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Financement citoyen : tromperie ou solution pour accepter les éoliennes ?

Des citoyens qui investissent dans l'éolien sur leur territoire. Est-ce l'aboutissement d'une démarche de concertation et d'implication ou bien un subterfuge pour berner les riverains et faciliter l'implantation de parcs ? Une question en débat sur le dernier plateau-TV d'Actu-Environnement.

Plateau-TV  |  Energie  |    |  Marie Jo SaderActu-Environnement.com
Financement citoyen : tromperie ou solution pour accepter les éoliennes ?

Comptant parmi les pièces maîtresses de la transition énergétique, de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et de la réappropriation de la question énergétique par les territoires, l'énergie éolienne est pourtant souvent décriée, notamment du fait des atteintes aux paysages.

Après avoir développé les outils de concertation avec les riverains et lever les a priori, les acteurs de la filière éolienne semblent voir dans les dispositifs de financements participatif ou citoyen, de nouvelles opportunités pour impliquer efficacement les acteurs de terrain et faciliter l'acceptation des projets éoliens. Mais du côté des opposants aux éoliennes, ces méthodes ne visent qu'à tromper les riverains en favorisant leur adhésion aux projets tandis que les impacts des éoliennes une fois construites, resteraient quant à eux, bien réels.

Alors, les méthodes de financements citoyens des parcs éoliens sont-elles des outils efficaces ou bien des manœuvres destinées à "faire passer la pilule" ? Pour en débattre, Marie-Jo Sader a réuni sur le dernier plateau de Parlons-Pro, des représentants des professionnels de la filière éolienne et des associations anti-éolien :

Fabien Bouglé
juriste et porte-parole du collectif anti éolien Ulysse
Jean-Yves Grandidier
président de Valorem, opérateur en énergies renouvelables et ancien président de la Fee
Michel Leclercq
vice-président d'Energie Partagée, fond d'investissement et d'accompagnement citoyen spécialisé dans les EnR.

© Illustration : Diana Mower / Fotolia

Réactions11 réactions à cet article

 

Trés intéressant de voir les arguments de chacun. Je n'avais encore jamais vu d'anti-éolien en action. Et M. Bouglé est vraiment flamboyant ! Cela semble toutefois une gue-guerre sans fin ...

La fée des ronds | 09 mai 2016 à 21h35
 
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Comme toujours avec les anti-éoliens on s’appuie des arguments faux (l’Allemagne qui aurait arrêté la transition alors qu’ils ont installé 6 GW en 2015 et vont être sur plusieurs GW cette année, tous les recours gagnés alors que les chiffres montrent que 80% des recours se soldent par une validation des autorisations du développeur, etc.).
Ce sont des marchands de peur ! Et le mieux, c’est le déni des conclusions du GIEC mâtiné d’une bonne dose de pro-nucléaire. Et après, ça ose se nommer FED Fédération Environnement Durable. On est vraiment dans le boniment le plus total et surtout, ça coute de l’argent au contribuable ! Parce que tout le retard pris et tous les recours engagés même sur les projets les plus exemplaires ça se traduit par un cout du capital plus élevé et donc des tarifs d’achat plus élevés. Les Français pourraient payer un peu moins cher de CSPE (dont l’éolien ne constitue déjà que 15%, loin de la péréquation et du PV) si on n’avait pas cette bande de nuisibles qui cherchent à tout attaquer pour justifier leur position dans leur assoc’. Il y a des projets mal montés, mal concertés pour lesquels des recours sont justifiables, il y en a une bonne partie qui sont l’expression de l’obscurantisme (ou plutôt malheureusement effrayés par les récits apocalyptiques de la FED et autres) de 10 habitants du village.

Bref, merci pour le débat, encore une fois pollué par un anti…

RMG | 10 mai 2016 à 12h48
 
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Un débat très intéressant, mais quelque peu pollué par des interventions éloignées du sujet du financement citoyen. L'argumentation de Monsieur Bouglé, en plus de s'appuyer sur de fausses affirmations, comme le souligne RMG, est d'une simplicité niaise. Pour un juriste, vraiment... Face aux argumentaires de Messieurs Grandidier et Leclercq qui maîtrisent parfaitement leur sujet, c'est d'un ridicule !

Manon F | 10 mai 2016 à 16h06
 
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L'anti éolien dans sa splendeur :

"tractopelles, blocs de béton..." Puis, face à l'argument que les paysages évoluent (combien de blocs de béton pour les routes, pour les habitations et autres infra structures ?), l'anti éolien rapatrie sur l'argument de la hauteur.

