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Convention citoyenne pour le climat : Jean Castex tente de calmer le désarroi

Gouvernance  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Convention citoyenne pour le climat : Jean Castex tente de calmer le désarroi

« Une trentaine de propositions ont déjà trouvé des suites favorables, notre ambition est intacte, mais je ne nie en rien les difficultés qui s'ouvrent à nous », a indiqué Jean Castex lors d'une rencontre avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) ce mercredi 29 septembre. Lors de cette rencontre en présence des ministres en charge de la transition écologique et des relations avec le Parlement, le Premier ministre a annoncé que six nouvelles mesures seraient introduites par amendement dans le projet de loi de finances (PLF 2021).

En matière de déchets, le chef du Gouvernement annonce la prolongation d'un an de l'expérimentation de la taxe pour l'enlèvement des ordures ménagères incitative. « Dans le même temps, le Gouvernement travaillera avec les collectivités territoriales, chefs de file sur ce sujet », précise Matignon. Les cinq autres mesures relèvent du domaine des transports. Le Premier ministre annonce « la mise à niveau » de la fiscalité sur les carburants pour l'aviation de loisir, la baisse des taxes sur les contrats d'assurance auto pour les véhicules électriques, le relèvement du plafond du forfait mobilité durable de 400 à 500 euros, ainsi que la réforme de l'indemnité kilométrique sur les véhicules dans le barème de l'impôt sur le revenu afin de « ne pas avantager les voitures les plus émettrices ». L'aide à l'achat de poids-lourds moins polluants, via la prolongation du suramortissement des véhicules de plus de 2,6 tonnes, a également été annoncée. « La question du malus au poids fait encore l'objet de concertation », précise Matignon.

Ces annonces ont lieu alors que la grogne monte devant l'abandon progressif des 146 propositions de la Convention citoyenne qu'Emmanuel Macron s'était engagé à reprendre en juin dernier. « Qui veut tuer la Convention citoyenne pour le climat ? », interrogent le député EDS Matthieu Orphelin et le maire écologiste de Grenoble Éric Piolle dans une tribune publiée le même jour dans Le Monde. « Le Gouvernement se lance, en cette rentrée, dans l'effilochage des propositions : après les discours enthousiastes vient le temps du détricotage. Semaine après semaine, une par une, les mesures fortes de la convention sont abandonnées. C'est un reniement, tant sur le fond que sur la méthode », estiment les deux élus. Greenpeace, qui a fait les comptes, estime que le Gouvernement a déjà renié plus de vingt mesures de la Convention citoyenne. Ces renoncements vont du moratoire sur le déploiement de la 5G, dont les enchères ont été lancées le 28 septembre, à l'interdiction des publicités sur les produits les plus polluants en passant par le moratoire sur l'implantation des entrepôts de e-commerce.

De leurs côté, les ministres ont estimé que 20 % des mesures de la Convention étaient déjà totalement ou partiellement mises en œuvre, notamment à travers le plan de relance et le dernier Conseil de défense écologique. « Un tableau de bord sera mis à la disposition des représentants de la Convention citoyenne », a promis Jean Castex.

Réactions8 réactions à cet article

 

Sans nié la qualité du travail produit, je ne comprends pas selon quel mécanisme démocratique les préconisations de la CCC devraient s'imposer, via l'exécutif, à tous les citoyens.

ltdrogo | 01 octobre 2020 à 09h27
 
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Exactement @Itdrogo, une PROPOSITION n'est pas une PRESCRIPTION

Lili64 | 01 octobre 2020 à 12h22
 
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Aux deux premiers commentateurs : si le président s'est engagé à reprendre "sans filtre" (comme il l'a dit lui-même) 146 des 149 propositions de la CCC, il doit le faire, sinon il se décrédibilise totalement, si tant est qu'on puisse encore lui faire confiance...
Vous êtes plutôt partisans du "les promesses n'engagent que ceux qui y croient" ?

Philippe Charles | 01 octobre 2020 à 14h23
 
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Dans une démocratie, et selon notre constitution, le Président n'est pas censé concentrer seul tous les pouvoirs de législation et exécution. Sa "promesse" vis à vis d'un panel citoyen semble donc plutôt relever d'une tentation populiste version sympathique. Ce qui ne remet pas en cause la qualité du travail fourni par la CCC, mais comme le dit Bruno Latour, "150 c'est bien, mais que fait-on pour tous les autres ?"...

ltdrogo | 01 octobre 2020 à 16h58
 
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Je suis d'accord avec vous pour dire que le régime dans lequel nous vivons en France n'est pas une véritable démocratie, plutôt quelque chose que je qualifierais d'autoritaire-libéral-productiviste.

Si le sujet de l'exercice du pouvoir en démocratie vous intéresse et si vous ne connaissez pas encore, je vous invite à découvrir la convention de citoyen (différente de la conférence) proposée par Jacques Testart et qui me semble pertinente pour tendre vers plus de démocratie, même pas besoin d'être 150 d'ailleurs. Petite intro : https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-25-automne-2020/debats/article/la-covid-la-science-et-le-citoyen

Philippe Charles | 01 octobre 2020 à 17h23
 
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itdrogo mais si tu sais ! le fameux mécanisme qui pousse les gens à voter pour une personne sur la base de son discours ! Raah j'ai plus le mot... Ah si l'intégrité politiq... Ouf j'ai failli dire un gros mot.
Non autant pour moi il n'y a aucun mécanisme démocratique qui impose à l'exécutif de respecter ses engagements.
A part les élections suivantes ?

bIBU | 02 octobre 2020 à 10h00
 
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Alors il ne faut pas ensuite s'étonner des révoltes que suscite ce mépris pour les citoyens.
L'élection on sait que son utilité est surtout de maintenir l'ordre établi. L'élu pense qu'il a carte blanche alors même qu'il n'est soutenu que par une minorité de citoyens (18% des inscrits au 1er tour pour le cas Macron). La démocratie est en berne lorsqu'elle se résume à mettre un bulletin dans l'urne tous les 4 ; 5 ou 6 ans.

Philippe Charles | 02 octobre 2020 à 12h39
 
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Philippe Charles merci pour le lien, Jacques Testard a bien compris ces problématiques complexes, tout comme Latour et bien entendu le précurseur Callon. Cependant pour être moi-même scientifique et avoir travaillé sur le changement climatique depuis 25 ans je ne suis pas convaincu de l'assimilation avec la pandémie qui est un évènement objectif, soudain, exogène et synchrone. Trop forcer le trait politique sur le climat conduira à ce qui s'est produit aux USA, à savoir la migration de la problématique dans les discours partisans et au final une partition de l'opinion entraînant le blocage de toute action sérieuse au gré des alternances. La CCC serait bien inspirée de parler elle-même, et non via des "griots", aux citoyens autant qu'à l'exécutif (et accessoirement au parlement)...

ltdrogo | 02 octobre 2020 à 14h55
 
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