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Agriculture bio : l'harmonisation européenne fait débat

Forte de son succès ces dernières années, l'agriculture biologique s'organise. Alors que le Grenelle de l'environnement a appuyé son essor, l'Union européenne harmonise ses règles sur la question. Pour le meilleur ou pour le pire ?

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Agriculture bio : l'harmonisation européenne fait débat
© Franck Boston
   
De plus en plus, les citoyens plébiscitent une agriculture plus respectueuse de l'environnement et de la santé. Le succès croissant de l'agriculture biologique le démontre. Selon le baromètre 2008 de l'Agence bio, malgré la crise, les Français ont été plus nombreux en 2008 à consommer des produits biologiques. Les tendances montrent également qu'ils veulent maintenir leur consommation, voire l'augmenter cette année. Les chiffres sur le terrain le prouvent : chaque année depuis 1999, l'agriculture biologique a enregistré une augmentation moyenne de 9,5 %, dans un contexte où l'ensemble du marché alimentaire progressait de 3,6 % par an.
En France, en 2007, la superficie en mode de production biologique représentait 2 % de la surface agricole utilisée. 11.978 exploitations agricoles étaient engagées dans l'agriculture biologique, soit 3 % de plus qu'en 2006. Si l'agriculture bio progresse là où l'agriculture conventionnelle est en baisse (progression moyenne du nombre d'exploitations bio de 2,2 % en moyenne entre 2001 et 2007 alors que le nombre total d'exploitations agricole est en baisse chaque année), elle constitue encore une activité de niche au niveau national et ne peut répondre à la demande en hausse du marché : la France est importateur net de produits biologiques.
Pour résoudre ce problème, le secteur s'organise. Le Grenelle de l'environnement a acté de multiplier la surface agricole cultivée en bio par trois d'ici 2012, soit parvenir à 6 % des surfaces agricoles utilisées. L'Union européenne, de son côté, tend à harmoniser les pratiques entre les 27 afin d'obtenir davantage de lisibilité pour le consommateur. Le nouveau règlement, entré en vigueur le 1er janvier dernier, donnera naissance à un logo européen agriculture biologique en 2010. Si pour certains, ce texte réaffirme les principes de l'agriculture biologique, pour d'autres, il fixe des règles a minima et est donc contestable.

Vers une harmonisation européenne

Le règlement 889/2008, entré en vigueur le 1er janvier dernier, vise à harmoniser les pratiques entre les Etats membres, diversifiées jusque là. Il aboutira à la création d'un logo européen en juillet 2010. Pour obtenir le logo, les produits devront garantir que 95 % des ingrédients sont d'origine biologique. L'étiquetage des produits certifiés devra mentionner l'origine des matières premières agricoles (UE, non UE, UE/non UE) et la liste des ingrédients biologiques.
Le logo garantira que le produit ne contient pas d'OGM (à l'exception des médicaments vétérinaires et d'un seuil de tolérance de 0,9 %), pas de pesticides chimiques en dehors de la liste des intrants autorisés ou dérogations accordées, une séparation des préparations bio et non bio, une limitation des additifs et des auxiliaires à une liste officielle et une surface minimale imposée aux animaux.
Concernant les produits importés, depuis le 1er janvier 2009, sont reconnus bio les produits provenant de pays tiers dont la réglementation a été évaluée comme équivalente par la Commission européenne (aujourd'hui : Argentine, Australie, Costa Rica, Inde, Israël, Suisse et Nouvelle-Zélande) et ceux qui ont obtenu une autorisation d'importation délivrée par le ministère de l'Agriculture d'un des Etats membres.

Mais Nature et Progrès qui apparaît comme le label le plus stricte en matière de bio en France, affirme son désaccord avec ce nouveau règlement, qui assouplit les règles techniques. D'après l'association qui porte le même nom que son label distinctif, le texte conduit à une industrialisation de la bio « officielle ». Nature et Progrès encourage donc toute initiative plus exigeante et réaffirme l'importance qualitative, pour le consommateur, de ses cahiers des charges et de sa charte.
Pascal Gury, président de l'Agence bio, reconnaît que pour certains, ces règles ne sont pas suffisantes. Mais pour lui, un règlement européen ne doit pas constituer un frein mais un atout.

Avantage ou inconvénient ?