L'anti éolien lance un argument, et dés qu'il est réfuté, il en lance un autre, l'essentiel pour lui est de garder le mouvement pour faire oublier que l'argument précédent, comme celui encore d'avant, est invalide.

On pourrait très bien répondre qu'à part la hauteur, l'éolien a un impact très réduit au sol, et laisse la place aux cultures, aux haies... cela contredit précisément l'argument des tractopelles.

L'anti éolien rebondit toujours plus pour cacher ses contradictions.

Pour bien rebondir, l'anti éolien adore sortir le fait divers, qu'il érige en vérité générale. Un parc a fait l'objet de conflit d'intérêt, donc l'éolien en général fait l'objet de conflit d'intérêt.
Une pétition obtient 10000 signatures, l'anti éolien en fait l'équivalent d'un sondage national, le peuple gronderait, unanime, contre Éole.

Et comme l'outrance est à la mode, l'anti éolien n'hésite pas, par une pirouette qui a son charme, à faire porter sur les anti nucléaires la responsabilité d'un éventuel accident nucléaire. On appréciera l'honnêteté intellectuelle du raisonnement.

Et pour conclure, l'anti éolien ne trouve rien de mieux que de se placer sur le terrain du rapport de force décérébré et galvanisant "on ne lâche rien" ?!

krakatoe | 11 mai 2016 à 14h37
 
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Sur le fond, une remarque : je pense que l'époque veut que l'on soit extrêmement exigeant avec l'éolien, alors qu'on ne l'a pas été avec d'autres projets. Face à l'argument du Mené d'"on nous vole notre vent", alors dans ce cas, pour une centrale nucléaire, on a volé les riverains (au sens très large, voir continental) de leur tranquillité d'esprit, on a volé les communes périurbaines de leur espace avec les territoires engloutis par les zones commerciales... Les riverains d'un aménagements dans ce cas peuvent généralement s'estimer volés sur un plan ou un autre.

C'est à mon sens l'objet des taxes locales, un but redistributif.

Le financement et la gouvernance participative sont à mon avis de bonnes choses, un outil, une possibilité en plus qui peut faire sens pour un territoire. Il ne faut pas en revanche qu'elles court-circuitent le rôle des taxes et du système de redistribution, je ne pense pas que cela doit être son rôle.

Ou alors, il faut permettre à l'Allemagne de toucher une part des bénéfices de Fessenheim, car, de la même façon que les riverains voient l'éolienne, l'Allemagne voit le risque nucléaire de très prés, pour lequel elle ne tire pas de compensation. Et il faut permettre aux riverains de la prochaine zone commerciale de souscrire des parts dans l'hypermarché qui s'installe, pour bénéficier des nuisances...

Bref, on ne s'en sort pas.

Sans compter que, quand bien même, seules les personnes pouvant investir pourraient en bénéficier. Exit, les pauvres ?

krakatoe | 11 mai 2016 à 14h48
 
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Les promoteurs éoliens sont dans l'incapacité de chiffrer les dommages causés aux paysages .
On ne peut tenir pour nulle leur dégradation .Or les sites naturels ,ceux qu'exploitent les promoteurs éoliens ,sont à la fois sources de calme ,de refuge loin d'une civilisation urbaine tentaculaire et aussi ,plus prosaïquement de revenus touristiques . les témoignages de propriétaires de gîtes ruraux abondent qui constatent que ,et ce n'est pas étonnant ,les amateurs de nature fuient les zones industrielles .Les secteurs éoliens n'ont rien de romantique . On ne comprendrait pas les multiples rejets de ces machines sans cette réflexion.
Que des esprits utilitaristes, surtout sensibles aux gains financiers, n'éprouvent aucune émotion devant un paysage dénaturé ne justifie pas l'impérialisme économique d'une industrie.

sirius | 11 mai 2016 à 18h47
 
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Sirius, vous oubliez que vos résidences secondaires et gites ruraux ne s'éclairent pas à la bougie. Allez alors défendre tous les riverains des abords de ville qui souffrent de l'urbanisation chaotique avec la même verve, allez donc reloger toutes les victimes de la montée lente mais inexorable du niveau des mers avec la même fougue, allez contribuer, auprès d'EDF, à trouver des solutions pour gérer nos déchets nucléaires, et Areva pour fabriquer des structures fiables sans fausser les rapports avec le même entrain, allez porter des masques anti particules fines aux enfants des écoles riveraines des grands axes de circulation avec passion. Alors votre obsession paysagère (hautement subjective qui plus est), sélectivement, spécifiquement, exclusivement focalisée sur l'éolien, sera peut-être audible.

krakatoe | 12 mai 2016 à 18h13
 
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Il n'est pas question de subjectivité mais bien de dommages objectifs . Le plus évident :des machines de 150 m. de haut dans un site naturel imposent leur présence inopportune .
Quant aux dégâts causés par une civilisation peu respectueuse des valeurs culturelles ,ils ne font que s'ajouter au désastre .
Les 6000 éoliennes n'ont fournit que 3,7 % de notre électricité ,au prix de combien de paysages meurtris ?

sirius | 21 mai 2016 à 16h57
 
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Félicitations à Marie-Jo d'avoir réussi à maintenir au mieux le débat.

