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Crise nucléaire au Japon : priorité au refroidissement

Une semaine après les catastrophes qui ont touché le Japon, les autorités locales continuent leur course effrénée au refroidissement des centrales nucléaires. À l'international, les premières simulations de nuage radioactif font leur apparition.

Risques  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Crise nucléaire au Japon : priorité au refroidissement
La centrale de Fukushima Daini le 13 mars après le séisme
© Google, DigitalGlobe / Google, GeoEye
   

Le refroidissement de la centrale de Fukushima I (Daiichi) touchée par le séisme et le tsunami qui ont ravagés le Nord est du Japon la semaine dernière, mobilise plus que jamais l'exploitant TEPCO et les autorités locales. Selon le dernier bilan de l'IRSN et de l'ASN publié le 17 mars au matin, les efforts se portent sur les piscines contenant les combustibles usés. Au total, dans les piscines des réacteurs 1 à 4, respectivement 292, 587, 514 et 1.500 assemblages de combustibles sont actuellement entreposés.

Si dans les réacteurs 1 et 2, il semble qu'il n'y ait pas d'ébullition, la piscine du réacteur 3 bout. Des largages d'eau par hélicoptères ont eu lieu dans la nuit du 16 au 17 mars (heure de Paris). "Environ 7,5 tonnes d'eau ont été lâchées à chaque passage mais une part importante de l'eau n'a probablement pas atteint sa cible", explique l'IRSN. "L'absence de panache de vapeur au-dessus du bâtiment laisse penser que l'opération a été efficace. Cependant, cela ne permet que de retarder très légèrement la dégradation de la situation", ajoute toutefois l'institut. L'IRSN suspecte une perte d'étanchéité du fond de la piscine.

La piscine du réacteur 4 est également entrée en ébullition. Selon les autorités japonaises, le survol par hélicoptère a permis de constater qu'il y restait de l'eau mais des informations contradictoires sont parvenues des autorités américaines. Selon l'IRSN, "ces informations sont sujettes à caution". Une intervention par camion citerne est envisagée pour assurer l'appoint en eau de ces piscines.

Dans les piscines des réacteurs 5 et 6, la température de l'eau augmente lentement mais le niveau d'eau est contrôlé. En revanche, l'IRSN s'interroge sur l'état de la piscine de stockage commune qui contiendrait 6.200 assemblages qui doivent également être refroidis même si la puissance d'énergie dégagée est plus faible que pour les autres combustibles usés.

Situation des réacteurs

Au niveau des réacteurs, la situation reste critique. Si sur le site de Fukushima II (Daini) les quatre réacteurs ont atteint les conditions d'arrêt normales sans dégradation du combustible, à Fukushima I (Daiichi) le réacteur 1 a été endommagé à hauteur de 70% selon l'exploitant. L'enceinte de confinement est restée intacte mais l'injection d'eau reste nécessaire pour limiter la hausse de température. La dépressurisation régulière de l'enceinte se poursuit et chaque ouverture entraîne de nouveaux rejets de produits radioactifs dans l'environnement. La situation est similaire pour le réacteur 3 même si le combustible a été peu endommagé. La perte d'étanchéité de l'enceinte de confinement n'a pas été confirmée.

Le combustible du réacteur 2 a quant a lui fusionné à hauteur de 33% mais il est maintenant sous l'eau. L'enceinte de confinement est endommagée mais l'IRSN estime que finalement "il ne semble pas que l'étanchéité soit remise en cause", du fait d'une pression fluctuante à l'intérieur du bâtiment. Des dépressurisations de l'enceinte de confinement sont d'ailleurs prévues et rejèteront elle aussi des produits radioactifs.

Pour le réacteur 4 dont la partie supérieure du bâtiment a explosé, l'IRSN précise seulement que la salle de commande est très irradiante ce qui limite le temps de présence des intervenants. Enfin pour les réacteurs 5 et 6 à l'arrêt pour maintenance lors du séisme, le refroidissement des réacteurs est assuré mais l'IRSN n'a pas d'information sur la présence de combustible dans le coeur du réacteur.

Le rétablissement de l'électricité à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, qui permettrait de relancer le refroidissement des réacteurs, sera possible vendredi au plus tôt, annonce jeudi Tokyo Electric Power (Tecpo). L'opérateur de la centrale nucléaire espère rétablir l'électricité sur le site via une ligne de haute tension et relancer ainsi les pompes nécessaires au refroidissement des réacteurs et les barres de combustible usé.

Premières simulations de nuage radioactif

Pendant que les japonais se démènent sur leurs centrales nucléaire, les premières simulation du déplacement de la radioactivité au départ du Japon font leur apparition. La Nuclear Regulatory Commission (NRC) américaine prévoit que les particules radioactives qui s'échappent du réacteur nucléaire japonais Fukushima seront emportées par le vent vers l'Amérique du Nord très haut dans l'atmosphère et devraient atteindre la Californie vendredi mais elle estime que ces particules ne représentent pas un réel danger pour la santé.

Du côté français, des pastilles d'iode pourraient être envoyées aux populations de Saint-Pierre Miquelon.

Réactions1 réaction à cet article

 

...Le réacteur n° 3 de Fukushima alimenté au plutonium aurait parait-il la possibilité d'entrer dans une réaction en chaine pouvant provoquer une explosion nucléaire, qu'en disent les spécialistes ?

satorii | 17 mars 2011 à 22h58
 
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