En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Migrants environnementaux : la coopération internationale marque un point

La coopération internationale en matière de déplacés environnementaux progresse avec l'adoption d'un Agenda de Protection par plus de 75 pays. Cette boîte à outils doit permettre de déployer les bonnes pratiques en matière de gestion des réfugiés.

Gouvernance  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com

A l'occasion d'une réunion internationale qui s'est tenue à Genève les 12 et 13 octobre, plus de 75 pays ont adopté un "agenda de protection des personnes déplacées dans le contexte des désastres naturels et du changement climatique" destiné à mieux prendre en compte la question des déplacés environnementaux. Une avancée pour ce dossier complexe et juridiquement imparfait.

"Cet agenda établit trois priorités pour une action future : l'amélioration de la connaissance du phénomène et de la collecte des données, la promotion de mesures de protection, qui incluent des mécanismes permettant de trouver des solutions durables, et le renforcement de la prévention des risques dans les pays d'origine", a expliqué Jean-Pierre Lacroix, directeur des Nations unies au ministère français des Affaires étrangères. Autrement dit, cette sorte de "boîte à outils" doit permettre de mieux comprendre le phénomène, identifier les lacunes mais aussi échanger et déployer les bonnes pratiques : réduction des risques liés aux dangers naturels en amont, mise au point de scénarios d'urgence, planification de la relocalisation des personnes, et, planification des déplacements avec les pays d'arrivée si la migration est inévitable. "Ces priorités doivent permettre à la communauté internationale de mieux anticiper ces déplacements et de définir des actions opérationnelles afin d'y faire face", estime M. Lacroix.

L'initiative Nansen porte ses fruits

Cet agenda est le fruit d'un travail de longue haleine initié il y a trois ans par les gouvernements Norvégien et Suisse. Cette "initiative Nansen" - du nom du norvégien Fridtjof Nansen, premier haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés nommé en 1921 – a pour but d'établir un consensus sur la réponse à apporter aux besoins des personnes déplacées dans le contexte des catastrophes, y compris les effets du changement climatique. Elle s'est inspirée d'expériences pratiques via des consultations régionales dans le Pacifique, les Amériques, l'Afrique, l'Asie et l'Europe.

Plutôt que de créer une nouvelle et contraignante convention internationale sur les déplacements transfrontaliers, les travaux ont abouti à un Agenda de Protection : le terme "protection" souligne que les personnes sont au centre de l'initiative, tandis que le mot "agenda" indique que le document identifie ce qui peut être fait maintenant et à l'avenir en cas de déplacement suite à une catastrophe. L'Agenda qui vient d'être adopté n'est donc pas contraignant. Il doit aider les Etats à s'approprier la problématique et à cadrer leur action. Il ne crée pas directement de nouvelles normes juridiques, mais peut inspirer les pays et faciliter leur élaboration.

Toujours pas de statut de réfugiés climatiques

Deux fois plus de personnes sont déplacées aujourd'hui que dans les années 1970. "Au vu du nombre croissant de personnes vivant et travaillant dans des zones à risque, cette tendance à la hausse va se poursuivre et devrait être exacerbée à l'avenir par les effets du changement climatique", indiquait Jan Egeland, secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) en septembre 2014 lors de la présentation du rapport annuel "Global Estimates" par l'Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC).

En 2013, plus de 22 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur domicile en raison de catastrophes naturelles (inondation, tempête, séisme…) ; soit plus que les migrations dues aux conflits armés. La plupart des migrants restent à l'intérieur de leur pays mais nombreux sont ceux qui passent les frontières. Ces personnes ne bénéficient d'aucun statut ni d'aucune protection juridique universels (la Convention de Genève sur les réfugiés ne leur est pas applicable). La création d'un statut particulier pour ces personnes fait débat depuis de nombreuses années. Elle n'était pas à l'ordre du jour de l'Agenda de Protection adopté à Genève.

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Florence Roussel

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…