuites de carbone brandi par les industriels. Bien que les mesures actuelles telles que les quotas gratuits visant à prévenir la fuite de carbone restent à ses yeux justifiées, ce qu'ont récemment contesté les Verts européens, ''l'augmentation de l'objectif à 30% (…) aurait une incidence limitée en termes de fuite de carbone'' si les signataires de l'accord de Copenhague respectent leurs engagements.

Enfin, l'exécutif européen chiffre entre 3,5 et 8 milliards d'euros par an en 2020 les économies réalisées en matière de santé, ainsi qu'à 3 milliards d'euros celles réalisées en matière de contrôle de la qualité de l'air.

La communication de la Commission européenne a été saluée par les Amis de la Terre Europe et les Verts européens.

Réactions1 réaction à cet article

 
avec dérogations

Il est urgent que les encravatés soient arrêtés dans leur folie :
- objectifs à 10 ans!
- dérogations à gogo!
Ce n'est pas le monde dans lequel je souhaite vivre avec mes enfants.

voilaquivoila | 27 mai 2010 à 06h25
 
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