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Le coût de la décarbonation du système électrique en 2050 vu par France Stratégie

Dans un rapport, France Stratégie estime le coût d'abattement d'un mix électrique décarboné à 370 euros la tonne de CO2 évitée. Ce résultat s'appuie sur le « nouveau nucléaire » et un remplacement du gaz naturel par du biométhane.

Energie  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com
Le coût de la décarbonation du système électrique en 2050 vu par France Stratégie

Combien coûterait à la France la décarbonation totale de son système électrique d'ici à 2050 ? France Stratégie, une institution rattachée au Premier ministre, donne son estimation dans un nouveau rapport publié ce 21 janvier : 370 euros par tonne d'équivalent CO2 (€/tCO2e) « abattue » ou évitée. Ce résultat, le « coût d'abattement » correspond aux surcoûts d'un renouvellement complet du parc électrique dans l'optique de supprimer la totalité des émissions de gaz à effet de serre liées à la production d'électricité (évaluée à 18,6 millions de tCO2e en 2050).

 
La décarbonation totale du système électrique est donc justifiée d'un point de vue socioéconomique  
France Stratégie
 
À titre de comparaison, la valeur de l'action pour le climat (VAC) en 2050, le coût d'abattement global théorisé, en 2019, par la commission Alain-Quinet, avait été évaluée à 775 €/tCO2e. Cette VAC situe le seuil moyen en deçà duquel toutes les actions d'abattement peuvent être entreprises sans chambouler l'économie au regard de l'objectif climatique. Or, France Stratégie affirme aujourd'hui que, concernant la décarbonation du parc électrique, le coût réel de cet abattement sera moitié moins élevé et se révèle donc plus qu'envisageable. « La comparaison du coût d'abattement à la valeur de l'action pour le climat (VAC) établit l'efficacité socioéconomique d'une action, énonce France Stratégie. La décarbonation totale du système électrique est donc justifiée d'un point de vue socioéconomique. »

Remplacer le gaz naturel par du biométhane

Pour arriver à cette conclusion, l'organisme s'est appuyé sur un cadrage assez restreint. Son raisonnement s'est d'abord articulé autour de deux « scénarios » de mix électrique pour 2050, chacun capable d'abattre autant d'émissions carbonées et de satisfaire une même demande. Cette dernière a été fixée à 532 térawattheures (TWh), en respect des propres estimations de la dernière Stratégie nationale bas carbone (SNBC). De plus, dans les deux cas, le système électrique se compose de 30 % d'énergie nucléaire, de 25 % d'énergie éolienne, de 25 % d'énergie solaire photovoltaïque et de 10 % d'énergie hydraulique.

   
Composition du mix électrique du scénario 2050 décarboné de France Stratégie. © France Stratégie
 
   
La différence entre ces deux scénarios, l'un encore partiellement carboné, mais moins onéreux, et l'autre complètement décarboné, mais plus coûteux, réside dans le maintien à son niveau actuel d'une production d'électricité à partir de gaz naturel. Dans le premier, dit scénario « de référence », le gaz naturel occupe 10 % du mix électrique. Dans le second, il est principalement remplacé par du gaz décarboné issue de la méthanisation et de la méthanation.

L'appui du « nouveau nucléaire »

Ensuite, s'agissant du parc nucléaire, l'évaluation de France Stratégie ne comporte que le coût à la centrale du « nouveau nucléaire » et considère le parc historique comme arrêté. Malgré tout, affirme l'institution, « la part retenue de 30 % de nucléaire pourrait être inférieure à celle d'un mix coût-efficace, en termes strictement économiques (hors prise en compte des coûts externes) ». En effet, son rapport ne prend en compte ni le coût de traitement des déchets nucléaires ni le coût éventuel de son impact sur la santé ou l'environnement – trop complexes à évaluer.

Cet « optimum strictement économique du système », que pourrait entraîner une plus grande part d'énergie nucléaire, provient du fait qu'avec les énergies renouvelables, « les coûts dépendent du niveau de déploiement de chaque option », souligne France Stratégie. « Les effets d'apprentissage technologique font que les coûts diminuent avec le déploiement mais, à l'inverse, un déploiement plus poussé implique aussi la mobilisation de potentiels de ressources moins favorables (localisations moins ventées ou moins ensoleillées) et plus coûteux. » Pour renverser cette tendance, « il faudrait un coût du nucléaire 50 % plus élevé et un coût des renouvelables 50 % plus faible pour que le résultat s'inverse, et qu'accroître la part de renouvelable réduise au contraire le coût d'abattement. »

Le coût du système électrique

Quant au coût du système électrique en lui-même, France Stratégie ne suppose pas de hausse drastique de la consommation. Ainsi, ce coût oscille, selon le scénario considéré, entre 45,8 milliards d'euros par an (Mds€/an), dans un mix partiellement carboné, et 52,7 Mds€/an, dans un mix décarboné. Dans son rapport « Futurs énergétiques 2050 », basé notamment sur une hausse de la demande électrique surévaluée à 35 % (contre 30 % selon la SNBC), RTE mesurait le coût du système électrique entre 60 et 80 Mds€/an en 2050.

