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Forte poussée des cosmétiques bio : bien mais…

Les cosmétiques bio ou naturels ont envahi les étals des magasins. Protection de l'environnement ou de la santé… les professionnels du secteur rivalisent d'arguments pour venter les mérites de leurs produits « verts ». Réalité ou marketing sauvage ?

Risques  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Les industriels du secteur l'ont bien compris. Les cosmétiques bio ont de beaux jours devant eux. Si les produits de beauté « naturels » ne représentaient qu'1 % du marché en 2005, les professionnels tablent sur une progression de l'ordre de 20 à 40 % par an pour les années à venir. Si le secteur a pesé 5,9 milliards d'euros de chiffres d'affaire en 2007, il devrait atteindre 6,7 milliards d'ici 2010. La France se situe en tête de peloton, puisque c'est là qu'ont lieu le plus grand nombre de lancements. 270 nouvelles références sont apparues sur le marché en 2006, plus de 350 en 2007… Les produits promettant bien-être, protection de la santé et de l'environnement fleurissent donc sur les étals des magasins.
De nouvelles marques « bio » apparaissent chaque année concurrencées par les gammes « nature » développées par les grandes enseignes de la distribution. Même les marques conventionnelles s'y mettent, développant de nouveaux produits ou reformulant les grands classiques.
Cet essor apparaît fulgurant quand il y a seulement quelques mois, les produits naturels n'étaient l'apanage que de quelques boutiques spécialisées…

Des consommateurs avertis

La forte poussée des cosmétiques bio n'est pas anodine. De nombreuses campagnes dénoncent depuis quelques années la dangerosité de certaines substances utilisées pour la fabrication de ces produits. Phthalates, triclosans, parabènes et autres substances chimiques ont été pointées du doigt par les associations de protection de l'environnement et des consommateurs.
Le guide Cosmetox de Greenpeace, la campagne Detox de WWF ou les nombreuses enquêtes-tests de 60 millions de consommateurs ont alertés le grand public sur les méfaits pour la santé de certaines substances. Dernière alerte en date : la mobilisation de scientifiques, médecins, chimistes, cancérologues partis en guerre contre des cosmétiques pour bébés distribués via des trousses de naissance offertes dans les maternités. Un véritable « cocktail toxique » dénoncé par les experts. Si l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé a immédiatement réagi en rappelant la réglementation encadrant les produits cosmétiques, les associations demandent un durcissement de cette réglementation. Certains conservateurs, colorants ou filtres artificiels sont encore autorisés aujourd'hui alors que de forts soupçons pèsent sur leur nocivité. La réglementation européenne REACH, visant à transférer la responsabilité d'évaluer et de gérer les risques posés par les produits chimiques à l'industrie, devrait permettre d'accroître la connaissance quant à ces substances et leurs propriétés. Entré en vigueur le 1er juin 2007, le règlement devrait à terme permettre de verdir l'industrie chimique.
En attendant, alerté par les nombreuses mises en garde des associations, le consommateur lit de plus en plus attentivement les étiquettes. Conservateurs et autres produits de synthèse sont désormais traqués par les clients les plus avertis. Résultat : la part de marché des cosmétiques naturels et bio grimpe en flèche. Mais le flou réglementaire entourant ce type de produits renseigne peu sur l'innocuité de ces nouveaux cosmétiques « verts ».

Labels : une garantie a minima

Comment s'y retrouver en effet dans cette jungle d'affirmations ventant la « vertitude » de ces nouveaux cosmétiques ?! En France, la réglementation du bio ne concerne que la fabrication des produits alimentaires. Dans la cosmétique, l'utilisation de la mention bio ou naturel ne fait pas forcément référence à l'agriculture biologique.
Pour aider le consommateur à y voir plus clair, un certain nombre de labels a vu le jour ces dernières années. Cosmebio, Nature et Progrès, BDIH… se posent comme une garantie pour le consommateur. Les produits labellisés par ces organismes doivent répondre à un cahier des charges strict définissant le pourcentage de produits d'origine naturelle, interdisant certains produits de synthèse…. Si le label Nature et Progrès compte parmi les plus exigeants, le pourcentage de produits d'origine naturelle varie d'un label à l'autre.
Par exemple, l'organisme de contrôle et de certification Ecocert délivre le label Cosmétique écologique et biologique. Pour l'obtenir, un produit doit, entre autres, contenir au moins 95 % de composants bio sur le total des matières premières végétales utilisées et 10 % minimum de bio sur la totalité du produit. On est donc encore très loin du 100 % bio ! Il est difficile en effet de présumer de la qualité écologique des autres ingrédients, ni même des méthodes de transformation utilisées. Le pourcentage réel de produits biologiques dans ces produits certifiés engage d'ailleurs de nombreux débats.
Critiquables et non moins critiqués, ces labels permettent néanmoins aujourd'hui de s'assurer sur l'achat d'un cosmétique le plus naturel possible, sans molécules suspectes (parfum, colorant, conservateur artificiels). Reste que le décryptage ardu de l'étiquette reste la meilleure des garanties. A vos loupes !

