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COP 25 : le Réseau action climat appelle à un positionnement fort de la France

En amont de la COP 25, le Réseau action climat appelle l'Union européenne, et plus particulièrement la France, à revoir ses ambitions. Parmi ses souhaits : de nouvelles règles pour les marchés carbone et une équité avec les pays en développement.

Gouvernance  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
COP 25 : le Réseau action climat appelle à un positionnement fort de la France

« La France doit être militante pour obliger les États membres à proposer des engagements rehaussés d'ici mars 2020 », s'est positionné Clément Sénéchal, chargé de campagne Climat à Greenpeace France lors d'une conférence de presse du Réseau action climat (RAC) en amont de la 25e conférence des parties (COP). Les associations membres du RAC ont dressé un panorama des enjeux et de leurs aspirations pour ce nouveau rendez-vous, afin de limiter la hausse des températures.

Prévue initialement au Brésil, puis au Chili, la COP 25 se déroulera finalement, sous présidence chilienne mais à Madrid en Espagne, du 2 au 13 décembre prochain.

Pour les associations, plusieurs indicateurs les incitent à la vigilance : tout d'abord, les engagements du Sommet pour le climat à New York en septembre 2019 ne se sont pas avérés à la hauteur des enjeux. L'écart est conséquent. Un rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement montre que désormais la baisse des émissions mondiales à réaliser pour limiter la hausse à 1,5°C doit atteindre 7,6 % par an entre 2020 et 2030. « Il y a eu des défections parmi les gros émetteurs : le Japon ne joue plus le jeu, les États-Unis se retirent, l'Australie et le Brésil sont dirigés par des climatosceptiques, la Russie n'a pas de feuille de route », a ajouté Clément Sénéchal.

Quelles décisions pour le Green deal ?

Au niveau européen, le paysage se redessine. La nouvelle Commission pour 2019-2024 a présenté, dans ses orientations politiques, l'élaboration du Green deal pour une Europe climatiquement neutre d'ici 2050. Reste à voir les directions qui seront prises lors du sommet européen des 12 et 13 décembre. Les associations souhaiteraient qu'un nouvel objectif climatique européen pour 2030, d'une réduction de 65 % d'émissions de gaz à effet de serre, au lieu de l'objectif actuel de 40 %, soit acté, tout en instaurant une solidarité financière européenne sur le climat.

« Cette décennie est fondamentale, a souligné Pierre Cannet, responsable des Programmes Climat, Énergie et Villes durables du WWF France. Or il y a un risque que les pays se concentrent sur le long terme et ne s'inscrivent pas dans la suite de l'Accord de Paris ».

Lors du Sommet pour le climat, Sebastián Piñera, le président du Chili, avait annoncé la création de l'Alliance pour l'ambition climatique : cette initiative regroupe deux niveaux d'ambition : d'une part les parties qui ont indiqué leur intention de présenter des plans climatiques nationaux (CDN) renforcées pour 2030 et d'autre part, celles dont l'Union européenne qui souhaitent œuvrer pour atteindre un niveau zéro d'émission nette de gaz à effet de serre d'ici 2050. « Soixante-huit pays se sont d'ores et déjà engagés à revoir à la hausse leur contribution national pour 2030, avant la fin de l'année 2020 selon WRI 2020 NDC Tracker, a noté Lucile Dufour, responsable négociations internationales et développement pour le Réseau Action Climat. Mais ces pays sont en très grande majorité des pays insulaires ou en développement, qui représentent 8% des émissions de gaz à effet de serre ».

Accompagner les populations victimes du réchauffement

Les associations appellent de leurs vœux des soutiens financiers bien plus importants pour faire face aux «pertes et dommages», conséquences du changement climatique qui n'ont pas pu être évitées et auxquelles les populations ne peuvent pas s'adapter, comme par exemple l'augmentation du niveau des mers. Le RAC propose de recourir à des financements qui reposeraient sur des taxes : par exemple sur les émissions des secteurs aériens et maritimes, sur les transactions financières, sur les extractions d'énergies fossiles. Autre piste proposée : une aide par un gel du paiement de la dette dans les pays du Sud qui ont subi un événement climatique majeur.

« Les populations les plus pauvres paient le plus lourd tribut, a constaté Armelle Le Comte, responsable de plaidoyer Climat et Énergie d'Oxfam France. La France et l'Union européenne doivent reconnaître les besoins spécifiques des pays en développement : Il y a un risque de blocage à la COP 26 s'il ne se passe rien à la COP 25».

Une équité entre pays développé et en développement

Autre demande des associations : garantir une équité entre pays développés et pays en développement. « Il faut accompagner les pays dépendant du charbon par rapport, notamment, à l'emploi avec une solidarité au niveau européen », a considéré Armelle Le Comte.

Le Fonds vert sur le climat a reçu de nouvelles promesses financières, à hauteur de 9,78 milliards de dollars pour la période 2020-2023. Mais certains pays ont promis des contributions en dessous des attentes, comme le Japon, le Canada, la Suisse ou l'Autriche, selon les associations.

 
Il faut accompagner les pays dépendant du charbon par rapport, notamment, à l'emploi avec une solidarité au niveau européen.  
Armelle Le Comte
 
Au niveau européen, une discussion est en cours sur une classification « taxonomie » des activités économiques durable, qui bénéficieraient d'une orientation privilégiée de flux de capitaux. « Les négociations sur la taxonomie verte sont prises en otage par la France qui souhaite pousser le nucléaire », a regretté Pierre Cannet, responsable des Programmes Climat, Énergie et Villes durables du WWF France.

Établir de nouvelles règles pour le marché carbone

Pour le RAC, un des autres enjeux de cette COP est l'encadrement du marché carbone. Les associations alertent sur la nécessité d'exclure des échanges les réductions d'émissions effectuées avant 2020 et encore échangeables dans les marchés du Protocole de Kyoto. « Il faut des garde-fous sociaux et environnementaux, a également pointé Sara Lickel, chargée de plaidoyer droit à l'alimentation, Secours catholique Caritas-France. Une obligation de consultation de la population, un mécanisme de plainte indépendant, éviter que les réductions ne soient comptabilisées deux fois, etc. ».

Enfin, le RAC attire l'attention sur le risque lié à promotion des solutions qui compensent les émissions en séquestrant le carbone dans les sols. « C'est un leurre car le phénomène est réversible, a souligné Manon Castagné, chargée de plaidoyer Souveraineté alimentaire & Climat CCFD-Terre Solidaire. Il y a également un risque d'accaparement des terres notamment si elles intègrent le marché carbone. Il faut que cela soit considéré comme un co-bénéfice ».

L'association souhaite que le secteur de l'agro-industrie réduise ses émissions de gaz à effet de serre et que soit encouragé l'agroforesterie.

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