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La consommation énergétique des collectivités territoriales augmente

La consommation d'énergie des collectivités locales augmente, tirée par un patrimoine bâti qui reste particulièrement énergivore. Cette hausse des consommations s'accompagne d'une baisse de la facture, compte tenu du recul des prix des énergies fossiles.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
La consommation énergétique des collectivités territoriales augmente

Les consommations énergétiques des collectivités ont progressé de 4 % sur la période 2012-2017. Cette hausse est essentiellement liée à l'évolution de la consommation des bâtiments. « Les collectivités locales vont devoir accélérer leurs efforts en matière de réductions de leurs consommations d'ici 2030 », prévient l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), rappelant que la loi Elan, d'octobre 2018, fixe un objectif de réduction des consommations d'énergie des bâtiments du secteur tertiaire d'au moins 40 % en 2030 par rapport à 2010. Parallèlement, la baisse du coût de l'énergie a permis une réduction de la facture de 5 %. En effet, la diminution des prix des carburants et du fioul domestique (-12 % et -18 %, respectivement) a compensé la hausse du prix de l'électricité.

Tels sont les principaux résultats de l'étude quinquennale sur les dépenses énergétiques des collectivités locales publiée le 19 novembre par l'Ademe. « Cette étude (…) a pour principaux objectifs de connaître les consommations et les dépenses d'énergie en 2017, ainsi que les émissions de CO2 associées, et d'apprécier l'évolution des consommations du patrimoine de ces collectivités locales en cinq ans (2012-2017) », résume l'Ademe.

La consommation des bâtiments augmente de 13 %

Les collectivités étudiées ont consommé 37,65 térawattheures (TWh) en 2017, contre 36 TWh cinq ans plus tôt. Les principaux postes de consommation sont les bâtiments (75 % de la consommation totale) et l'éclairage public (11 %). La gestion des déchets et de l'eau (8 %) et les carburants (6 %) complètent ce panorama.

L'Ademe note que le bâtiment est le point noir des consommations énergétiques des collectivités. La consommation de ce poste a progressé de 13 % sur la période étudiée (après correction des variations climatiques). Cette évolution explique la hausse de l'ensemble des consommations, puisque celles liées à l'éclairage public et aux transports ont reculé respectivement de 30 % et 16 %. « L'enquête ne permet (…) pas d'appréhender précisément les facteurs expliquant la hausse des consommations des bâtiments », explique l'Ademe. L'Agence évoque plusieurs facteurs, sans préciser leur importance : augmentation des surfaces chauffées, hausse des besoins liés notamment à la bureautique, efficacité et ampleur des actions de maîtrise de l'énergie… L'étude souligne aussi que « plus une commune est peuplée, plus la part des bâtiments [dans la consommation énergétique] est importante ».

S'agissant de la rénovation énergétique des bâtiments, l'étude note que deux types de travaux sont principalement entrepris : remplacement ou isolation des ouvrants (75 % des collectivités ont entrepris ce type de travaux) et amélioration de l'éclairage des bâtiments (51 % des collectivités). Mais peu de collectivités avaient achevé ces travaux lors de la réalisation de l'étude : 21 % des collectivités, s'agissant de la rénovation des ouvrants, et 17 %, concernant l'éclairage.

Gaz et électricité dominent

 
Globalement, 25 % des communes et 33% des groupements à fiscalité propre achètent de l'électricité avec un minimum garanti d'origine renouvelable.  
 
Les émissions de CO2 associées à ces consommations atteignent 6 millions de tonnes, pour une moyenne de 152 g de CO2 par kilowattheure. Là aussi le patrimoine immobilier des collectivités est pointé du doigt : les bâtiments sont responsables de 84 % des émissions contre 11 % pour les carburants, et 5 % pour l'éclairage public. Du côté des énergies consommées, le gaz, avec 48 % des consommations et 28 % de la facture, et l'électricité, avec 33 % des consommations et 57 % des dépenses, se taillent la part du lion.

Et les énergies renouvelables ? « Globalement, 25 % des communes et 33 % des groupements à fiscalité propre [c'est-à-dire les communautés de communes, les communautés urbaines, les communautés d'agglomération et les métropoles] achètent de l'électricité avec un minimum garanti d'origine renouvelable », explique l'étude, précisant que « la fréquence d'achat d'électricité garantie d'origine renouvelable augmente avec la taille de la commune ou du groupement ». Par contre, seulement 4 % des collectivités achètent du gaz d'origine garantie. À cela, il convient d'ajouter les réseaux de chaleur qui consomment de la biomasse ou s'appuient sur la géothermie dans des proportions très variables selon les collectivités et les bâtiments raccordés.

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Les collectivités ont encore de substantielles marges de manoeuvre avec la réduction de l'éclairage public : moins de points lumineux (la tendance est clairement inverse !), moindre intensité et durée d'éclairage bien mieux maîtrisée (restauration de l'obscurité totale de 22h30 à 6h30, de plus en plus de communes ont d'ailleurs déjà sauté le pas, sans entraîner un bond de la criminalité ainsi que les opposants à cette mesure de bon sens cherchaient à le faire croire).
L'isolation des bâtiments publics constitue également une voie majeure. Ce n'est pas sans difficultés. Quand on voit celles soulevées pour ne serait-ce qu'une simple école datant du début du XXème siècle (méconnaissance du sujet par les élus locaux en charge du projet, contraintes techniques et budgétaires, sécurité enfants, prescriptions de l'ABF, etc.), on comprend que le chemin à parcourir sera encore long. Mais quand cela permet de supprimer la vieille chaudière à fioul qui empestait la cour de récréation, les classes et tout le voisinage, le progrès sanitaire et écologique saute aux yeux !

Pégase | 22 novembre 2019 à 09h21
 
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