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Débat sur l'énergie : essai de démocratie participative à l'échelle nationale

Samedi, 1.115 citoyens étaient réunis dans 14 régions pour débattre de la transition énergétique. La ministre de l'Ecologie tire de cette expérience un premier bilan positif et estime que ces enseignements vont peser sur le débat et le gouvernement.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

Alors que le débat national sur la transition énergétique se déroule depuis plusieurs mois au niveau local et national, le ministère de l'Ecologie organisait, samedi 25 mai, une "journée citoyenne", visant à recueillir les avis de citoyens non experts sur les grandes questions liées à la transition énergétique. Le principe : rassembler, dans la même journée, des groupes de citoyens dans plusieurs régions et les faire débattre de l'enjeu énergétique, selon le même protocole. La méthodologie utilisée est celle développée par le Danish board of technology, World Wide Views. Celle-ci a été utilisée à l'échelle mondiale lors du sommet de Copenhague sur le climat, en 2009.

La démocratie participative à l'épreuve

Chaque participant a reçu, une quinzaine de jours avant la journée citoyenne, un livret d'information sur la transition énergétique. Le jour même, sur chaque grand thème, étaient projetées des séquences vidéo de 5 minutes pour poser le sujet. Ces vidéos étaient suivies de 45 minutes de débat entre citoyens. A l'issue de ces deux étapes, chaque citoyen était invité à répondre de manière individuelle à un questionnaire.

Résultat : "Cette première à l'échelle nationale d'un processus de démocratie participative (…) a été une réussite", analyse Delphine Batho, ministre de l'Ecologie. "J'ai vu sur le terrain une soif de participation des citoyens. Avec une interpellation forte sur la suite qui serait donnée à ces échanges".

En effet, si, à l'issue de cette journée, 94% des 1.115 participants estiment que l'organisation d'autres démarches de participation nationale comme celle-ci, sur d'autres sujets, serait souhaitable, 34% d'entre eux avouent ne pas savoir si les résultats de cette journée seront utilisés de manière utile dans la prise de décision politique et 16% pensent qu'ils ne le seront pas. Point sur lequel Delphine Batho s'est voulue rassurante : "Ces résultats vont peser sur le débat et sur le gouvernement".

Transition : une occasion de changer de modèle

Sur le fond, les premiers enseignements montrent que les citoyens interrogés se sont appropriés le sujet, malgré sa complexité, et que trois quarts d'entre eux ont une vision positive de la transition énergétique. "La transition énergétique est vue comme une chance, une opportunité de changer de modèle, avec une convergence forte des enjeux énergétiques, économiques et sociaux", souligne la ministre de l'Ecologie.

A la question, "la transition énergétique pour la France, selon moi, c'est…", sur 10 items proposés (les citoyens pouvant en sélectionner deux), 64,55% ont répondu "une chance de s'engager dans un modèle de société plus sobre, avec une nouvelle qualité de vie, plus respectueuse de l'environnement" et 48,05% ont répondu "une urgence, car le modèle énergétique actuel n'est plus soutenable du point de vue de l'environnement". Plus de 33% estiment que c'est une opportunité pour créer des emplois et 27% que c'est une occasion de rééquilibrer notre balance commerciale. En revanche, ils sont une minorité à penser que c'est "une erreur" (1,33%), "un retour en arrière" (1,51%), "un risque fort" pour les emplois notamment (4%).

A contrario, ne pas changer de stratégie énergétique conduirait à faire peser le risque sur les générations futures (48%), à une dépendance énergétique trop forte (44%) et à une augmentation durable et accentuée du coût de l'énergie (42%).

Ils attendent donc, à l'issue du débat, le lancement d'un vaste programme de R&D au niveau national et européen (49%), la réorientation des investissements vers les énergies renouvelables et les filières économiques (46%), l'introduction d'une fiscalité écologique et incitative (39%) et l'accompagnement des ménages (31%).

Le pilotage de la transition doit provenir de l'UE (53%), de l'Etat (47%) et des bassins de vie (35%).

De la théorie à l'action

Les citoyens ont ensuite été interrogés sur leur propre participation à la transition. Ils estiment cependant que l'effort doit d'abord provenir de l'Etat (56%), des fabricants et des secteurs comme l'agriculture, la construction, l'agroalimentaire (49%), des entreprises (48%), des collectivités (47%). Un citoyen sur trois pense que les ménages doivent contribuer à l'effort en priorité. Rien de surprenant : les citoyens sont prêts à agir si l'ensemble des parties prenantes s'engage dans la transition énergétique.

Ainsi, 44,57% pensent pouvoir agir sur leurs déplacements, 35% sur leur consommation courante, 33% sur les actions courantes à la maison (cuisson, eau chaude, lumière), 32% sur l'achat d'appareils plus performants et 32% sur l'isolation de leur logement.

Ils sont prêts à consentir une hausse du prix de l'énergie si cela entraîne des effets positifs sur l'environnement et la santé (50%), sur l'économie et les emplois (37%) et s'ils n'en ressentent pas le poids grâce à une réduction de leurs consommations (28%).

