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Total va convertir sa raffinerie de Grandpuits en site de production de biocarburant et de bioplastique

Le site seine-et-marnais de Grandpuits, confronté à un problème d'alimentation en pétrole brut, va être transformé en usine de biocarburant et de bioplastique. Les nouvelles activités débuteront en 2023 et 2024.

Energie  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Total va convertir sa raffinerie de Grandpuits en site de production de biocarburant et de bioplastique

Total va transformer sa raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) en une plateforme de production de biocarburant et de bioplastique, a annoncé le groupe pétrolier le 24 septembre. L'entreprise compte investir « plus de 500 millions d'euros » pour achever cette transformation « à l'horizon 2024 ». « Parallèlement, le raffinage du pétrole brut s'arrêtera au premier trimestre 2021 et le stockage de produits pétroliers fin 2023 », ajoute l'entreprise.

Cette reconversion du site s'explique par les difficultés rencontrées sur le pipeline d'Ile-de-France (PLIF) qui relie sur 260 km Grandpuits au port maritime du Havre et permet l'approvisionnement en brut de la raffinerie. « En 2019, la raffinerie de Grandpuits avait dû s'arrêter pendant plus de cinq mois à la suite d'une fuite apparue sur le PLIF », explique Total, précisant qu'une première fuite était déjà survenue en 2014 en Seine-Maritime. Actuellement, le pipeline ne fonctionne qu'à 70 % de sa capacité pour éviter un nouvel accident. « Le remplacement du PLIF est la seule solution pour revenir à un fonctionnement normal de la raffinerie, mais nécessiterait un investissement de près de 600 millions d'euros », explique le groupe pétrolier, qui préfère donc transformer le site.

« Sur les 400 postes que compte aujourd'hui la plateforme de Grandpuits et le dépôt associé de Gargenville (Yvelines) 250 postes seront maintenus », assure le groupe pétrolier. Par ailleurs, « la plateforme de Grandpuits continuera à faire appel en priorité à ses entreprises partenaires, représentant l'équivalent de 200 emplois à temps plein ». Aujourd'hui, les entreprises partenaires intervenant sur la plateforme emploient 300 personnes.

Production de PLA et recyclage du plastique

Après conversion, la raffinerie disposera d'une capacité de production de biocarburant de 400 000 tonnes par an : une capacité de 170 000 tonnes sera dédiée aux biocarburants aériens, 120 000 tonnes aux carburants routiers et 50 000 tonnes à la production de naphta pour bioplastique. « Elle sera alimentée majoritairement par des graisses animales en provenance d'Europe et des huiles de cuisson usagées qui seront complétées par des huiles végétales de type colza, à l'exception de l'huile de palme », annonce Total.

Parallèlement, Total construira en partenariat avec Corbion, un groupe agroalimentaire néerlandais, une usine de production d'acide polylactique (PLA, pour polylactic acid), un plastique fabriqué à partir de sucre. Cette résine, présentée par Total comme étant biodégradable et recyclable, « répond à une demande en forte croissance, en particulier dans les marchés des films, des conditionnements rigides et dans de nombreuses applications industrielles ». Avec une capacité de 100 000 tonnes par an, cette usine permettra aux deux entreprises de devenir le premier producteur mondial de PLA. Les deux partenaires disposent déjà, depuis 2018, d'un site de production en Thaïlande.

Le recyclage des plastiques complétera la transformation du site : Total, en association avec Plastic Energy, construira une unité de valorisation chimique des plastiques. « Cette unité pourra transformer des déchets plastiques par un procédé de pyrolyse [en une] matière première permettant la fabrication de polymères présentant des qualités identiques à celles des polymères vierges. » L'usine, dont la mise en service est annoncée pour 2023, pourra traiter 15 000 tonnes de déchets plastique par an.

Enfin, Total va construire deux centrales photovoltaïques, l'une d'une capacité de 28 mégawatts (MW) (sur le site de Grandpuits) et l'autre de 24 MW (sur celui de Gargenville). Elles « contribueront à l'ambition de Total de fournir de l'électricité verte à l'ensemble de ses sites industriels en Europe ».