Les différentes règles nationales, donc le logo français AB, doivent désormais s'aligner sur le cahier des charges européen. Ce qui introduit effectivement un recul sur certains points…
Si les produits chimiques de synthèse et l'ionisation restent interdits par le règlement européen, celui-ci augmente le seuil de détection des OGM à 0,9 %, contre 0,1 % pour la réglementation française. Aussi, le règlement interdit les OGM dans l'agriculture biologique mais tolère une contamination accidentelle.
De plus, si les nouvelles règles d'étiquetage impliquent la mention de l'origine des ingrédients, celle-ci reste floue : UE ou hors UE. Or l'agriculture biologique devrait valoriser au maximum les circuits courts et ce nouvel étiquetage ne permettra pas au consommateur de connaître l'origine exacte des produits.
Cependant, ce texte implique la seule responsabilité des Etats membres. Les marques privées, telle que Nature et Progrès, Demeter ou Bio équitable, qui affichent souvent des cahiers des charges plus stricts, pourront continuer d'apposer leur marque sur les produits. Cela apportera-t-il davantage de lisibilité ou de confusion chez le consommateur ? C'est bien la question !

Réactions13 réactions à cet article

 
0.9%

on connait la tactique des marchands de chimére ogm soutenu par la commission européénne ,en acceptant 0.9% d'ogm dans le bio on autorise des cultures qui ne peuvent coéxister une fois contaminées il sera trés difficile de revenir en arriére et on sera obligé de réevaluer le pourcentage a la hausse au fil des ans.Le label bio doit rester extrément rigoureux si on ne veut pas qu'il perde son ame

lionel | 02 mars 2009 à 09h23
 
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Re:0.9%

Votre phrase n'a aucun sens.

Les cultures OGM et bio ne peuvent actuellement "cohabiter" justement parceque le label bio refuse toute présence d'OGM.
Le seuil d'acceptation à 0.9% permet justement à ces deux filières de cohabiter.

Quant à réévaluer le pourcentage à la hausse, pourquoi faire ? Ce n'est pas un pourcentage calculé, mais un seuil fixé.
Vous dites : "Le label bio doit rester extrément rigoureux si on ne veut pas qu'il perde son ame"
Si vous voulez.
Mais c'est vous qui devrez payer cette exigence, pas l'ensemble des agriculteurs, ni l'ensemble des consommateurs.

Lorsqu'un agriculteur refuse de reçevoir le pollen de son voisin, c'est à lui de faire le nécessaire pour s'en protéger. Pas au voisin.

Ryuujin | 10 mars 2009 à 17h54
 
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Re:Re:0.9%

donc le pollen se propage et la contamination ogm est effective,votre théorie est donc de dire que c'est le non fumeur donc celui qui ne pollue pas qui doit s'adapter et non l'inverse ,belle mentalité, le pollen bio contaminerai les champs ogm ? sans commentaires."science sans conscience n'est que ryuujin de l'ame".j'aimerai bien savoir qui se cache dérriere ce pseudo

lionel | 10 mars 2009 à 18h29
 
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Re:Re:Re:0.9%

Ce n'est pas de la fumée : c'est une respiration.
Seuls les fumeurs enfument les autres.
Alors que là, que l'agriculteur cultive en OGM, en conventionnel, ou en bio, son maïs, colza ou autre émet quand même du pollen.

On ne peut pas demander à quelqu'un d'arrêter de respirer, même si on est sûr qu'il est malade...

Le pollen bio contamine autant les champs OGM que le pollen OGM les champs bio : vous vous imaginez peut être que les champs OGM sont les seuls à faire du pollen ? Que le pollen OGM est le seul à féconder ?

Vous dites qu'un agriculteur qui cultive bio est en droit de refuser que le voisin lui envoye du pollen OGM ? Et bien dans ce cas, pourquoi un agriculture qui cultive OGM ne serait pas en droit de refuser que son voisin lui envoye du pollen non-OGM ?!?
Pourquoi les agriculteurs "bio" auraient le droit à ce qu'on leur garantisse la pureté de leur récolte, et pas les autres agriculteurs ?!?
Vous pourriez expliquer cette injustice ? Que répondriez-vous à des agriculteurs conventionnels qui réclameraient le droit de refuser de reçevoir du pollen "bio" ?


"science sans conscience" ? Vous n'avez même pas lu Rabelais, et vous le citez ?
Le mot science quand Rabelais l'employe n'a aucun rapport avec le sens qu'on lui attribue aujourd'hui (la "science" dont nous parlons aujourd'hui n'étant même pas née à l'époque !!), mais était synonyme de "connaissance". La maxime "science sans conscience n'est que ruine de l'âme" signifie simplement qu'il est nuisible d'apprendre par coeur des choses qu'on ne comprends pas, et non que les scientifiques qui ne semblent pas "conscients" selon vos critères sont damnés.

