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La coumarine, courante dans les produits d'hygiène, se révèle être un perturbateur endocrinien

Risques  |    |  Albane CantoActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°378 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°378
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Une étude franco-allemande identifie un nouveau perturbateur endocrinien : la coumarine 47. La famille des coumarines est couramment utilisée dans les produits d'hygiène et dans l'industrie pour ses propriétés de neutralisant d'odeurs, à une concentration supérieure à 1%.

Ce composé provient d'un prélèvement d'eau dans une rivière allemande, la rivière Holtemme, à environ 1 km en aval d'une station d'épuration, connue pour être un "hotspot" de contaminants chimiques, note l'étude, publiée dans Environmental Science & Technology. L'objectif était d'identifier les composés dotés d'une activité anti-androgénique grâce à l'analyse dirigée des effets (effect-directed analysis, EDA).

Pour cela, l'échantillon a été soumis à plusieurs méthodes d'extraction et de fractionnement suivies par une analyse physico-chimique, ce qui a permis d'isoler et d'identifier des molécules. Ces dernières ont ensuite été soumises à un bioessai, mené sur des larves de poisson pour en confirmer l'effet anti-androgénique. C'est ainsi que les chercheurs ont identifié la coumarine 47, détectée à la concentration de 13,7 microgrammes par litres (μg/l) dans l'échantillon d'eau. "C'est la première étude qui relate une haute activité antiandrogénique de ce composé (…) avec un effet 2 fois plus puissant que le composé de référence, le flutamide", note l'étude.

"Cette étude montre que le contrôle de la qualité de l'eau doit évoluer vers des bioessais capables de mesurer les effets de l'ensemble des substances actives sur le système endocrinien", estime Gregory Lemkine, PDG du laboratoire Watchfrog. Actuellement, très peu de perturbateurs endocriniens sont recherchés, et le projet de révision de la directive sur l'eau potable prévoit le suivi de trois molécules seulement.

L'étude a été menée par le Centre de recherches pour l'environnement de Helmholtz (UFZ), le département d'analyse des écosystèmes RWTH et le laboratoire français Watchfrog, dans le cadre du projet Solutions. Ce projet du 7ème programme-cadre vise à évaluer les polluants présents dans le milieu aquatique, mais aussi à en dresser la priorité et des méthodes d'abattement pour réduire les risques pour l'homme et l'environnement. Il rassemble 39 partenaires de 17 pays et doit se terminer en septembre 2018.

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