Réactions18 réactions à cet article

 

Biocarburant est un de ces abus de langage qu'affectionne l'agrobusiness. Il n'existe pas de biocarburants : il y a seulement des agrocarburants, ou la transformation des produits issus de l'industrie. Pour ce qui est de la transformation de produits agricoles - ici le colza - cela se fait au détriment de la production alimentaire par accaparement de terres destinées à un cet usage, et cela dans un contexte de diminution des surfaces agricoles. Le dossier Total ne chiffre pas, en pourcentage, la part des huiles de colza qui seront utilisées.

petite bête | 28 septembre 2020 à 11h05
 
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Biocarburant avec de l'huile de colza utilisant des terres agricoles pour alimenter des bagnoles ou faire voler des avions, au lieu de produire de la nourriture humaine ou animale. Mais on marche sur la tête.

BJ50320 | 28 septembre 2020 à 11h17
 
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Ben on peut se dire vol de terres agricoles à usage alimentaire, c'est oublier le nombre de jachères imposées par l'Europe, mais disposant d'un sauf conduit pour des usages non alimentaires.
En ce moment on est dans le pillage dont moi-même de terres agricoles non utilisées comme ça coûte rien pour les particuliers entre 4000, voire 3000 € à 10000€ l'ha , pour y mettre des chevaux ou autres usages inutiles, autant semer du colza qui ne demande pas d'eau et fait un excellent carburant pour les vieux diésels et par distillation du e85 qui sur les Ford sans la moindre puce tourne au poil, ne fume pas, pollue très peu.
Je sais ça choque, mais on ne peut pas surproduire, on ne dispose pas suffisement de stockage, cette usine sera utile pour assurer l'approvision des français en huile de cuisine, les prix d'achat n'étant pas les mêmes. Puis restent les tourteaux pour nourrir les bestiaux.

pemmore | 28 septembre 2020 à 16h07
 
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Ecologiste est aussi un abus de langage qui dissimule des visées politico-religieuses dont l'un des buts est d'abattre le capitalisme et de punir les méchants qui sont vendus aux diaboliques lobbies qui détruisent volontairement la planète pour réaliser leurs noirs desseins, non ?

Albatros | 29 septembre 2020 à 10h34
 
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Pour un albatros, il faut aussi éviter de voler à ras de terre... et amalgamer en un seul bloc les "zécolos", les marxistes, les anti-capital de tout poil. Mais simplifier ce que l'on n'est pas capable de seulement appréhender est un raccourci pratique. La vérité est toujours relative, seul le mensonges est absolu.

petite bête | 29 septembre 2020 à 13h55
 
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Que dire ? Total se reconvertit ! mais cette appellation de bio... Bien sûr qu'il s'agit d'agrocarburants et qui continuent d'émettre des GES, on n'en sort pas hélas. Utiliser des animaux pour produire du biodiésel ! On n'arrête pas le ...j'allais dire progrès , mais non finalement ce n'est pas un progrès. Notre civilisation devient folle.

gaïa94 | 30 septembre 2020 à 17h18
 
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C'est marrant quand même… Quand les raffineries qui font du diesel deviennent trop vieilles et à reconstruire, on fait une campagne soi-disant écolo contre le diesel (là est la vraie raison du diesel-bashing actuel). Quand un pipe-line est pourri, on fait du bio-carburant, hyper-subventionné, à vertitude pas garantie. Quand le changement climatique devient un argument pressant, on envisage de passer du fuel au gaz -en se soumettant à Poutine, en faisant au passage un peu d'intermittentes, là encore hyper-subventionnées. Aucune conviction écologique là-dedans, juste une approche financière du changement de l'air du temps. Mais Total reste et restera un acteur majeur des hydrocarbures et continuera à imposer la politique énergétique de la France, tant pis pour le bilan carbone (la SNBC : l'arrêt de 14 réacteurs nucléaires imposera la construction d'une vingtaine de centrales à gaz, écrit en toutes lettres).

dmg | 01 octobre 2020 à 08h56
 
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@dmg
on n'est pas surs que les prix attractifs du E85 le resteront, chez le paysan le colza est payé dans les 30 cmes, ce qui leur convient, de 30 cmes le kilo à 59 cmes le litre soit 75 cmes le kg, est-ce que la marge est suffisante pour ne pas diverger et retour à ce brave diésel?
J'en profite tout en supposant que ça ne durera pas.

pemmore | 01 octobre 2020 à 13h10
 
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C'est en faisant du rase-mottes qu'on peut mieux voir les petites bêtes... et les mensonges relatifs.

