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Stockage du CO2 : l'AIE lance, sans grande conviction, une feuille de route pour 2050

A l'occasion d'un colloque sur le CSC, l'AIE a présenté un rapport sur le potentiel de la technique en matière d'installations industrielles. Las, lors de la réunion, les spécialistes réunis à Pékin ont décrit un secteur en plein marasme.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
   
Stockage du CO<sub>2</sub> : l'AIE lance, sans grande conviction, une feuille de route pour 2050
   

Le 20 septembre 2011, l'Agence internationale à l'énergie (AIE) et l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) ont présenté une feuille de route 2050 visant à développer la capture et le stockage du carbone (CSC) dans les secteurs industrielles. Cette présentation a eu lieu à l'occasion de la rencontre ministérielle du Forum des leaders de la séquestration du carbone (CSLF) qui se tient à Pékin (Chine) du 19 au 23 septembre.

Selon les deux organismes, la séquestration géologique du CO2 permettrait de réduire de 4 milliards de tonnes les émissions mondiales en 2050. Une telle réduction représenterait environ 10 % de l'effort de réduction à mettre en œuvre.

La feuille de route passe en revue cinq grands secteurs industriels (production de CO2 de haute pureté, transformation de la biomasse, production de ciment, production d'acier et raffinage) et analyse les barrières à surmonter.

L'industrie représente la moitié du potentiel

Pour cela, "un déploiement rapide" des technologies CSC est nécessaire, indiquent les deux agences qui tablent sur la mise en oeuvre de 1.800 installations industrielles de stockage durant les quatre décennies à venir.

Le secteur le plus prometteur à court terme n'est pas la production d'électricité, estiment les agences mais les unité de traitement du gaz naturel. En effet, "il est de toute façon indispensable de séparer le gaz et le CO2 avant de commercialiser le gaz", expliquent l'AIE et l'Onudi. Plus généralement, en 2050 les processus industriels devraient représenter la moitié du potentiel global d'abattement des émissions de CO2 lié au CSC.

900 milliards de dollars à trouver

Reste que le passage aux actes impose un financement à hauteur de 900 milliards de dollars. "Bien que cela soit une somme importante, cela ne représente que 2 % de l'investissement nécessaire pour réduire de moitié les émissions mondiales de CO2 associées à la consommation énergétique", relativisent les deux agences.

Concrètement, Edward Clarence-Smith, le directeur du bureau chinois de l'Onudi, a estimé, lors de la présentation de la feuille de route, que si les pays industrialisés doivent "montrer la voie", le CSC devra "se répandre rapidement dans les pays en développement". Plus précisément les investissements dans les pays du Sud se montent à 670 milliards de dollars, ce qui représente "un défi de taille".

Pour surmonter ce défi financier, les agences appellent à "une collaboration internationale étendue en faveur des politiques et des financements destinés aux démonstrateurs dans les pays en développement".

Le temps manque pour atteindre les objectifs

 
Rejet du projet de loi allemand La chambre haute du Parlement allemand, où sont représentés les Etats régionaux, a rejeté ce vendredi un projet de loi sur le CSC, rapporte l'AFP.
Le texte prévoyait l'installation de sites-tests et une évaluation des résultats en 2017. En avril, le gouvernement avait eu le plus grand mal à rédiger ce texte visant à compenser les émissions des centrales à charbon allemandes.
Une clause avait pourtant été ajoutée permettant aux Etats régionaux de refuser d'abriter sur leur territoire de telles installations. Malgré tout, les Lander du nord, où se trouvent la plupart des sites potentiels, restent hostiles à cette technologie.
 
Le terme "défi" semble bien approprié, à en juger par les propos pessimistes tenus par les représentants de l'AIE au surlendemain de la présentation de la feuille de route. Selon l'Agence, citée par le Guardian, "la stratégie mondiale de capture et de stockage du carbone est sérieusement érodée".

"Le temps manque pour atteindre le scénario [d'une hausse des températures limitée à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle] du fait de progrès trop lents dans le domaine du CSC", a estimé Richard Jones, directeur exécutif de l'AIE, ajoutant que "chaque jour qui passe nous éloigne de l'objectif".

"Avec les politiques actuelles, le déploiement du CSC vie des temps difficiles", a-t-il regretté, faisant porter la faute sur "le manque de soutien mondial aux politique en faveur du climat et des finances publiques restreintes".

Seulement 74 pilotes

Selon le décompte de l'AIE, seulement 74 projets pilotes ont été annoncés jusqu'à maintenant, bien loin des 1.500 qui devraient être opérationnels en 2035… D'autant plus que "la tendance est orientée dans la mauvaise direction".

Le cas de la Grande-Bretagne est symptomatique du désengagement des industriels. Le gouvernement prévoyait une enveloppe d'un milliard de livres sterling pour soutenir les démonstrateurs. Las, il ne reste qu'un projet en lice, les autres ayant été abandonnés, selon le président de l'association pour le CSC en Grande-Bretagne, Jeff Chapman.

Un spécialiste australien note lui aussi un déclin du nombre de projet, du fait notammant de l'incertitude autour du prix du carbone. Or, si le prix du CO2 n'atteint pas 80 dollars la tonne, le CSC ne sera pas rentable a prévenu Steven Chu, le ministre américain de l'Energie. A ce sujet, il a déploré "la perte de temps" des Etats-Unis, jugeant qu'"il est nécessaire de donner un prix au CO2 le plus vite possible". Si les Etats-Unis ont 24 projets CSC en cours, ceux-ci concernent des potentiels limités d'enfouissement dans les champs pétroliers.

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