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Actu-Environnement

Conférence environnementale : les acteurs sont partagés entre colère et attentes

MAJ le 22/04/2016

La CGT a annoncé qu'elle boycottait la conférence environnementale, les 25 et 26 avril. Partagés, de nombreux acteurs pointent du doigt les incohérences du gouvernement et attendent donc des réponses fortes lors de ce rendez-vous.

Gouvernance  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Plusieurs acteurs ont annoncé leur intention de boycotter la conférence environnementale, qui se déroulera les 25 et 26 avril. Devant les atermoiements du gouvernement, d'autres participants se sont également interrogés sur leur participation, mais ont finalement décidé de ne pas faire la politique de la chaise vide. Cependant, ils attendent de vraies réponses de la part du gouvernement et se présenteront lundi avec leurs propositions.

La mayonnaise a eu du mal à prendre

Le gouvernement a eu du mal à accoucher de cette quatrième édition… Initialement prévue en septembre-octobre 2015, avant la COP 21, elle a finalement été repoussée après la réunion internationale sur le climat, afin de s'appuyer sur les résultats de cet accord. Depuis, de nombreuses dates ont été avancées, puis reportées. En cause, l'agenda politique du gouvernement, mais aussi le retard pris par les travaux de préparation dans le cadre du Conseil national de la transition écologique (CNTE). Aux dires des participants à ces travaux, les tâtonnements ont été nombreux.

Le ministère de l'Environnement souhaitait en effet, dans le cadre de cette édition, définir une vingtaine de mesures ou travaux qu'il pourrait relancer ou accélérer en 2016. Mais ce format n'a pas réellement plu aux parties prenantes. "Ça a du mal à prendre", "c'est très flou", "rien n'est encore décidé"… n'ont cessé de nous répondre les participants tout au long de ces mois de discussions. Au bout du compte, trois thèmes fourre-tout ont été retenus : "Appliquer l'agenda des solutions pour la croissance verte", "Impliquer citoyens, territoires et Etat dans la transition énergétique" et "Préserver les milieux pour améliorer notre cadre de vie". Et malgré neuf réunions préparatoires au cours desquelles de nombreux sujets ont été débattus, le ministère a fini par envoyer aux parties prenantes un document qui ne traduit pas le contenu des échanges…

"La cartographie des sujets nous laisse perplexe, explique Bernard Labat, chargé de mission économie et biodiversité d'Humanité & biodiversité. Certains gros sujets ont totalement disparu, comme la fiscalité. Au contraire, d'autres sujets ont été ajoutés : des petits, comme les aires marines éducatives, qui sont intéressants mais n'ont pas forcément leur place dans une conférence environnementale, ou d'autres sujets qui avanceraient avec leur dynamique propre, qu'ils soient discutés ou pas dans ce cadre : la Green tech, la charte de la concertation…". D'autres sujets ont été déplacés d'une table-ronde à l'autre, perturbant l'organisation des parties prenantes.

NDDL, PPE, etc. : des attentes fortes sur les incohérences du gouvernement

Ces modifications de dernière minute ont provoqué l'ire de nombreux acteurs. "On a toujours participé à cette conférence depuis que ça existe, on a fait des propositions à chaque fois. On arrive à celle-là, le gouvernement met l'ordre du jour qu'il a décidé, ne prend pas en compte les discussions. Si c'est pour faire la claque dans une salle pour applaudir tel ou tel ministre, vous n'avez pas besoin de nous !", s'emporte le leader de la CGT, Philippe Martinez, dans les colonnes de La Provence.com. Son syndicat a donc décidé de boycotter l'évènement. Michèle Rivasi, eurodéputée Verts, appelle elle aussi à ne pas participer à ce qu'elle appelle une "mascarade" : "Ce n'est pas cet ersatz de concertation annuelle dans des formes dépassées qui va réconcilier les Français et le peuple de l'écologie avec la politique.Nous en avons assez d'écouter de beaux discours mais de désespérer des actes qui ne suivent pas".

