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Le Congrès mondial de la nature s'ouvre avec de fortes attentes

Emmanuel Macron ouvre ce vendredi le Congrès de l'Union internationale de conservation de la nature. Les attentes sont fortes face à l'effondrement de la biodiversité et à la veille de fixer une nouvelle stratégie internationale.

Biodiversité  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Le Congrès mondial de la nature s'ouvre avec de fortes attentes

« La planète aura les yeux tournés vers la cité phocéenne lors de cette semaine décisive. Notre objectif commun est d'inscrire la nature au sommet des priorités internationales - car nos destins sont intrinsèquement liés, planète, climat, nature et communautés humaines ». Telle est la promesse qu'affiche Emmanuel Macron à la veille de l'ouverture du Congrès mondial de la nature de l'UICN qui se tient du 3 au 11 septembre à Marseille.

Mais de nombreux acteurs craignent que l'ambition ne soit pas à la hauteur de l'urgence écologique et que la mise en œuvre des objectifs le soit encore moins. Tandis que d'autres remettent en cause l'approche même de la protection de la biodiversité retenue jusqu'ici. Les faits semblent ne pas leur donner tort.

Rehausser le niveau d'ambition

Les indicateurs de la biodiversité mondiale sont au rouge vif. Les experts internationaux réunis au sein de l'IPBES ont montré qu'un million d'espèces étaient menacées d'extinction et que le déclin de la biodiversité était général sur la planète. Aucun des objectifs fixés par la communauté internationale dans le cadre de la convention sur la diversité biologique (CDB) en 2010 n'a été atteint. Le principal enjeu du congrès de Marseille est de préparer la nouvelle stratégie mondiale qui doit être adoptée lors de la quinzième conférence des États parties (COP 15) à cette convention. Une conférence prévue en deux temps : lors d'une réunion virtuelle début octobre, puis en avril 2022 à Kunming en Chine.

 
L'objectif principal est d'assurer que le niveau d'ambition est rehaussé. D'ici 2030, nous devons inverser la courbe de perte de biodiversité et arriver à un monde positif en nature.  
Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France
 
« L'objectif principal est d'assurer que le niveau d'ambition est rehaussé. D'ici 2030, nous devons inverser la courbe de perte de biodiversité et arriver à un monde positif en nature », plaide Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France. L'ONG appelle Emmanuel Macron à sortir des subventions dommageables à la biodiversité, mobiliser des financements à la hauteur des enjeux et renforcer la protection de ses « écosystèmes phares ».

Mais certains craignent que ces appels ne soient pas suivis d'effets « Si le président porte en apparence des positions volontaristes sur le climat et la biodiversité, la réalité est tout autre : tant à domicile que dans les négociations internationales, la France est loin de porter et de mettre en œuvre des mesures suffisantes pour freiner la crise de la biodiversité », estime Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, dans une tribune publiée dans Le Monde.

Connecter biodiversité et climat

Outre la fixation du nouvel agenda international, deux autres messages devraient être portés par le chef de l'État : celui d'une relance verte et celui de la nécessité de connecter les enjeux de la biodiversité et du climat. Le congrès marseillais doit aussi permettre de faire le point sur les coalitions lancées en janvier dernier par le président de la République lors du One Planet Summit, quatrième édition d'un sommet lancé en 2017 pour, à l'origine, réorienter la finance vers les projets respectueux du climat.

L'initiative lancée par la France, et co-pilotée par le Costa-Rica, de protéger 30 % des espaces marins et terrestres en 2030 réunit désormais 66 pays membres. « Le président de la République porte cette priorité diplomatique », assure l'Élysée. Il a également l'intention d'appuyer la création d'aires marines protégées en Antarctique, mais aussi les négociations d'un traité sur la haut-mer et la signature d'un traité contraignant sur les plastiques. Pour ce qui est de la Méditerranée, la coalition pour une mer exemplaire rassemble désormais huit pays, vantent les conseillers du président.

« C'est un test de crédibilité pour le président Macron, qui devra soutenir publiquement le moratoire sur l'extraction minière en eaux profondes s'il veut rester cohérent avec ses discours », prévient toutefois François Chartier, chargé de campagne Océans chez Greenpeace France « Sans moratoire, les premières explorations pourraient démarrer en 2022 et détruire des écosystèmes déterminants dans la lutte contre le changement climatique et pour la préservation de la biodiversité marine », explique le représentant de l'ONG.

