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Climat : la conférence de Varsovie devra tracer la route vers un accord contraignant en 2015

Varsovie sera une étape importe dans l'optique de la signature de l'accord global et contraignant dont la signature est prévue pour 2015 à Paris. Mais la remise en cause des procédures par la Russie s'apparente à une épée de Damoclès.

Gouvernance  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Lundi 11 novembre débutera à Varsovie (Pologne) la 19ème Conférence des parties (COP19) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc). Quelque 190 Etats se réuniront jusqu'au 22 novembre afin de progresser vers l'accord mondial contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre dont la signature est prévue pour fin 2015. Pour être réussie, la rencontre devra aboutir à des avancées permettant de paver la voie vers l'accord, en particulier en matière de méthodologie.

Comme de coutume, diverses instances ont rappelé l'importance de l'enjeu dans l'espoir de peser favorablement sur les négociations. Le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) a publié lundi un rapport expliquant une nouvelle fois que, faute d'engagements ambitieux, les chances de contenir le réchauffement climatique à 2°C au cours du siècle, conformément à l'engagement pris à Copenhague (Danemark) en 2009, diminuent sensiblement à mesure que le temps passe. De même, et comme chaque année, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé mercredi que la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre a atteint de nouveaux records. Enfin, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) a rendu public fin septembre la première partie de son 5ième rapport qui invalide les thèses climato-sceptiques.

Alix Mazounie du Réseau Action Climat (RAC)Marie Jo Sader
 
Clarifier le calendrier pour réussir l'accord

Parmi les enjeux clés de la réunion polonaise figure l'élaboration d'un calendrier visant à construire progressivement l'accord final sans attendre les discussions finales qui devraient se tenir en France au Bourget. A Durban (Afrique du Sud), en 2011, les négociateurs avaient validé la date butoir de 2015, mais sans préciser le chemin qui y mène. Les ONG regardent déjà en direction de Paris et attendent beaucoup de la France (voir encart vidéo).

Voulant éviter que les principaux acteurs de la négociation n'attendent le dernier moment pour dévoiler leurs ambitions, les 28 Etats membres de l'Union européenne souhaitent que "toutes les parties s'accordent sur un processus permettant de formuler des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre ambitieux en vue de l'accord de 2015". L'objectif, si cette position est retenue à Varsovie, est d'obtenir une feuille de route qui fixera le calendrier du processus jusqu'en 2015. Il s'agirait alors de planifier parallèlement les grandes étapes techniques et politiques, les deux se nourrissant mutuellement.

Les questions ne manquent pas. Parmi les plus épineuses figurent l'établissement de règles pour la comptabilité carbone, notamment en matière de vérification, sachant que la Ccnucc en est dépourvu et que celles du protocole de Kyoto ne seraient plus applicables s'il disparaissait, la mise en place d'une procédure afin de s'assurer que l'accord permette effectivement de limiter à 2°C la hausse de la moyenne des températures mondiales, l'élaboration d'un consensus sur l'aide financière des pays industrialisés vers les pays du sud, ou encore la définition de critères déterminant les pays qui doivent participer à l'effort de réduction et la modulation de leurs efforts au regard de leur responsabilité et de leur capacité d'action.

Pour l'instant, l'élaboration de ce cadre reste flou et un seul grand rendez-vous est déjà planifié : le sommet des chefs d'Etat organisé par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon en septembre 2014 à New York. Ainsi, rien ne garantit que les Etats acceptent de divulguer leurs engagements, ou tout au moins explicitent la façon dont ils comptent les définir, avant la toute dernière ligne droite. Il s'agit pourtant d'un enjeu essentiel pour assurer la comparabilité des efforts et rétablir la confiance entre les Etats.

Des procédures contestables et contestées

Du côté des participants, la plupart des acteurs affichent une bonne volonté. Cependant, à l'image des réactions officielles au dernier rapport du Giec, les principaux pays s'abstiennent de grandes déclarations. Seule la Chine, qui n'avait pas réagi officiellement au rapport du Giec, a communiqué en amont de la conférence, indiquant qu'elle se montrerait "flexible" dans les négociations si les pays riches respectent leur engagement financier en faveur des pays pauvres.

Reste un point d'incertitude majeur relatif à l'adoption des décisions au sein de la Ccnucc. Aujourd'hui, les décisions sont prises par consensus, ce qui implique un vote final à l'unanimité ou à la quasi. Or, aucun texte ne définit clairement cette notion et la procédure a donné lieu à de vives critiques de la part des pays refusant certaines décisions. Ce fut le cas en 2010 à Cancun (Mexique) lorsque la Bolivie a refusé l'accord, estimant que le texte manquait de substance et conduirait à ''un écocide''. Ce fut aussi le cas, en juin 2013, lors de la réunion intermédiaire puisqu'un des groupes de travail n'a pas pu se réunir, la Russie, l'Ukraine et la Biélorussie ayant remis en cause la reconduction du protocole de Kyoto adoptée à Doha (Qatar) en décembre 2012.

Si les critiques boliviennes n'ont pas eu une grande portée, ce n'est pas le cas de celles émises par la délégation russe. Ainsi, de hauts responsables de la Ccnucc ont admis qu'il était nécessaire de discuter au niveau ministériel de la façon dont on peut améliorer les procédures décisionnelles.

