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COP 21 : les ONG regrettent que la sécurité alimentaire soit affaiblie dans l'accord

11 décembre 2015
Spécial COP - Retrouvez les moments forts de la conférence Retrouvez les moments forts de
 la conférence climat de Paris le Bourget

Le 10 décembre, les négociateurs de la Conférence Paris Climat (COP 21) ont supprimé de l'article 2 du projet d'accord la mention de "sécurité alimentaire" mais reconnaissent "la menace" des changements climatiques sur la "production alimentaire".

A noter cependant : le projet d'accord précédent prenait en compte la sécurité alimentaire dans le cadre du scénario le plus ambitieux, c'est-à-dire une limitation de la hausse de la température moyenne à 1,5°C d'ici la fin du siècle.

Les ONG CCFD-Terre Solidaire et Action contre la Faim ont déploré ce recul. "En mentionnant uniquement la production alimentaire, les pays affirment en réalité le besoin d'accroître la production agricole et se dédouanent ainsi de l'obligation de changer de modèle agricole", a dénoncé Maureen Jorand de la CCFD-Terre Solidaire.

Pour Bertrand Noiret d'Action contre la Faim : cela relève du "produire plus à tout prix", de "l'agro-business, responsable en grande partie des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur agricole". "Ce qui doit nous guider c'est le produire mieux, il faut prendre en compte l'accès, la qualité et la durabilité de l'alimentation", poursuit Mme Jorand.

Or, plus de 60% des contributions nationales (INDC) pour la COP 21 contiennent des références à la sécurité alimentaire, rappellent les ONG. Moins de 20% des INDC inclueraient la mention de production alimentaire.

La sécurité alimentaire figure néanmoins dans le préambule du projet d'accord qui précise que les Etats parties "reconnaissent la priorité fondamentale de sauvegarder la sécurité alimentaire, d'éliminer la faim". Ils reconnaissent également "la vulnérabilité particulière des systèmes de production alimentaire aux effets néfastes du changement climatique".

"Sans garanties de protection des droits humains, dont le droit à l'alimentation, ce sont les plus vulnérables qui pâtiront non seulement des effets des dérèglements climatiques mais aussi des actions entreprises pour soi-disant lutter contre", craignent les associations.

La représentante de CCFD-Terre Solidaire s'inquiète également du concept de neutralité des émissions figurant dans le projet d'accord qui, selon elle, "comporte également le risque de réduire les terres à des puits de carbone destinés à compenser les émissions". Cette notion "pourrait se traduire par des accaparements massifs de terres afin de stocker du carbone au Sud pour émettre toujours plus au Nord", a-t-elle prévenu.

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