Le chef de l'État est aussi attendu au tournant sur la protection des mammifères marins. Trois associations, France Nature Environnement (FNE), la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et Seas at Risk, réclament dans un communiqué commun de mettre fin à « l'hécatombe de dauphins capturés par milliers dans les filets de pêche du golfe de Gascogne ». « Face à une érosion sans précédent de la biodiversité, il serait à la fois incohérent et insupportable que la France accueille le congrès mondial de la nature et en même temps refuse d'écouter les scientifiques et laisse le massacre de dauphins se poursuivre sur son propre espace marin », prévient Élodie Martinie-Cousty, pilote du réseau Océans, mer et littoraux de FNE.

« Déforestation effrénée »

Le congrès est aussi l'occasion de faire un point sur l'Alliance pour la préservation des forêts tropicales, qui réunit 31 États et qui « a pris à bras le corps le sujet des incendies », assure-t-on dans l'entourage du chef de l'État.

« Alors qu'Emmanuel Macron s'était engagé lors du G7 en 2019 à "répondre à l'appel de la forêt qui brûle", la déforestation se poursuit à un rythme effréné et 3 millions de tonnes de soja continuent d'entrer sur le territoire français chaque année sans aucune garantie qu'il n'a pas contribué à la déforestation », pointe de son côté Clara Jamart, responsable des campagnes Forêt, agriculture et alimentation chez Greenpeace France. L'ONG demande de rendre contraignante la stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI), adoptée en novembre 2018 mais, depuis, « restée lettre morte ».

En matière d'agriculture, Maud Lelièvre, présidente française du comité français de l'UICN, voit dans ce congrès l'opportunité de s'interroger sur les modes de culture de demain. Rien n'est toutefois à attendre au plan national car le président ne souhaite pas remettre en cause les règles actuelles. Emmanuel Macron va tenter en revanche d'accélérer l'initiative de la Grande muraille verte, qui vise à restaurer 100 millions d'hectares de terres dégradées dans la bande soudano-sahélienne. Une initiative vouée à l'échec selon Guillaume Blanc, universitaire qui dénonce un colonialisme vert à travers les politiques menées par les institutions internationales.

L'un des grands enjeux du congrès est aussi la prévention des pandémies, estime Maud Lelièvre, alors que la crise la Covid-19 continue à ébranler le monde. La France annonce qu'elle soumettra une motion urgente sur la prévention des pandémies par l'approche One Health. L'initiative Prezode, lancée lors de la dernière édition du One Planet Summit, vise à prévenir les risques d'émergence zoonotique. Elle réunit « aujourd'hui plus de 1 000 chercheurs issus de près de 50 pays et allie recherche, actions opérationnelles et approches participatives innovantes associant les communautés », se félicite le Gouvernement.

Retour de la biodiversité en ville ?

En tout état de cause, il est toujours plus facile pour un dirigeant de porter la bonne parole internationale plutôt que de mettre en place des mesures contraignantes dans son propre pays. Alors que le Gouvernement vante le « retour de la nature en ville » dans le dossier de presse du congrès, dans les faits, on reste encore loin du compte. Dernier exemple en date : la destruction des jardins ouvriers d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), en vue des Jeux olympiques de 2024, lancée ce jeudi 2 septembre à la veille de l'ouverture du congrès marseillais.

« À l'heure même où les canicules se multiplient, et où l'Europe est dévastée par d'extrêmes inondations causées par l'artificialisation des sols et le dérèglement climatique, la destruction de cet espace vert, qui réduit les inondations et crée des puits de fraîcheur, est complètement déconnecté de l'urgence écologique et sociale actuelle », s'indigne l'ONG Youth for Climate France.

Réactions8 réactions à cet article

 

Sur les continents toutes les désertifications (disparition du vivant) commencent par le dé-végétalisation des sols (déforestation) qui provoque des canicules, des sécheresses et des inondations !
Nous subissons les symptômes exactes d'une désertification rapide des continents !
On aura sauvé le climat et la biodiversité quand notre environnement sera un océan de verdure la plus dense possible au rythmes des saisons donc VERT l'été, le modèle à copier étant la foret de feuillus (surtout pas de conifères, quand ça sent le sapin ce n'est pas bon signe ... ) !
N'en déplaise aux fondamentalistes un champ bien vert l'été à le même impact climatique qu'une foret vieille de 30 ans, 20 degrés C de moins qu'un champs sec !
C'est la sécheresse des sols qui entrainent les canicules et la disparition de la biodiversité !
je milite pour "l'enfer vert" plutôt que le désert : pas d'eau pas de vie pas de climat !

laurent | 03 septembre 2021 à 09h29
 
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l'augmentation de la population mondiale conduit automatiquement à la destruction des forêts pour créer des espaces pour l'agriculture. n'oublions pas qu'en France du temps de RABELAIS, un écureuil pouvait aller de Nice à Lille sans descendre des arbres!
Ensuite la "spéculation" alimentaire devrait être mieux contrôlée!