Réactions4 réactions à cet article

 
Comment faire?

J'ai ouvert un magasin de produits cosmétiques bio en mars 2007, je laisse dans le rayon les listes inci des ingrédients, je travaille avec des marques françaises, des "vieux", qui ont fait leur preuve, Ballot-Flurin, Jacques Paltz..., chaque fois, que les clients le souhaitent nous apellons le labo...
quoi faire d'autre?
Ghislaine Sehim-Foulon

felixl | 16 octobre 2008 à 12h42
 
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Re:Comment faire?

Je suis d'accord avec vous. A part informer le consommateur de la composition des produits, je ne vois pas ce qu'on peut faire de plus.

Mais l'information n'a aucune utilité si le consommateur n'a pas une culture de base en cosmétologie, et l'acquisition de cette culture est de sa responsabilité et de sa volonté.

Aussi, j'ai de gros doutes sur la conclusion de l'article qui dit que la solution est de décrypter les étiquettes.

Combien de personnes sont réellement capables de décrypter l'étiquette d'un produit cosmétique?

Combien de personnes savent ce qu'est le borax, l'acide stéarique, l'alcool cétylique, le sodium laureth sulfate, le polysorbate, etc...? Combien de personnes connaissent la dénomination latine (ou anglaise des ingrédients)?

Enna | 17 octobre 2008 à 09h37
 
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Produit 100% bio est ce la solution ?

Avec le développement des produits bio, il est vrai que les démarche opportunistes se multiplient et qu'il faut être vigilant , mais je pense qu'il ne faut pas se tromper de combat.

Les produits cosmétiques sont souvent composés pour une tres large part d'eau qui n'est pas comptabilisée dans les ingrédients bio.
Un produit cosmétique bio qui s'approche de 100% veut dire que la marque a recours à de l'eau florale (en substitution de l'eau) qui elle peut etre certifiée. L'eau florale n'est pas mal en soit si elle s'inscrit dans la logique du produit et apporte quelque chose.
Je trouve que cela devient problématique quand l'objectif est juste d'augmenter artificiellement le % de produits bio affiché.
Le recours à l'eau florale dégrade l'empreinte carbone du produit (recours à un ingrédient transformé et transporté des distances pouvant etre significatives) et donc d'une certaine manière trompe le consommateur.

De même, il n'est pas exact de dire que l'on ne sait rien des autres composantes des produits bio. Les autres composantes d'un produit cosmétique certifié bio sont soumis à un cahier des charges qui encadre strictement les compositions et les conditions de production pour limiter l'impact environnemental(émission de CO2, polluants, non dérivé de pétrochimie ...). Ne pas en rendre en compte et laisser penser que rien n'est cadré me parait un peu limite car finalement on passe à coté des problèmes posés par le développement du bio.

Une des question sur les cosmétiques bio n'est pas de viser un produit 100% bio qui au final pourrait etre trompeur mais de distinguer les démarches opportunistes (cf le recours à l'eau florale hors d'une vraie logique) des démarches plus sincères (par exemple : tendre systèmatiquement vers des ingrédients bio certifiés quand cela est possible en restant cohérent et sans soucis de communication). Je sais que ce n'est pas facile ...

Daniel | 17 octobre 2008 à 11h24
 
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La solution pour éviter les opportuniste dans la cosmétique bio serait d'avoir des labels plus contraignant sur le taux de produits issues de l'agriculture biologique et une liste restrictive comme pour les huiles, interdire ou limiter l'utilisation des huiles estérifiées ou ne comptabiliser que la part bio des eaux florales ...

kalou | 05 janvier 2011 à 10h43
 
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