Les associations ont elles aussi "très sérieusement envisagé le boycott", a expliqué le président de la LPO, Allain Bougrain-Dubourg, lors d'une conférence de presse du Réseau action climat (RAC) jeudi 21 avril. Finalement, les associations ont décidé d'y aller : "Faut-il jeter le bébé avec l'eau du bain ? Le processus des conférences environnementales est globalement positif : il marque les étapes de l'action, il permet de lancer d'autres chantiers, analyse Bernard Labat, ajoutant: les trois premières éditions ont été plutôt efficientes. Il y a eu des points forts dans le quinquennat : la loi biodiversité, la loi Alur, les travaux sur le dialogue environnemental…". La CGPME a elle aussi prévu d'être de la partie mais elle reconnait que l'exercice doit gagner en efficacité : "il ne faut pas trop de monde autour de la table et pas trop de sujet", résume Jean-François Carbonne, représentant de la CGPME à la conférence environnementale. Ce dernier s'interroge même sur l'utilité de maintenir une conférence annuelle de ce type. "Il faut surtout des rendez-vous de suivi pour boucler les dossiers", estime-t-il.

Mais cette quatrième édition laisse un goût amer… Les parties prenantes viendront, mais en mettant la pression au gouvernement : "Notre priorité collective est que la conférence environnementale soit ambitieuse et pour l'instant elle ne l'est pas", a souligné Pascal Canfin, directeur général du WWF. Le RAC liste les sujets sur lequel le gouvernement a atermoyé ces derniers temps et sur lesquels il attend des réponses claires : Notre-Dame-des-Landes et le surdimensionnement du projet, le retard de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), la fiscalité écologique, l'interdiction des néonicotinoïdes… Autant de sujets qui ont cristallisé les discussions au cours des travaux préparatoires.

La CFDT ajoute à cette liste le renoncement à l'écotaxe poids lourd et l'urgence d'améliorer le dialogue social, économique et environnemental. Le syndicat souhaiterait également la création d'un haut conseil des nanotechnologies, sur le modèle du HCB dédié aux biotechnologies, qui permettrait selon lui une meilleure écoute des parties prenantes sur le principe de précaution.

Réactions3 réactions à cet article

 

N'y a-t-il pas contradiction entre l’objet de cette conférence environnementale et la volonté de réaliser NDDL ?

DARLY | 25 avril 2016 à 10h23
 
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Dans le monde des associations écologiques -à ne pas confondre avec le parti soi - disant "Vert"- ce gouvernement, la ministre de l'environnement en tête, n'est pas crédible .
Il réduit l' écologie aux problèmes posés par la production d'électricité , mais ne dit rien sur la protection des milieux ,sur la gestion chaotique des parcs naturels , sur l'usage croissant des pesticides.
Rien sur la place accordée aux associations dans l'examen des projets, et même sur le rôle des commissions d'enquête, rien sur la chasse et ses privilèges d'un autre âge.
En revanche on voit encourager les autoroutes et les routiers ,tandis que les lignes locales de la SNCF périclitent .On voit les boues rouges déversées dans un parc naturel !
Cette conférence n'est qu'une mascarade politique .

sirius | 25 avril 2016 à 15h50
 
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C'est l'exemple, poussé jusqu'à l'outrance sur beaucoup de sujets, des contradictions entre des souhaits plus ou moins réalistes et des réalités.
Le politique du coup, ne peut plus servir que de pare-feu en bottant en touche (reports...), ce qui est extrêmement préoccupant car il donne au peuple (futurs électeurs) l'impression de se désintéresser en fuyant ses responsabilités régaliennes ; on pourrait ainsi parvenir à considérer que la démocratie conduit à la pagaille et craindre un coup de bâton en retour, beaucoup plus dangereux.

Levieux | 25 avril 2016 à 16h15
 
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