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La consommation énergétique européenne en baisse depuis 15 ans

La consommation d'énergie européenne baisse depuis 2000. En 2014, pour la première fois, l'objectif d'efficacité énergétique pour 2020 est atteint. Ce résultat est lié à la tertiarisation de l'économie et à une météo particulièrement clémente.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

La consommation finale d'énergie dans l'Union européenne a enregistré en 2014 son niveau le plus bas depuis 2000. Pour la première fois, elle est inférieure à l'objectif pour l'année 2020. Les efforts des Etats membres pour réduire leur consommation d'énergie et améliorer l'efficacité énergétique ont porté leurs fruits, estime le centre de recherche (JRC) de l'UE. Toutefois, au-delà de l'efficacité énergétique, les résultats par secteur montrent que la désindustrialisation et les conditions météorologiques favorables sont loin d'être étrangères à cette baisse.

Le rapport du JRC publié le 26 août porte sur la consommation dans les secteurs résidentiel, tertiaire, des transports et de l'industrie entre 2000 et 2014. A cette date, les transports sont le premier secteur consommateur d'énergie (33,22% du total), suivis de l'industrie (25,89%), du résidentiel (24,80%) et des services (13,31%).

Objectif 2020 atteint

En 2014, la consommation finale d'énergie des 28 s'élève à 1.061 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), contre 1.133 Mtep en 2000. Pour la première fois, la consommation énergétique passe sous l'objectif de 1.086 Mtep fixé pour 2020 dans le cadre de la directive européenne relative à l'efficacité énergétique adoptée fin 2008. Après avoir progressé jusqu'en 2006 pour atteindre 1.193 Mtep, elle a fortement chuté à 1.115 Mtep en 2009 suite à la crise économique. Le rebond de l'année suivante à 1.163 Mtep n'a cependant pas modifié fondamentalement la tendance caractérisée par des baisses marquées (2011 et 2014) et des périodes de stabilité (2012 et 2013).

Les résultats par pays montrent que l'Allemagne (208,9 Mtep, soit 19,7% de la consommation de l'UE), la France (141,8 Mtep, soit 13,4%), le Royaume-Uni (129,8 Mtep, soit 12,2%) et l'Italie (113,4 Mtep, soit 10,7%) consomment à eux seuls plus de 55% de l'énergie finale consommée dans l'UE et que la moitié des Etats membres en consomme plus de 90%.

Des variations sectorielles en trompe l'œil

S'agissant des consommations sectorielles, des différences notables apparaissent. L'industrie est le "bon élève" avec une chute de 17,62% de sa consommation à 274,8 Mtep. A l'opposé, le secteur des services voit sa consommation progresser de 16,48%, à 141 Mtep. Ces résultats traduisent les efforts d'efficacité énergétique mais aussi, et surtout, la mutation de l'Europe vers une économie de service. En effet, le JRC note que le déclin de la demande énergétique de l'industrie est régulier. Sur 15 ans, celle-ci n'a progressé qu'exceptionnellement. Cette tendance "devrait se maintenir à l'avenir en raison des délocalisations industrielles en cours qui pourraient aboutir à un secteur manufacturier définitivement réduit dans l'UE (où la productivité est relativement élevée) et à un secteur des services plus important (où la productivité est traditionnellement plus basse que dans le secteur manufacturier)". Le JRC pointe notamment l'impact de la baisse de production sidérurgique, l'industrie la plus consommatrice.

Quant au secteur résidentiel, il enregistre une "baisse remarquable" de 9,52%. Surtout, la consommation du secteur a chuté de 11,7% pour la seule année 2014 par rapport à l'année précédente. Le JRC insiste sur l'efficacité énergétique qui a contribué dans "une certaine mesure" à la baisse de consommation. Le rapport ne présente pas d'évaluation chiffrée précise de l'impact des variations climatiques sur la consommation énergétique du secteur, bien qu'il souligne à plusieurs reprises l'importance des conditions météorologiques. Cependant, le chapitre dédié aux besoins de chauffage montre que 2014 est l'année la plus clémente de la période : le nombre de degrés-jours de chauffage (unité de mesure de la rigueur de la température) est le plus faible des quinze années étudiées. Selon Eurostat, il s'établit à 2.809 en 2014, contre 3.485 en 2010, année affichant la consommation du secteur résidentiel la plus élevée des depuis 2000…

Enfin, le secteur des transports ne marque pas de progrès sensible et affiche une légère hausse de 2,21% sur 15 ans, à 352,5 Mtep. Par ailleurs, sous l'effet de la reprise économique, la tendance à la baisse enregistrée entre 2007 et 2013 s'est renversée en 2014 avec une hausse de 1,4% en un an. Le JRC note que le transport individuel de passagers par route reste le principal sous-secteur en terme de consommation énergétique. Il a progressé de 2% depuis 2000. Quant au secteur aérien, sa consommation énergétique a augmenté de 14,8% en quinze ans.

Réactions1 réaction à cet article

 

Si nous ajoutons l'énergie produite par la fabrication en Asie ou ailleurs des biens que nous consommons, je pense que le calcul sera nettement moins optimiste... En délocalisant notre production, nous avons aussi délocalisé la consommation d'énergie.

MU65 | 06 septembre 2016 à 13h55
 
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