Mike | 03 septembre 2021 à 13h53
 
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Les attentes sont surtout du coté des sponsors de l'UICN et de son partenaire le WWF dont le chiffre d'affaire dépasse les 2 millions de dollars par jour!

ouragan | 03 septembre 2021 à 14h24
 
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Attention aux idées reçues qui sont la panacée des évangélistes sauveurs de la planète :
Au XIIIe siècle, on estime que la forêt française ne couvre plus que 13 millions d'hectares (soit un taux de boisement voisin de 25%) et que 40 millions d'hectares servent à l'agriculture.
Du temps de Rabelais, la foret va tellement mal que François 1er en 1515 et 1520 édite des ordonnances pour protéger la foret. Idem pour Charles 10 en 1543.
De nos jours, les massifs forestiers couvrent 27 % du territoire français, soit 15 millions d’hectares et l’agriculture (source de tout les mots selon ces mêmes évangélistes) 28 millions d'ha. (contre 40 du temps de Rabelais)
Cherchez les erreurs pour savoir pourquoi l'écureuil ne pourra pas traverser la France sans descendre des arbres; Ni du temps de Rabelais, ni aujourd'hui.

ouragan | 03 septembre 2021 à 21h10
 
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8000 hectares de biodiversité complètement anéanti dans les feux du Var, il ne reste qu'un vaste désert! tous les ans c'est la même chose dans les zones sèches, des milliards d'euros de dégâts, des morts et un massacre de la biodiversité !
Dans quelques jours on parlera d'inondations records ... qui font finir le travail de désertification !
Il est très facile d’arrêter cette spirale infernale, replanter des feuillus à la place des conifères et maintenir en vie toute la végétation pour ne pas qu'elle sèche et qu'elle brule.
la base du vivant sur terre c'est l'eau et la photosynthèse, moins on fait de photosynthèse moins il y a de vivant et moins il y a d'eau, à l'inverse plus on fait de photosynthèse plus on nourrit et protège la biodiversité et plus il y a d'eau : notre référence étant la forêt de feuillus !
Il faut vite changer de paradigme : c'est la végétation qui provoque les pluies, donc plus la densité végétale augmente plus il y a d'eau.

laurent | 04 septembre 2021 à 07h36
 
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IPBES= satellite du Grand Machin, comme le GIEC. Le GIEC a été créé pour générer la peur d'un terrible réchauffement climatique anthropique, alors qu'il n'y avait aucune preuve que le CO2, quelle que soit sa source, ait une action mesurable sur la TMAG (température moyenne annuelle globale). La mission de l'IPBES est la même : générer la peur de la disparition de la biodiversité, quitte à exhiber des chiffres foireux, comme le GIC le fait très régulièrement, et, bien sûr, à accuser des tous les maux le Grand Méchant Réchauffement de ... +0,8°C en 140 ans.

Jean-Pierre Bardinet | 04 septembre 2021 à 09h48
 
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Ah M Bardinet, vous êtes un dangereux et irresponsable humain sur terre qu'on devrait mettre en prison pour complicité de crime contre l'humanité !!
Veuillez nous éclairer sur la fin de la courbe sur ce lien :
https://xkcd.com/1732/
Allez faites un effort et dites nous ce qui ne va pas sur cette courbe !! Les enfants savent le voir alors vous allez y arriver et comme ça vous allez arrêter de venir ici nous les br..... !!
AIDE : regarder en combien d'années on a pris 1° dans le passé et comparez avec le 20ieme siècle ! C'est pas dur ! Y a que les imbécile de conspirationnistes et les autruches qui veulent vivre à fond sans se soucier des autres , qui ne veulent pas voir ce truc EVIDENT !!

Roro | 05 septembre 2021 à 17h30
 
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Détendez Vous Roro : c'est une courbe totalement fantaisiste, nous venons d'entamer le 25ème cycle solaire (période de 11 ans environ) et les débuts de cycle son froid, c'est pour cela que nous avons 1°c de moins sur les températures moyennes en France depuis janvier 2021 !
regardez l'amplitude thermique au niveau des mers : quelques degrés C entre le jour et la nuit, dans les terres sèches c'est plusieurs dizaines de degrés C : mettez de l'eau ou du végétal sur les continents l'été et vous baisserez très facilement les températures !
L'INRAE vient d'admettre une erreur capital sur la représentation du cycle de l'eau : 70% des pluies viennent de la végétation et seulement 30% de l'évaporation en mer, c'est pour cela qu'il ne pleut pas dans les déserts et ça change tout : cf : https://www.inrae.fr/actualites/nouvelle-representation-du-cycle-leau-integrant-activites-humaines

laurent | 05 septembre 2021 à 21h40
 
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