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La pollution de l'air diminuerait la résistance au coronavirus et faciliterait sa propagation

La pollution atmosphérique des grandes villes engendre des maladies qui induiraient une plus grande fragilité au coronavirus, et les particules fines pourraient aussi faciliter la diffusion de la maladie.

Gouvernance  |    |  Rémi Pin Actu-Environnement.com
La pollution de l'air diminuerait la résistance au coronavirus et faciliterait sa propagation

La pollution de l'air provoque chaque année 67 000 décès prématurés en France, selon une étude de 2019 de la Société européenne de cardiologie. Mais si l'on ajoute le facteur Covid-19 qui sévit actuellement sur le territoire, ce bilan pourrait fortement s'alourdir.

Coronavirus : une menace plus forte dans les grandes villes

L'ONG European Public Health Alliance (EPHA) a lancé, le 16 mars, une alerte dans ce sens. « Les patients souffrant de maladies cardiaques et pulmonaires chroniques causées ou aggravées par une exposition sur le long terme de la pollution de l'air sont moins capables de lutter contre les infections pulmonaires, et plus susceptibles de mourir », alerte Sara De Matteis, professeur en médecine du travail et de l'environnement à l'Université de Cagliari, en Italie. C'est principalement dans les grandes villes que les habitants seraient les plus exposés à ce risque. « Le coronavirus est une plus grande menace dans les villes polluées, précise l'ONG. La pollution de l'air cause de l'hypertension, des diabètes, des maladies respiratoires. Des maladies que les médecins associent à des taux de mortalité plus élevés pour le Covid-19. »

La forte corrélation entre la qualité de l'air et les infections par les virus respiratoires n'est pas nouvelle. Une étude sur les victimes d'un autre coronavirus, le SRAS, qui avait sévi en Chine en 2003, précisait déjà que les patients qui vivaient dans des zones polluées avaient 84 % de risque en plus de mourir que dans d'autres régions moins soumises à la pollution atmosphérique.

« Des autoroutes pour les contagions »

 
Les patients souffrant de maladies cardiaques et pulmonaires chroniques causées ou aggravées par une exposition sur le long terme de la pollution de l'air sont moins capables de lutter contre les infections pulmonaires, et plus susceptibles de mourir.  
Sara De Matteis, professeur en médecine du travail et de l'environnement à l'Université de Cagliari
 
Mais l'incidence de la pollution sur la prévalence du coronavirus ne s'arrêterait pas là. Une étude portée par des chercheurs et des médecins de la Société italienne de médecine environnementale, avance l'existence d'une relation entre les taux de particules PM10 et PM2,5, en suspension dans l'air, et le nombre de personnes atteintes du coronavirus. Concrètement, les chercheurs ont mis en relation les pollutions de l'air enregistrées par les agences régionales de la protection environnementale fin février, et le nombre de contaminations. Ils en ont conclu à une corrélation entre les courbes dans le Nord de l'Italie. « Les hautes concentrations de particules enregistrées pendant le mois de février dans la Plaine du Pô ont provoqué une accélération de la diffusion du Covid-19. L'effet est évident dans les provinces où il y a eu les premiers foyers », assure Leonardi Setti de l'Université de Bologne. « Les poussières transportent le virus. Ils agissent comme porteurs. Plus il y en a, plus on crée des autoroutes pour les contagions », poursuit Gianluigi de Gennaro, de l'Université de Bologne.

La relation entre les concentrations de particules atmosphériques et la propagation des virus avait déjà été étudiée avant la crise sanitaire du Covid-19. En 2010, les scientifiques avaient démontré que le virus de la grippe aviaire pouvait se propager sur de longues distances à travers les nuages de poussières asiatiques.

À Paris, la qualité de l'air reste « médiocre »

Face à cette situation, l'EPHA souligne l'urgence de baisser les niveaux de pollution atmosphérique sur le long terme. « Les gouvernements auraient dû s'attaquer à la pollution atmosphérique chronique il y a longtemps. Mais ils ont donné la priorité à l'économie plutôt qu'à la santé en étant indulgents avec l'industrie automobile, regrette Sascha Marschang, secrétaire général d'EPHA. Une fois cette crise terminée, les décideurs devraient accélérer les mesures pour retirer les véhicules sales de nos routes. La science nous dit que des épidémies comme le Covid-19 se produiront avec une fréquence croissante. »

Il est encore trop tôt pour mesurer l'impact du confinement sur la pollution atmosphérique du pays. La France fait d'ailleurs partie des mauvais élèves en la matière. À Paris, la qualité de l'air est restée cette semaine « médiocre » d'après les données d'Airparif. Si le trafic routier a fortement baissé, le manque de vent, l'ammoniac rejeté par les épandages agricoles dans la région, et l'azote des systèmes de chauffage au bois, n'ont pas permis de faire baisser la pollution atmosphérique.

Réactions12 réactions à cet article

 

exactement , et c'est pour cela aussi que les fumeurs sont plus touchés !

laurent | 23 mars 2020 à 09h22
 
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Cette manie de parler de "mauvais élèves" chez les plumitifs est véritablement irritante (comme le SOx de l'air).
Arrêtez de vous prendre pour des professeurs de vie, s'il vous plaît...
Courage et résilience.

Albatros | 23 mars 2020 à 10h28
 
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bonjour, les éoliennes dont certaines brassent 5 km 2 d'air sont-elles susceptibles de favoriser la propagation du covid-19 ?

