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Biodiversité : un premier compromis trouvé sur la Stratégie européenne

Les ministres de l'Environnement ont adopté 6 objectifs proposés dans la stratégie visant à renforcer la protection de la biodiversité d'ici 2020. Si un accord a été trouvé, la question du financement est renvoyée à la présidence polonaise de l'UE.

Biodiversité  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com

Les ministres de l'Environnement, réunis en Conseil, ont approuvé le 21 juin à Luxembourg le projet de Stratégie pour la biodiversité d'ici 2020 proposé par la Commission européenne en mai 2011. Les Etats membres sont parvenus à ''un compromis" sur 6 objectifs visant à enrayer la disparition des espèces, à l'horizon 2020 puisque les objectifs fixés à l'échéance 2010 n'ont pas été atteint en Europe et au niveau mondial.

Ces six objectifs concernent : l'amélioration de l'état de conservation des espèces et des habitats protégés en renforçant l'application du réseau européen Nature 2000 et la mise en œuvre des directives Oiseaux et Habitat, le maintien et la restauration des écosystèmes et de leurs services notamment dans le domaine agricole en allouant des fonds de la Politique Agricole Commune (PAC), une gestion ''durable'' des forêts et des pêcheries européennes (d'ici 2015) mais aussi des mesures visant à lutter contre ''la menace des espèces exotiques envahissantes'' et enfin 'l'intensification de la contribution de l'UE dans la lutte contre la perte de la biodiversité au niveau mondial'', suite à la conférence sur la biodiversité de Nagoya de novembre 2010.

Le Conseil de l'UE s'est félicité dans un communiqué du fait que ''la stratégie répond aux principaux obstacles qui ont empêché la réalisation des objectifs précédents de l'UE relatives à la biodiversité : l'intégration et le financement insuffisants de la biodiversité dans les politiques communautaires, et les lacunes des politiques ainsi que des connaissances et des données''. Les ministres ont également souligné ''la nécessité d'intégrer la biodiversité dans les préoccupations sectorielles pertinentes politiques, telles que la PAC et la politique commune de la pêche''. Le Conseil a également invité la Commission européenne à intégrer des mesures de la biodiversité dans ses propositions pour les futures perspectives financières 2014-2020 en particulier destinées au financement du réseau Natura 2000.

Les ministres de l'Environnement ont par ailleurs souligné '' l'importance du Protocole de Nagoya sur l'accès aux ressources génétiques'' et appelé les Etats membres à le signer d'ici 2012. Ils ont aussi souligné la nécessité d'une base de données ''pour évaluer les progrès de la biodiversité en s'appuyant et en contribuant au travail de la Plate-forme scientifique et politique intergouvernementale sur la biodiversité et les services de l'écosystème (IPBES)''.

Durant la présidence polonaise de l'UE (qui va débuter ce 1er juillet), le Conseil se penchera à nouveau sur la stratégie pour la biodiversité au second semestre 2011.

La question du financement en suspens

Si les Etats membres se sont entendus pour adopter les 6 objectifs de la stratégie, ''ils ont par contre échoué à se mettre d'accord sur les 20 actions prioritaires et le financement nécessaire pour répondre à l'enjeu de la perte de la biodiversité'', a regretté Sandrine Bélier, eurodéputée Europe Ecologie Les verts. ''La perte de biodiversité se poursuit à un rythme alarmant, et pourtant les dépenses publiques pour éviter la perte de biodiversité est inférieure à 0,2% du budget de l'UE'', a également dénoncé Friedrich Wulf de l'ONG Les Amis de la Terre Europe.

Pour Sandrine Bélier, "l'adoption de ces 6 objectifs n'est que la redite imparfaite des engagements internationaux pris au Sommet onusien sur la biodiversité en octobre dernier à Nagoya''. L'eurodéputée se dit également sceptique sur l'avenir des discussions sur le texte durant la présidence polonaise. "Peut-on compter sur la future présidence polonaise pour inscrire les enjeux liés à la biodiversité parmi ses priorités au risque de reproduire exactement le même échec que la Stratégie 2010 ? La position de la Pologne sur le développement et l'exploitation des gaz de schiste et leur inscription dans la stratégie énergétique (au détriment des milieux naturels aquatiques et terrestres) ne laisse rien présager de bon !'', estime-t-elle.

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