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Les pays s'engagent à intensifier leurs efforts pour stopper l'érosion de la biodiversité

Plus de 190 pays sont réunis à Cancún au Mexique pour la conférence de l'ONU sur la biodiversité. Alors que les signaux sont toujours au rouge, les pays réaffirment leur engagement à stopper l'érosion de la biodiversité en 2020.

Biodiversité  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
Les pays s'engagent à intensifier leurs efforts pour stopper l'érosion de la biodiversité

Après Pyeongchang en Corée du Sud, en octobre 2014, la treizième conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP 13) se tient du 2 au 17 décembre 2016 à Cancún au Mexique. L'objectif de cette rencontre internationale est de dresser un bilan à mi-parcours des objectifs d'Aichi 2020, fixés en 2010 à Nagoya au Japon, pour la protection de la biodiversité.

Pour rappel, la conférence de Nagoya a abouti à l'adoption d'un plan stratégique pour la diversité biologique pour la période 2011-2020. Vingt objectifs ont été fixés d'ici 2020 visant à réduire les pressions directes et indirectes sur la biodiversité, accroître les zones protégées, favoriser l'accès et partage des avantages des ressources génétiques (protocole de Nagoya) ou encore mettre en valeur les bénéfices fournis par les services écosystémiques. Pour y parvenir, le plan invitait les parties à développer des stratégies de biodiversité et des plans d'actions nationaux "efficaces" d'ici 2015. La France s'était dotée de sa stratégie en 2011.

Des objectifs encore loin d'être atteints

Or, "les 2/3 des objectifs d'Aichi pour la biodiversité risquent de ne pas être atteints", prévient le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, l'organisateur de la COP. "A ce jour, seuls 5% des pays sont en voie d'atteindre ces objectifs. Cela ne s'est pas traduit par des niveaux d'ambition et d'engagement nationaux suffisants", déplore Deon Nel, directeur des programmes de conservation à l'ONG WWF International. Les 190 pays membres de l'ONU, réunis à la COP, sont donc appelés à accroître leurs efforts.

En octobre 2014, le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) dressait pourtant un premier bilan optimiste. Il notait des progrès réalisés dans l'élaboration des plans d'actions, l'augmentation des zones terrestres et marines protégées tandis que la ratification du protocole de Nagoya pour lutter contre la biopiraterie s'accélérait. A ce jour, le protocole de Nagoya, en vigueur depuis 2014, a été ratifié par 90 pays, dont la France depuis septembre 2016.

Les pays s'engagent dans la déclaration de Cancún

Lors de cette COP, certaines des problématiques "parmi les plus urgentes pour la conservation et l'usage durable de la biodiversité" seront abordées, précise le Secrétariat de la Convention. A l'instar du protocole de Nagoya ainsi que du protocole de Carthagène sur la sécurité des biotechnologies. Les mesures ont été examinées le 5 décembre par les gouvernements pour continuer à appliquer ces protocoles, "en se concentrant sur la manière de promouvoir la capacité à les créer, améliorer et mettre en place à l'échelle nationale". La secrétaire d'Etat à la biodiversité Barbara Pompili a encouragé Rafael Pacchiano, président de la COP 13, "à décrocher le maximum de ratifications de pays" au protocole de Nagoya. En vigueur depuis 2003, le protocole de Carthagène est quant à lui ratifié aujourd'hui par 170 pays.

Ce mardi 6 décembre, la lutte contre les espèces exotiques envahissantes et le déclin des pollinisateurs, pointé par le Giec de la biodiversité (IPBES), étaient également à l'ordre du jour. L'Allemagne, l'Espagne, la France et les Pays-Bas font partie des signataires de la coalition internationale en faveur des pollinisateurs, lancée à cette COP 13.

Les gouvernements ont également adopté le 3 décembre la déclaration de Cancún sur l'intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles (tourisme, agriculture, pêche, foresterie,...). Ils s'y engagent "à intensifier [leurs] efforts pour assurer l'application effective (…) des objectifs d'Aichi pour la biodiversité, ainsi que des protocoles de Carthagène et de Nagoya". Et à "œuvrer à tous les niveaux au sein de [leurs] gouvernements et dans tous les secteurs, à intégrer la biodiversité en créant des cadres institutionnels législatifs et réglementaires efficaces adaptés aux besoins et aux situations nationaux". La France a renforcé son cadre réglementaire en publiant en août dernier la loi sur la biodiversité.

Les efforts pour identifier des aires marines écologiquement ou biologiquement significatives en haute mer seront également présentés à Cancún. Les gouvernements s'engagent aussi à renforcer leurs actions visant à réduire la pollution marine, y compris le bruit et les matières plastiques.

La biologie de synthèse sera également abordée. "Il y a plusieurs cas où les composants, organismes et produits de la biologie de synthèse comme la bio-énergie, l'agriculture et la production de produits chimiques et pharmaceutiques peuvent intéragir avec la biodiversité pour des impacts aussi bien positifs que négatifs à différentes échelles, notamment aux niveaux génétiques, spécifiques et des écosystèmes", a indiqué le Secrétariat de la Convention.

Concrétiser le doublement du financement

Les pays doivent également débattre de l'adoption d'un plan d'actions et de la mobilisation de ressources pour la restauration des écosystèmes. A Cancún, les Etats "devront démontrer qu'ils tiendront leurs promesses de réorientation des subventions néfastes à l'environnement et du doublement du financement international dédié à la protection de la biodiversité, un objectif qui aurait dû être atteint l'an dernier", rappelle l'ONG le WWF. Ce doublement des ressources d'ici à 2015, en direction des pays en développement, a été annoncé en 2012 lors de la COP 11 d'Hyderabad (Inde).

Dans la déclaration de Cancún, les gouvernements assurent qu'ils "intensifier[ont] les efforts de mobilisation de ressources de toutes les sources". Ils prévoient d'encourager les organisations telles que le Fonds pour l'environnement mondial, les banques de développement et les institutions financières et de coopération "à appuyer la cohérence de la politique publique dans les programmes, le renforcement des capacités, la gestion des connaissances et les mécanismes de mise en œuvre, en particulier dans les pays en développement".

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