Mais pour modifier la règle du consensus, il faut adopter une décision en s'appuyant sur la règle actuelle… La réforme s'apparente à la quadrature du cercle. Les diplomates se montrent confiants, arguant d'une note apaisante de la Russie assurant ne pas vouloir remettre en cause les décisions passées. Mais rien ne dit que le sujet ne devienne pas ingérable si les positions se durcissaient. En tout état de cause, la Russie tient là une belle carte pour obtenir des concessions dans le cadre du futur accord.

Réactions6 réactions à cet article

 

Le prétexte climatique est juste une arme employée par les pays émergents pour scier la branche sur laquelle sont assises les économies des pays développés.

Delendum est Giecum !

Laurent Berthod | 08 novembre 2013 à 18h11
 
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L'environnement : une belle cause pour de beaux profits. On a en effet un peu oublié que c'était le nouveau grand Monopoly de quelques acteurs du CAC 40.


Grenelle I et II, ce devait être le rendez-vous des consciences pour sauver la planète... C'est surtout devenu un super Monopoly pour une dizaine d'acteurs du CAC 40. D'EDF à Areva, en passant par GDF-Suez, Total, Veolia, Alstom, Schneider Electric, Bouygues, Lafarge et Saint-Gobain, les grands groupes de l'électronucléaire et des services se sont tous reconvertis en acteurs vertueux de l'écologie pour gagner davantage d'argent en essorant toujours plus l'unique payeur : l'abonné, quand ce n'est pas le contribuable, ce qui revient au même.

Lise | 10 novembre 2013 à 17h53
 
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Hélas ces conférences avec tout le coté positif qu'elles souhaiteraient emettre et manifester sont trés peu entendue par les Etats, les Régimes politiques et les peuples qui sont incapables de limiter leurs besoins...Nos Economies notamment du Nord ont tout misé sur le "toujours plus". Les élus n'ont le choix que de répondre favorablement au cette demande exacerbée... Même si nous devenons pleinement responsable des changement climatiques (syphon des Philipinnes), les peuples ne veulent rien entendre...Si, tous sont disposés à envoyer des aides à conditions que nos modes de vie soient pleinement maintenus, jalousement gardés et farouchement défendus. A voir les comportements de certains pays ne souhaitant même pas s'engager dans les accords ET ENCORE MOINS LES METTRE EN OEUVRE afin de rester les leaders de la production mondiale...Faire feu de tout bois, tant pis pour le déluge à venir. Hélas, nos responsables scientifiques et notamment nos climatologues sont beaucoup trop timorés et peu disposés à "parler vrai"...Hier encore , sur une chaine des chaines de télé lorsque l'on demande aux spécialistes " que pensez vous du syphon qui vient de frapper les Philipinnes"...Réponse " On n'en pense rien, nous analysons ces phénoménes depuis 50 ans"; ce qui semble trop peu. Mais on doit bien savoir si il y a 100 ans, des zones habitées et forestiéres ont été dévastées aussi gravement ??? Il est temps de dire aux peuples la vérités et arrêtons de jouer les autruches....

bertrand | 12 novembre 2013 à 09h29
 
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Je rejoins Laurent dans le constat que ces grands raouts sont une opportunité de tuer l'industrie européenne (6% des émissions mondiales) et son agriculture directement saisie par... la commission européenne elle-même!
Sans contester les dérèglements occasionnés par l'homme, je suis consterné que l'on puisse croire un seul instant que ces "sommets" ne soient au mieux inutiles, au pire, des instruments politiques de destruction massive. Ce sont en tous cas de chouettes réunions qui permettent à quelques ultra bobos de voyager (je ne cite pas de noms car on les connaît tous) et d'obtenir des effets médiatiques en tant que sauveurs de la planète, sans proposer d'autres solutions que de rallier leur église.
Quelle foutaise!

Albatros | 12 novembre 2013 à 14h18
 
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Bien sûr il n'y a malheureusement aucun prétexte climatique, seulement un changement qui risque de décimer une bonne partie de l'humanité ; cf aux Philipinnes.
Je ne suis pas persuadé de l'intérêt de ces Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc). On peut cependant les justifier : pour appliquer les décisions forcément douloureuses qui devront y être prises, chaque pays devra instituer une taxe carbone ou quelque chose de semblable, croissante suivant une trajectoire clairement définie.
Prendre une telle décision est quasi impossible pour un politique qui n'y est pas obligé par une décision supranationale et qui désire rester au pouvoir : ce serait se tirer une balle dans le pied !
Comme il faut bien arriver à décider de réduction de consommation de combustibles fossiles, il faut des conférences internationales.
Mais le temps presse : l'ampleur du changement climatique dépendra de la quantité totale de GES dans l'atmosphère.

FH | 12 novembre 2013 à 17h44
 
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Oui, il faut sans doute des conférences internationales mais il ne faut pas y envoyer des oies blanches ou des naïfs (comme les gens de la DG CLIMA)qui sont incapables de comprendre toutes les dimensions des enjeux et des intérêts des parties prenantes pour aller bêler que l'UE "montre l'exemple" alors qu'elle est la seule entité à casser son industrie au prétexte de la "vertu" environnementale. Les chinois et les US, bien moins cons, se contentent de présenter une baisse de l'intensité carbone de leur PIB. L'UE décide une baisse absolue. Résultat: accélération du déplacement de la production hors d'UE (quelques chômeurs, eh oui, on peut pas tous "bosser" comme fonctionnaires à l'ADEME ou autre vertueuse institution...) et augmentation nette des émissions de GES, sous les applaudissements des écolos. Bravo!

Albatros | 12 novembre 2013 à 23h25
 
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