Albatros | 01 octobre 2020 à 15h27
 
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Albatros: c'est pas les petites bêtes qu'il faut voir, ce sont les grosses et surtout les requins!

gaïa94 | 01 octobre 2020 à 16h11
 
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Il y a quelques requins redoutables prédateurs dans le commerce du "bio", et des gros menteurs (vertueux) dont les méthodes sont les mêmes que chez les distributeurs "conventionnels"...
La vie n'est pas si simple.

Albatros | 02 octobre 2020 à 11h45
 
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Quoi? Il y aurait des gens qui vendraient sous l'appellation "bio" des produits aussi dégueulasses que les conventionnels?
Bon, c'est vrai qu'il y a des poissons volants, mais ce n'est pas la majorité de l'espèce...
Semer le doute, c'est l'arme favorite des lobbyistes.

petite bête | 02 octobre 2020 à 12h20
 
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Déjà quand on voit le nom de bio sur du pinard et marqué en tout petit contient des sulfites, un produit connu comme cancerogène probable, on comprend vite que c'est totalement bidon.
Pourtant stopper la fermentation à la mêche est simple pas besoin d'empoisonner le consommateur.
Et quand on cultive des céréales soigneusement bio, bien contrôlées, mais stockées à l'ancienne dans des silos sous traitements sous forme de gaz contre les ravageurs, vers de farine, etc, la aussi on se moque de nous.
Ces carburants ne s'affichent pas bio, mais réduisent l'empreinte co2 et la dépendance avec la Russie et les usa, c'est mieux que rien.

pemmore | 02 octobre 2020 à 16h36
 
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Ah, que voilà du lobbying efficace! Au fond, mieux vaut revenir au conventionnel, et plutôt que risquer d'avoir un bio qui ne serait pas vraiment ultra bio - et encore on lui trouvera toujours un défaut - continuer à acheter son poison quotidien.

petite bête | 02 octobre 2020 à 21h16
 
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pemmore: non ! je vous l'ai déjà dit les sulfites en sont pas dangereux !ils peuvent seulement provoquer des intolérances digestives bénignes. Ne confondez pas tout. Quant aux bio carburants ils n'ont de bio que le nom parce qu'ils proviennent de la transformation de végétaux qui sont cultivés de manière conventionnelle et pas forcément bio du tout! de plus qu'il y a t-il de bio à utiliser des végétaux pour les transformer en carburant polluant et dégageant lors de leur combustion des gaz à effet de serre ? Je vous le demande.

gaïa94 | 03 octobre 2020 à 12h28
 
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Ben pour le sulfite je vais dire une chose, je suis issu d'une famille de vignerons Angevins dans le langage du coin ça se surnomme du "jaja" ça montre un peu le mépris de ces gens pour les boiveurs un truc de fainéants, ben oui arrêter la fermentation à la mêche c'est un peu dangereux on met le feu à la mêche qu'on met dans le tonneau on bouche et la mèĉhe s'éteint quand il y a plus d'oxygène, combien de fois j'ai vu mon grand-père le faire un peu partout, il venait goûtait et décidait ou non.
A la mise en bouteille les traces de gaz s'évaporent et pas de ce sale goût de sulfites dans la bouche.
Quand je vois qu(il y a même des cidriers à le faire, faudrait appeler ça jus de pommes fermentées et gazéifiées.
Le mousseux aussi. jus de raisins fermenté gazéifié
Heureusement la bière échappe à ce crime gustatif.
C'est tout à fait étrange, on peut en boire plus sans être gèné.
Et encore un peu de jaja des fois que ce mélange passe au vinaigre .Je vais pas me plaindre le petit paysan d'en bas fabrique du cidre vivant sans sucre ni sulfite tellement actif qu'il explose les bouteilles, du bonheur à 1€ le litre.

pemmore | 05 octobre 2020 à 01h27
 
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oui pemmore vous avez raison ! il est bien évident que se passer de sulfites en privilégiant des méthodes naturelles est ce qu'il faudrait faire, mais les sulfites s'ils donnent un goût et ne sont pas toujours faciles à digérer, ne sont pas dangereux ; ils servent d'antioxydant donc de conservateurs , et oui en ajouter dans le vin est bien plus facile que d'employer la méthode que vous décrivez car le but est d'éviter que de l'oxygène résiduel vienne oxyder le vin .

gaïa94 | 05 octobre 2020 à 12h08
 
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Pourriez-vous clarifier votre propos? En filtrant au blanc d’œuf par exemple, comme on faisait pour le vin blanc?

petite bête | 05 octobre 2020 à 12h44
 
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