Selon eux, les freins aux changements de comportements résident dans le manque de moyens financiers (40%), la difficulté de mise en œuvre des solutions (33%) et l'incertitude d'un retour sur investissement pour des équipements plus performants (32%).

C'est pourquoi, ils pensent que le plus efficace serait la mise à disposition de technologies efficaces énergétiquement (bâtiment, transports…) pour 68% d'entre eux, un soutien financier pour l'achat d'équipements et la réalisation de travaux (62%) et l'accompagnement des particuliers (informations, conseils).

Réactions4 réactions à cet article

 

1115 citoyens dans 14 régions égalent environ 80 personnes par région.
Rien n'est dit sur le choix de l'échantillon de population: pourtant c'est important.
Dans la pratique en fait de transition on réussira plus au niveau économies et isolation thermique. L'information et sensibilisation de la population aux pertes de chaleur soit par défaut d'isolation soit, beaucoup plus souvent et bien pire, par négligence spécialement dans les ensembles a chauffage collectifs, est un axe qui devrait être prioritaire.
De toute façon cette transition coutera cher, trés cher mais on peut imaginer un retour sur investissement en étant suffisamment optimiste. La définition d'un optimiste étant qu'il est moins bien renseigné qu'un pessimiste ;-)

ami9327 | 27 mai 2013 à 17h58
 
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Méfions nous du culte de la démocratie

« Dès que nous disons le mot « démocratie » pour nommer notre mode de gouvernement qu’il soit américain, allemand ou français, nous mentons. La démocratie ne peut jamais être qu’une idée régulatrice, une belle idée dont nous baptisons promptement des pratiques très diverses. Nous en sommes loin, mais encore faut- l le savoir et le dire » (Feu Alain Etchegoyen, ex-directeur du Commissariat général au Plan dans « La démocratie malade du mensonge » )

La France et tous les autres "grands" pays ne vivent pas en démocratie, mais en oligocratie ploutocratique.
“ L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle est approuvée par beaucoup” (Gandhi)

« Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont forcément raison .» (Un très grand philosophe français)

« Ceux qui regardent le vote universel comme une garantie de la bonté des choix se font une illusion complète. » Alexis de Tocqueville

C'est par esprit éthique que nous devrions pouvoir compter sur nos politiques pour nous aider à faire des choix énergétiques solidaires vis à vis des générations actuelles et des générations futures.

Jean-Marie | 28 mai 2013 à 05h51
 
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Le plus souvent Un(e) ministre tire les conclusions que lui donne son entourage, lui même reflet de groupes, écoles, intérêts, etc. Donc, lorsqu’on lit : « La ministre de l'Ecologie tire de cette expérience un premier bilan positif et estime que ces enseignements vont peser sur le débat et le gouvernement », je suis dans l’expectative. Notre Parlement va juger sur quelles pièces, fournies par qui, sur quelles bases économiques et technologiques comparées ?
Lorsqu’on voit une entreprise comme Renault, qui a les moyens matériels (Je ne dis pas intellectuels) de préparer sa stratégie, se planter sur le choix de son partenaire ‘Better Place’ mis en faillite, je me dis que les choix humains sont une sacrée aventure.
Voir quelques centaines de députés ignorant tout des questions énergétiques voter une loi de programmation pour les trente à venir sur le sujet, on se dit que le débat aurait mérité plus de temps, ou qu’il eut suffit de s’en tenir à quelques questions plus restreintes, comme celle ci : « Quel moyens la France peut elle mettre dans la rénovation énergétique de ses logements et bâtiments, et quelles décisions peut on prendre immédiatement ? »

leon | 28 mai 2013 à 10h47
 
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TRES ENCOURAGEANT DE CONSTATER DES PRISES DE CONSCIENCE ET SURTOUT UN VERITABLE DÉSIR D IMPLICATIONS...DOMMAGE QUE 56% ont toujours tendance a penser que c' est l Etat et les autres qui doivent s impliquer...Notre éternelle mentalité passéiste renvoi systématiquement un peu trop l' attente que les autres "bougent".. mais c'est un début encourageant...Lorsque les 3/4 des français auront compris qu'ils contribuent pleinement à la consommation excessive ou non des carburants, des énérgies en générale... je suis responsable du climat et des consommations energetiques lorsque je monte dans ma voiture ou je décide de prendre le train, le bateau ou l avion..SUIS JE VRAIMENT OBLIGÉ DE LE FAIRE ??? POUR QUELLE FINALITÉ ??? POURRAIS DIFFÉRER CETTE SORTIE OU BIEN LA REGROUPER AVEC UNE AUTRE SORTIE ??? NOUS DEVONS INTEGRER CES REFLEXES DE MANIÉRE PERMANENTE ET RESPONSABLE....C EST CE QUE NOUS DEVONS TRANSMETTRE A NOS ENFANTS...IL Y A QUELQUES ANNÉES, C ETAIT ENCORE "APRES MOI LE DÉLUGE".... CES MENTALITÉS VONT PEUT ÊTRE CHANGER ???

BERTRAND | 28 mai 2013 à 16h06
 
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