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La Conférence d'Hyderabad double les financements de la biodiversité

La 11ème conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP 11) s'est conclue en Inde à Hyderabad le 20 octobre à 2h30 du matin par un compromis par lequel les financements en faveur de la protection de la biodiversité seront doublés d'ici à 2015.

Biodiversité  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com

Au sortir de la négociation sur le devenir de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB), dont le segment ministériel s'est terminé dans la nuit de vendredi à samedi, la ministre française de l'écologie se félicite. La "stratégie de mobilisation des ressources" financières, sur la table depuis quatre ans, était le point de blocage principal de cette négociation géante, qui a rassemblé quelque 180 pays au chevet des écosystèmes de la planète, à Hyderabad (Inde), du 8 au 20 octobre  : "Un compromis a été trouvé, après avoir été longuement discuté, sur la question du financement sur la base d'une proposition de l'Union européenne inspirée par la France et l'Allemagne. Ce compromis prévoit un doublement d'ici 2015, et le maintien au moins à ce niveau d'ici 2020, des flux financiers internationaux en faveur de la protection de la biodiversité dans les pays en développement, les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires en développement et les économies en transition. L'effort international en faveur de la biodiversité est ainsi significativement renforcé. C'est, dans l'histoire, la première fois qu'est fixé un objectif financier international en faveur de la biodiversité", annonce la ministre de l'écologie. Delphine Batho a également annoncé pour 2013 la ratification par la France du Protocole de Nagoya sur le partage des avantages issus de la biodiversité (APA). Autre signal positif : l'Union européenne (UE) a confirmé sa participation à la première conférence (MOP 1) dédiée à ce Protocole en 2014, ce qui marque son engagement en faveur de sa ratification, dont l'entrée en vigueur dépend de la signature d'au moins 50 pays.

Une avancée inédite

Beaucoup d'énergie a été mobilisée à Hyderabad pour débloquer l'engagement financier, clé de voûte de l'ensemble du dispositif. "Cette décision représente une avancée inédite depuis l'adoption de la Convention sur la biodiversité à Rio en 1992", commente l'eurodéputée (Verts-ALE) Sandrine Bélier, qui a participé aux négociations. L'affichage volontariste de la COP 11 va donner un nouveau souffle aux vingt objectifs emblématiques dits d'Aichi, adoptés au Japon en 2010 dans le cadre de la COP 10 de Nagoya. Parmi ceux-ci, l'objectif 11 précise que "d'ici à 2020, au moins 17% des zones terrestres et d'eaux intérieures et 10% des zones marines et côtières (...) sont conservées au moyen de réseaux écologiquement représentatifs et bien reliés d'aires protégées gérées efficacement et équitablement et d'autres mesures de conservation effectives par zone, et intégrées dans l'ensemble du paysage terrestre et marin". Forte de la décision engagée à Hyderabad sur les financements, la prochaine conférence sur la biodiversité, qui se tiendra en Corée du Sud en 2014, mettra l'accent "sur la nécessité de mettre en place ces réseaux d'aires protégées et sur la coordination de toutes les organisations internationales compétentes", explique Jean-Patrick Leduc, chargé des affaires européennes au Muséum d'Histoire naturelle et présent au sommet d'Hyderabad.

"Jusqu'à la dernière minute, comme à l'accoutumée dans ces Conférences des Parties (COP), il a fallu négocier : tant que la question des financements ne serait pas réglée, on n'irait pas en plénière", témoigne Sandrine Bélier. La commission européenne a dû faire pression sur ses partenaires réticents à engager des financements, comme la Grande-Bretagne. L'UE est restée cohérente sur sa ligne : engager les 27 à plaider pour le doublement des ressources financières dédiées à la biodiversité d'ici à 2020, avec, pour contrepartie, une mise en place, par les Etats récipiendaires, de dispositifs de "traçabilité" de ces financements, "par des instances administratives dédiées, de l'argent fléché, du monitoring", explique l'eurodéputée, soucieuse que ces financements restent publics et "ne servent pas à monétariser le vivant".

De vastes aires marines susceptibles d'être protégées

Quel organisme supranational sera chargé d'arbitrer l'usage de ces fonds ? Cela reste à préciser : "Une partie de l'argent va être géré par le Fonds mondial pour l'environnement, une autre par le Secrétariat général de la Convention sur la biodiversité, une troisième par des versements bi-latéraux", selon Jean-Patrick Leduc. Sur la scène géopolitique internationale, les émergents ont émergé : "Le Brésil tire les ficelles, l'Inde aussi. Ils demandent à l'UE de doubler les financements tout en voulant garder leur souveraineté sur ces ressources financières", commentait Sandrine Bélier quelques heures avant la fin de la conférence. Au final, chacun devra faire un rapport attestant de l'utilisation des fonds. Quant aux 27 pays de l'UE, dont les cotisations représentent 53% du budget global de l'aide publique au développement, il leur reste à se mettre d'accord sur la clé de répartition de leur participation financière.

Autres points de déblocage important : outre la compétence élargie de la CDB en matière de réglementation du bruit sous-marin, des déchets flottants et de l'acidification des mers, l'inscription de la Méditerranée dans le registre des aires marines significatives dites EPSA (Ecologically or Biologically Significant Marine Areas), malgré les oppositions de la Grèce, alors que le processus était en panne jusqu'à présent. "Les instances de la Convention vont faire l'inventaire de ces zones, qui seront susceptibles d'être classées en aires marines protégées et sanctuarisées", se félicite Jean-Patrick Leduc, qui a participé à cette négociation ardue. D'autres aires ont été retenues : le Pacifique Sud Ouest, les Caraïbes et l'Atlantique Centre Ouest, grâce à l'activisme des Etats insulaires, parmi lesquels les îles Cook, Haïti, les Bermudes et Madagascar. En revanche, les réticences de l'Islande et de la Norvège ont empêché que l'Atlantique Nord Ouest soit inscrit au registre des aires à protéger. Selon la ministre de l'écologie Delphine Batho, "il s'agit d'une avancée importante pour la protection de la biodiversité marine, qui devra trouver son prolongement dans la négociation d'un protocole d'application du Traité des Nations unies sur le droit de la mer".

Réactions1 réaction à cet article

 

On se félicite d'avoir doublé le budget consacré à la sauvegarde de la biodiversité. Avez-vous vérifié les chiffres?? la somme a allouer pour sauver notre biodiversité mondiale est de 200 milliards hors il me semble que le budget est passé de 10 milliards à 20 milliards (sommes à vérifié) mais n'est ce pas dérisoire au final??

nobody | 25 octobre 2012 à 09h08
 
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