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Pacte de Paris sur l'eau : "l'adaptation doit passer par une gestion par bassin"

290 signataires se sont engagés à respecter le Pacte de Paris sur l'eau, présenté lors de la journée consacrée à la résilience et l'eau, mercredi 2 décembre, au Bourget. 02 décembre 2015

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"Le pacte de Paris pour l'eau est le premier engagement concret de la COP 21", a assuré Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, lors de sa signature du document au côté de celle du ministre de l'Environnement du Pérou, mercredi 2 décembre. "J'appelle tous les acteurs de l'eau à le rejoindre", a-t-elle poursuivi.

Ce pacte incite à la mise en place de différentes mesures pour permettre l'adaptation au changement climatique dans les bassins. "C'est au niveau des bassins versants locaux, nationaux ou transfrontaliers qu'il faut mettre en place les mesures d'adaptation", a souligné Jean-François Donzier, directeur général de l'Office international de l'eau.

Le document propose ainsi d'évaluer à cette échelle les impacts du changement climatique et d'identifier les vulnérabilités pour ensuite élaborer des stratégies d'adaptation ainsi que des plans de gestion de bassin. Il préconise une utilisation plus économe et durable des ressources en eau, et d'améliorer les services rendus par les écosystèmes à travers notamment la protection et la restauration des zones humides et des côtes ou la reforestation.

Approfondir les connaissances

Le document invite également à approfondir les connaissances. "Il va falloir mettre en place des systèmes de monitoring permettant de suivre les évolutions dans un contexte de plus grande incertitude que par le passé, précise le directeur général de l'Office international de l'eau (Riob). Avant les hydrauliciens calculaient les probabilités de retour d'une crue ou d'une sécheresse en fonction des séries chronologiques passées, cela ne va plus pouvoir être possible".

Il vise un renforcement de la gouvernance et l'implication des différents gestionnaires de bassin : l'Etat, les municipalités, les administrations locales, les entreprises, la société civile, etc.

Enfin, la mise en place de ces mesures nécessitera l'élaboration de mécanismes de financement. "Nous pouvons prélever des taxes sur le foncier imperméabilisé, mettre en place des systèmes de redevances comme le fait la France sur les prélèvements et les rejets, instaurer une rémunération des services rendus par les écosystèmes notamment de ceux qui en assurent la gestion, décline Jean-François Donzier. La progression est toujours possible mais aujourd'hui, nous ne pouvons pas dire que nous ne pouvons pas avancer car nous ne savons pas faire".

290 signataires du pacte

A ce jour, 290 signataires se sont engagés à respecter les quatre objectifs de la Charte de Paris. Ce chiffre devrait toutefois évoluer : l'adhésion reste ouverte même après la COP 21.

Dans la liste figurent des organisations multilatérales et internationales, des commissions internationales et autorités de bassins transfrontaliers, des réseaux d'organismes de bassin du Riob ainsi que des ministères de différents Etats et des agences gouvernementales.

"Si nous considérons que les pays membres d'une commission internationale ou autorité sont implicitement d'accord pour la signature du pacte, nous atteignons alors plus de 80 pays qui d'une façon directe ou indirecte ont signé le pacte"

Les pays les plus représentés aujourd'hui parmi les signataires ? La France, le Brésil, le Canada (Québec) et la Roumanie. Certains dont les enjeux géopolitiques sur la question de l'eau s'avèrent forts, comme la Chine, la Turquie ou encore l'Egypte, manquent toutefois pour l'instant à l'appel.

Si ce document n'est pas contraignant, un suivi des actions entreprises par les signataires est néanmoins prévu à travers la fourniture de rapports.

Un dialogue nécessaire

Un des enjeux du Pacte et de la question de la gestion par bassin s'avère notamment le dialogue entre les acteurs ainsi que le partage de la ressource. "Le changement climatique va augmenter les phénomènes extrêmes, les conflits vont se renforcer entre les différents usagers et utilisateurs de bassin donc il est important d'agir vite", a souligné Jean-François Donzier, lors de la présentation du pacte.

"Les accords transnationaux sont difficiles à obtenir. Or, dans un contexte de changement climatique, ils sont indispensables", a constaté quant à lui Junaid K Ahmad, directeur du groupe de travail sur l'eau pour la Banque mondiale.

La question économique compte également. "Si nous n'agissons pas maintenant, nous observerons une réduction de 5 à 10% de la croissance du PIB pour des pays comme la Chine, l'Inde ou l'Afrique du Nord, a noté Junaid K Ahmad. Il faut établir des politiques publiques sur l'eau".

Vers une intégration de l'eau parmi les priorités de la COP ?

Cette intégration des questions liées à l'eau à travers leur inscription à l'agenda du programme officiel de l'événement s'avère une première dans l'histoire des COP. "L'irruption bienvenue du monde de l'eau signifie que nos collègues, qui négocient à coté, n'ont pas encore réussi à limiter le réchauffement, a considéré Brice Lalonde, conseiller spécial pour le développement durable auprès de l'ONU et porte-parole du Partenariat français pour l'eau pour la COP 21. Ce qui est remarquable dans ce secteur, c'est que vous négociez non pas par pays mais de façon plus efficace par objectifs : la question de l'eau devient globale".

Certains souhaitent toutefois aller plus loin et remonter le sujet de l'eau dans les priorités en l'introduisant au cœur des négociations des prochaines COP. "En temps que pays organisateur de la prochaine COP, nous donnerons un nouvel élan, nous organiserons en amont un événement sur le climat et l'eau pour que ce sujet soit une des priorités lors de la COP 22", a répondu Charafat Afailal, ministre marocain déléguée aux problématiques eau.

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