Fixé à 60 euros le mégawattheure (€/MWh) aujourd'hui, le coût moyen de production estimé par France Stratégie varie entre 86 et 99 €/MWh d'ici à 2050 – contre 90 à 117 €/MWh, en 2060, selon RTE. En admettant une hausse de la demande similaire à celle envisagée par RTE, France Stratégie arrive à un « coût incrémental de long terme » de 130 €/MWh. « Cette hausse significative résulte du caractère croissant de certains coûts : ceux des flexibilités notamment, ou encore ceux de la production à partir des énergies renouvelables, du fait de la raréfaction progressive des sites favorables telles que les zones venteuses ou ensoleillées », explique l'institution dans son rapport.

Réactions4 réactions à cet article

 

Baser un scénario qui inclue le nucléaire en omettant le coût du traitement des déchets ne constitue-t-il un biais méthodologique béant très opportun pour cette filière chancelante ?
Par ailleurs, tout miser sur le seul critère du CO2 ne conduit-il pas une fois encore à des interprétations erronées ? Le boom fin des années 90 des véhicules Diesel, couronné par le scandale du Dieselgate, qui conduit à des émissions records de polluants issu de la combustion du gas-oil, ne servirait donc pas de leçon ?

Pégase | 22 janvier 2022 à 19h38
 
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Question au sieur Bayrou : avec seulement 30 % de nucléaire et 10 % d'hydraulique en 2050 et une consommation similaire à l'actuelle, comme fera-t-il en plein hiver pour assurer l'alimentation des consommateurs, quand l'éolien tombera plusieurs jours d'affilée à 0 (anticyclone) et qu'évidemment le solaire sera aux abonnés absents à 17h le soir ? Alors que ces deux sources intermittentes sont sensées fournir chacune 25 % du mix ?
Qu'il ne réponde pas "flexibilité de la consommation", car cela signifierait "se serrer la ceinture" en l'absence de vent, donc un recul social (et économique) insupportable.

studer | 24 janvier 2022 à 12h20
 
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Pour moi, ce rapport relève de la fiction totale... il ne tient compte d'aucun élément tangible... qui sait ce que 2050 nous réserve ? à l'heure actuelle on est incapable de maîtriser un virus qui met toute notre économie "par terre"... alors pour l'énergie elle ne peut être "qu'apprivoisée" dans le cadre de chaque environnement spécifique et doit être raisonnée par département et non dans une globalité qui annule les spécificités offertes par chaque région : exemple à LA RÉUNION nous avons la mer et le soleil en quantité suffisante et le vent peut agir sur un côté de notre île... mais ce que j'en dit évidemment relève que du bon sens et non de probabilités...

COLLECTIF des CITOYENS pour la PROTECTION de l'env | 25 janvier 2022 à 08h13
 
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Un rapport anti-nucléaire (primaire) de plus, fondé sur des hypothèses invraisemblables, démarche typique des économistes à gages : le parc nucléaire à l'arrêt et le plus fort, un coût moyen de l'électricité à 0,10 €/kWh contre 0,06 €/kWh. Les Gilets Jaunes vont voir leurs rangs grossir de manière démesurée. Allant jusqu'à falsifier le sens des mots : énergie renouvelables "variables" au lieu de dire tout simplement "intermittentes" comme cela es qualifie fort justement, et ça fait une différence sur le plan technique et des coûts. Ce rapport renvoie à un autre rapport de leur cru de novembre 2021, concernant la soutenabilité du nucléaire où ils préconisent un "débat" sur la consommation d'énergie : ils veulent non seulement nous rationner, mais distribuer les tickets de rationnement : quel pouvoir ils s'arrogeraient !
Alors qu'avec du nucléaire à neutrons rapides (projet Astrid parmi d'autres, arrêté bien entendu), les 300 000 tonnes d'uranium appauvri en stock au CEA en France, nous procurerait 5000 ans d'autonomie au rythme de la consommation d'électricité actuelle, et probablement 1000 ans en passant tout (les transports, le chauffage, la chimie, ...) à l'énergie électrique.
Mais non, leur but n'est de toute évidence pas la libération énergétique de la population mais bien la distribution de tickets de rationnement. Des Khmers verts déguisés en écologistes ?

MR | 25 janvier 2022 à 19h08
 
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