Vous pouvez retourner lire vos classique ; même cela vous échappe.

Ryuujin | 10 mars 2009 à 20h47
 
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Re:Re:Re:Re:0.9%

Sans commentaires ,ce cas reléve de la médecine

lionel | 11 mars 2009 à 19h24
 
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Re:Re:Re:Re:Re:0.9%

Bah voyons.
C'est si difficile pour vous de remettre vos préjugés en question ? Cela vous semble inconcevable qu'on puisse ne pas les partager ?

Je vous demande d'expliquer pourquoi les agriculteurs bio auraient plus de droits que les autres, pourquoi ils auraient le droit de limiter le choix des semences de leurs voisins, et pourquoi ceux-ci n'auraient pas le droit d'en faire de même.

Vous devez bien avoir une raison objective pour soutenir ceci, ce n'est pas une simple lubie, n'est-ce pas ?

Ryuujin | 12 mars 2009 à 12h19
 
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Re:Re:Re:Re:Re:Re:0.9%

il faut vous faire soigner mon vieux votre allergie a la nature vous aveugle,vous parler intolérance mais vos propos traduisent un intégrisme scientifique qui confine a la névrose,allez ce n'est pas si grave vous pourrez toujours aller au etats unis pour vous procurer de bonnes céreales genetiquement modifiées

lio | 12 mars 2009 à 18h16
 
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Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:0.9%

Vous n'avez donc aucune réponse à cette question pourtant simple ?

Je vous demande d'expliquer pourquoi les agriculteurs bio auraient plus de droits que les autres, pourquoi ils auraient le droit de limiter le choix des semences de leurs voisins, et pourquoi ceux-ci n'auraient pas le droit d'en faire de même.

Vous devez bien avoir une raison objective pour soutenir ceci, ce n'est pas une simple lubie, n'est-ce pas ?

Ne me dites pas que cette question ne vous évoque que des insultes...
Méfiez-vous : ce n'est jamais bon signe de réagir violemment au moindre signe de réflexion.

Ryuujin | 12 mars 2009 à 18h53
 
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Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:0.9%

Mais c'est vous qui réagissez à chaque fois violemment! Bon voyage aux US !!!Bravo Lionel!

chris | 26 mars 2009 à 20h06
 
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Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:0.9%

Si lorsqu'on vous demande les raisons qui vous font affirmer comme si c'était l'évidence même des choses qui sont complètement contre-intuitive, vous vous sentez aggressé, c'est que vous avez un problème.

Par exemple, c'est que vous n'avez pas d'argument, ou que vous êtes conscient d'avoir tord, et que cela vous gène de le reconnaitre.

Quant on refuse de se poser des questions, c'est jamais bon signe.

Ryuujin | 26 mars 2009 à 21h54
 
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Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:0.9%

Vous ètes obtu, borné, endoctriné. Je ne comprends toujours pas pourquoi une telle intolérance à chaque fois qu'il s'agit d'OGM.........
Pourquoi vous mettez-vous dans cet état là ? C'est un forum de discussion, cool, tranquille, et vous venez agresser les gens qui ne sont pas d'accord avec vous. Vous avez un gros problème, Monsieur.

chris | 27 mars 2009 à 12h25
 
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Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:0.9%

Bah voyons...
En attendant, où sont vos arguments ? Quelle est la réponse a cette question qui semble vous énerver ?

C'est bien joli de jouer les martyrs à la moindre occasion, mais si vous aviez des arguments solides, vous ne vous sentiriez pas aggressé par la moindre question pertinence.

Tout le monde se fiche de qui est d'accord avec qui.
Ce qui compte, c'est qui dit vrai, et qui se trompe.

Ryuujin | 27 mars 2009 à 15h45
 
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quelle est la question finalement

Ryuujin nous devons le reconnaître il est tout à fait normal de se poser la question de l'égalité des droits. Il faut cependant rappeler un élément décisif concernant les différents types de culture et il me semble que vous ne le prenez pas vraiment en compte, je me trompe ? En effet les implications sur la santé humaine ne sont pas identiques que l'ont consomme du bio, du conventionnel ou du OGM. L'intégration de pollen OGM dans les aliments bio en diminue la qualité vis à vis de cette santé humaine, on ne peut le nier il me semble. Alors que l'ajout de pollen Bio dans une culture OGM ne peut pas en diminuer la qualité. Néanmoins si vous parlez de qualité en terme de pureté du produit par rapport au type de culture vous avez raison.
Mais l'aspect le plus important est bien la santé de l'homme n'est il pas ?

John_csf | 17 juillet 2009 à 07h14
 
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