Sans défendre les anti, on peut quand même avoir certaines réserves sur les parcs qui ont un but uniquement d'investissement sans concertation réelle avec la population locale.
Il est à mon sens indispensable avant tout développement éolien d'impliquer ceux qui seront face aux équipements, leur expliquer les implications des projets et tout le bénéfice qu'ils pourront en tirer (c'est ce que fait d'ailleurs Energie Partagée).

Une solution pourrait être d'imposer un minimum de participation possible pour les citoyens locaux, ensuite libre à chacun de vouloir y investir ou non son argent, mais au moins cela pourrait éviter que seuls d'énormes investisseurs ou de grande entreprises tirent profit de cette chance nationale.

Pour krakatoe, "Exit les pauvres ?", effectivement si l'on considère un investissement minimum de 500€, mais en se rassemblant et en mettant en commun 25€, 20 personnes pourraient elles aussi s'approprier une part de parc éolien. Pas de solution miracle, mais avec la réappropriation locale des moyens de production énergétique, c'est un outil supplémentaire pour réinvestir les rentes de l'installation pour la maîtrise de l'énergie et la lutte contre la précarité énergétique et trouver une chance supplémentaire pour que les pauvres soient moins exclus.

Rouxbarbe | 14 juin 2016 à 17h55
 
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Bonjour,

A Sirius, encore une fois, je peux comprendre votre souci du paysage, et votre sensibilité pour la conservation de zones rurales non impactées par la modernisation et la technologie.

N'oubliez pas, encore une fois, qu'il s'agit de relativiser les nuisances au regard des apports, et que sans cela, vous serez toujours suspect, pour moi, de vouloir égoïstement défendre votre jardin, quitte à repousser chez les autres les nuisances nécessaires à la vie actuelle.

Que ce soit dans votre besoin direct d'énergie, de matériaux, de communication ou même de soins (l’hôpital ne s'éclaire pas à la bougie, les médecins peuvent se former parce qu'ils n'ont pas besoin de pédaler le soir en plus du reste pour s'éclairer...), vous utilisez les ressources modernes, et l'éolien produit une électricité propre.

Vous regrettez le cailloux qui sert de fondation ? Même avec un fort a priori négatif, il n'est pas possible de ne pas relativiser le cailloux de fondation et la présence dans le paysage ! Cela remet en visibilité le fait que l'énergie ne s'invente pas, cela remet en conscience une population habituée depuis l'après guerre à la consommer passivement.

krakatoe | 20 juin 2016 à 12h03
 
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A Rouxbarbe, en effet pour un petit budget, on peut faire un petit investissement, c'est la démarche qui importe me direz-vous, et je crois que c'est important en terme de prise de conscience, de mobilisation des populations. Cela reste néanmoins mineur en terme de redistribution directe des richesses si vous investissez 25€.

Je reste convaincu que le rôle de redistribution incombe à la fiscalité, notamment la fiscalité locale.

N'oubliez pas que l’État aurait pu prendre en charge le développement des ENR, il a préféré faire porter l'investissement sur le domaine privé. Exactement comme les mesures d'incitation pour l'achat d'appartement par des particulier à visée locative, ça permet à a sphère publique de moins investir dans le logement, tout en en assurant la construction d'un certain nombre. De même que les propriétaires qui investissent en vue d'obtenir un loyer en retour sur investissement, les sociétés qui investissent dans l'éolien attendent la même chose, et pourvu que les installations soient faites dans les règles de l'art, sans dumping d'aucune sorte, je ne vois pas comment on pourrait le leur reprocher.

Pas facile, si vous n'êtes pas l’État ou des sociétés privées, de trouver les millions d'euros nécessaires, surtout pour lancer une nouvelle énergie, pour essuyer les plâtres.

Le but ici n'est pas de défendre les promoteurs, mais d'éviter les raisonnement simplistes de désignation d'un méchant attitré.

krakatoe | 20 juin 2016 à 12h12
 
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