DUC | 23 mars 2020 à 11h15
 
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Petite erreur en fin d'article, le dioxyde d'azote (et pas l'azote), qui se mêle à l'ammoniac des épandages pour former des particules, vient principalement des véhicules et du chauffage au gaz.
Mais le "chauffage au bois", qui inclut en fait beaucoup de flambées d'agrément, produit de son côté directement des particules (20% de celles relevées par Airparif la semaine dernière malgré un temps assez doux)
En conclusion, si vous souhaitez limiter la contagion en restant chez vous, ne faites pas de feu dans la cheminée !

oli | 23 mars 2020 à 11h23
 
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C'est une évidence, quand on arrive à Sèvres par la 4 voies en hiver et parfois en été dans la hauteur on voit Paris en grisé ça fout la trouille, c'est plus du tout le Paris que j'ai connu dans les années 50, une ville propre lumineuse.
Mais quand on voit aux feux, il y en à tellement sans doute un par habitant, ces fichues bagnoles qui fument tellement noir au démarrage qu'en province on les appelle les poulpes, on comprend tout.
Mais c'est pas bien mieux en hiver au Mans par beau temps que le vent passe à l'est et apporte les remugles parisiennes on frémit!
C'est le hasard que manquant d'argent je suis parti vivre 30 km au sud à près de 200m d'altitude, au dessus de la pollution, et ben j'en suis content.
Je serais Parisien je voterais pour le maire qui divise les feux rouges par 10 no 1 de la pollution.

pemmore | 23 mars 2020 à 13h01
 
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Ce constat paraît bien évident, de tout logique même!

gaïa94 | 23 mars 2020 à 13h04
 
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bonjour
je crois qu'il est temps de retirer l'ensemble des produits pétroliers de nos tractions les remplacer par la piles à combustible fonctionnant à l'hydrogène et aussi au GNV . Remettre en service des haltes TER la ou on les a supprimer et remettre en service les lignes SNCF secondaires avec des trains à hydrogène .Les transports de marchandises doivent retrouver + fortement les rails et sortir de la route.Beaucoup de solutionS de bon sens et ne plus accepter les lobbys des multinationales.

claude | 23 mars 2020 à 17h17
 
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Auprès de nos dirigeants et de bon nombre de nos concitoyens, la priorité n°1 est la finance. Tout est bon pour qu'elle prospère, même au détriment de secteurs d'activité réels et vitaux. Avec la pandémie virale actuelle, les effets désastreux du changement climatique et l'effondrement de la biodiversité arrive la facture de cette insoutenable légèreté de l'être de l'Homo economicus.
Il est plus que temps de tirer tous les enseignements de ce qui se passe et qui est inéluctable car parfaitement prévisible. Pas via des déclarations ou pacte incantatoires mais par des actes législatifs internationaux contraignants.

Pégase | 23 mars 2020 à 22h09
 
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@ claude : vous avez raison.
Prenez le GPL :
- s'il y avait beaucoup de stations services à la fin des années 90, elles sont presque toutes fermées aujourd'hui et nombre de celles qui ne le sont pas sont assez mal gérées,
- de même, il n'y a presque plus d'installateurs agréés GPL pour effectuer l'entretien très spécifique : ceux qui restent sont en situation de monopôle et en abusent franchement.
Bilan : cette technologie mature depuis les années 90 et moins polluante que le gasoil, utilisant en grande partie des déchets gazeux sinon brûlés en torchères de raffineries, critères ce qui devrait la rendre prioritaire aux yeux des pouvoirs publics, est en train de disparaître. La priorité est désormais à l'électricité, dont on sait qu'il s'agit d'une technologie encore onéreuse, très polluante à la fabrication et au recyclage (batteries) et franchement douteuse au plan de l'écologie si le plein est fait avec une production nucléaire ou charbon.
Et les Shadoks pompaient, pompaient...

Pégase | 24 mars 2020 à 09h33
 
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Certains contributeurs sont réjouis et ça me fait plaisir pour eux : La catastrophe qu'il espère est enfin là... J'espère simplement qu'ils ont tort, comme d'habitude (mais je ne suis pas un méchant affidé des vilains lobbies).
M'enfin, s'il était possible d'éviter tous ces amalgames et de jouer les Philippulus prophètes d'Apocalypse à la Saint Jean Jouzel...
Allez, courage et résilience !

Albatros | 24 mars 2020 à 11h01
 
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claude et Pégase , vous avez parfaitement raison, mais vous verrez que dès que le coronavirus va s'éloigner , au lieu de mettre à profit cet épisode catastrophique pour réfléchir et initier d'autres modes de société, de consommation, de déplacements, le système économique capitalo-libéral va appuyer sur l'accélérateur pour rattraper le temps perdu. Et on va retomber dans les mêmes problèmes , en pire. Car cette fois, il faudra en plus banquer pour remettre à flots tout le système et lui permettre de repartir comme si de rien n'était ... jusqu'à la prochaine crise , qui risque celle là, d'être fatale à bon nombre d'habitants de la planète (habitants = êtres humains, faune et flore). Je pense que c'est sans espoir.

gaïa94 | 24 mars 2020 à 12h06
 
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C'est sûr Albatros, quand on est mort on est résilient! On a vraiment su prendre un nouveau départ.

gaïa94 | 24 mars 2020 à 16h04
 
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