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Agriculture bio : l'Etat entend maintenir ses objectifs malgré la baisse du crédit d'impôt

Si les producteurs bios et les associations écologiques ont dénoncé la baisse du crédit d'impôt pour 2011 en contradiction avec le Grenelle, les ministères de l'Agriculture et d'Ecologie ont ''réaffirmé leur engagement'' pour développer la filière.

Agroécologie  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
   
Agriculture bio : l'Etat entend maintenir ses objectifs malgré la baisse du crédit d'impôt
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Prévu dans la loi de finances 2011 votée à la mi-décembre, le crédit d'impôt, accordé depuis 3 ans aux agriculteurs convertis au bio, est passé de 4.000 à 2.000 euros depuis le 1er janvier.

Ce coup de rabot de cette aide verte a aussitôt provoqué un tollé chez les producteurs bios et les organisations environnementales considérant que l'ancien dispositif était ''essentiel'' pour développer cette agriculture ''en facilitant les conversions''. Tous dénoncent un coup de frein gouvernemental donné à la filière. "Il s'agit d'une véritable trahison, d'un reniement insupportable", fustige François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. ''Cette mesure confirme ce fait navrant : la régression en matière de politique environnementale est devenue un réflexe gouvernemental'', s'insurge de son côté le WWF.

La fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab), qui a qualifié cette baisse de "scandaleuse'', a dénoncé le montant du crédit d'impôt atteignant désormais ''les 17 millions d'euros'' alors que la France a accordé 196 millions d'euros d'aides cette année à la filière agrocarburant

Le nombre d'agriculteurs convertis à la bio avaient pourtant augmenté de plus de 30% au cours du premier semestre 2010 par rapport à la même période en 2009. Plus de 3.000 nouvelles exploitations se sont ainsi engagées en bio l'an dernier tandis que la demande en produits bios a crû de 10% chaque année dans l'Hexagone, selon les chiffres de l'Agence bio.

Or, la France peine encore à atteindre les objectifs fixés par le Grenelle. Seuls 2,46 % de la surface agricole utile (SAU) sont dédiés à la bio contre les 6% de SAU prévus en 2012 (soit près du triple attendu…) et 20% en 2020.

Des aides de la PAC et de l'Etat en complément

La France doit toujours rattraper son retard par rapport aux autres pays européens. Dans un communiqué commun, les ministres de l'Ecologie et de l'Agriculture se veulent pourtant rassurants et ont rappelé hier les aides européennes et de l'Etat qui permettront d'''accompagner'' la production biologique française. Ils ont souligné que la France bénéficiera d'une augmentation des aides de la Politique agricole commune (PAC) qui s'élèveront à 84 millions d'euros (conversion et maintien) en 2011 contre 71 millions en 2010. Soit une hausse de 18%, ont-ils précisé.

Si les ministres affirment que les exploitations bios continueront à bénéficier du crédit d'impôt de 2.000 euros jusqu'en 2012, elles pourront le cumuler avec les aides européennes jusqu'à 4.000 euros au total. Ce qui, selon Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet, permettra ''de compenser la réduction du crédit d'impôt''. Le nombre d'exploitations qui pourront en bénéficier va également s'accroître puisque les entreprises en période de conversion sont désormais éligibles sous certaines conditions.

Les ministres ont en outre rappelé les autres dispositifs financiers, mis en place par le gouvernement, visant à ''structurer les filières'' à l'instar du fonds Avenir Bio doté de 3 millions d'euros par an, ou du Fonds d'intervention stratégique des industries agroalimentaires.

Un coup de frein au bio ?

Mais la Fnab craint malgré tout des conséquences sur la dynamique de conversion, alors que le ''nombre de producteurs bios est passé en dix ans de 12.000 à 21.500. Chaque jour, entre 10 et 15 personnes se convertissent. Il nous faudrait un salarié de plus par département pour accompagner tous ces agriculteurs et on ne nous le permet pas!'', déplore Dominique Marion, président de la Fnab. La fédération estime que ''ces budgets affectés par l'UE ne seront pas suffisants''.

Si près de 40 % des produits bios consommés sont actuellement importés en France, ''le manque de soutien à la production nationale'' risque ''encore d'aggraver la situation'', considère François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. ''Les fermes de petite taille, sur des productions telles que l'apiculture et le maraîchage notamment, seront les plus impactées par la mesure'', prévient de son côté le WWF. ''Les économies qui seront réalisées à cette occasion, quelques millions d'euros gagnés, apparaissent dérisoires face aux enjeux pour l'environnement et la santé liés aux modes de production de notre alimentation'', ajoute l'ONG.

Réactions2 réactions à cet article

 

C'est désolant, les gens, marchent sur la tête, ceux, qui font les lois, pour ceux qui barbotent, dans l'opulence , à grands coups de billets.
C'est la Bio qui dérange, alors que c'est l'autre
qui nous propulse, directement dans le mur, à cour terme.
Cette marche, organisée, dans l'absurde financier sera fatale à notre civilisation
Lisons YVES PACCALET … L'Humanité disparaîtra, bon débarras !,

piénudanlerb | 07 janvier 2011 à 10h03
 
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La demande en produits bio ne fléchit pas. Il faut non seulement s'appuyer sur le marché mais également le sensibiliser et le fidéliser pour continuer de développer des filières de proximité. La clef de tout cela, c'est la protection des ceintures maraichères à proximité des villes (outils d'urbanisme, et de planification), et de l'agriculture de petits producteurs. Les associations locales font déjà un bon travail. Les élus devraient prendre conscience des enjeux à l'image d'Edouard Chaulet dans les Cévennes (produits de l'agriculture biologique pour les cantines scolaires). La bio en périurbain c'est l'avenir de la ville durable et de la valeur ajoutée en terme d'emplois, d'économie et d'écologie de territoire.
Brigitte Compain-Murez
Présidente de Saint-Fiacre Loire-Baratte

Saint-Fiacre Loire-Baratte | 08 janvier 2011 à 14h51
 
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