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Futur centre de traitement de déchets ménagers d'Ivry-Paris XIII : le débat public est lancé

Le SYCTOM parisien a saisi la Commission Nationale du Débat Public sur le projet de reconstruction du centre de traitement de déchets d'Ivry-Paris XIII prévu pour 2019. Pendant 4 mois, les riverains sont invités à découvrir le projet et à s'exprimer.

Déchets  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Futur centre de traitement de déchets ménagers d'Ivry-Paris XIII : le débat public est lancé
   
Du 4 septembre au 21 décembre 2009, les habitants de 14 communes et de 12 arrondissements de Paris1 sont invités à participer au débat public organisé par la Commission Nationale du Débat Public sur le projet de reconstruction du centre de traitement d'Ivry-Paris XIII. Cette Commission a été saisie par le Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères de l'agglomération parisienne (SYCTOM).

Le SYCTOM propose de reconstruire le centre de traitement d'Ivry-Paris XIII construit en 1969 et dont la fin d'exploitation est prévue pour 2018. Chaque année, ce centre accueille 37.500 tonnes de déchets recyclables provenant des collectes sélectives et 690.000 tonnes d'ordures ménagères résiduelles (OMR) dont 587.000 tonnes provenant du périmètre proche et 103.000 tonnes provenant d'autres centres du SYCTOM. Ces OMR sont incinérées avec valorisation énergétique : 962.346 MWh de vapeur permettant de chauffer 100.000 logements et 108.858 MWh d'électricité ont été produit en 2008. Le site dispose également d'une déchetterie d'une capacité de 5.500 tonnes par an.

Mise en place d'un tri mécanobiologique

Pour son nouveau projet, le SYCTOM envisage de déplacer la déchetterie et le centre de tri sur deux autres sites et de construire à Ivry un nouvel incinérateur et une unité de méthanisation. Le site pourrait traiter au total 600.000 tonnes de déchets par an contre 740.000 tonnes aujourd'hui (-18%). Le SYCTOM mise donc sur une réduction de la production de déchets sur son périmètre au regard des politiques de prévention et de l'accroissement du recyclage. Le syndicat a donc dimensionné ses installations pour recevoir 490.000 tonnes d'OMR provenant de son périmètre et 110.000 tonnes de rebus combustibles en provenance de ses autres centres de méthanisation.

Estimant que la mise en place d'un tri sélectif des biodéchets est trop compliquée pour l'instant dans un secteur très urbain et très dense, le SYCTOM a choisi de mettre en place un tri mécanobiologique. Les ordures ménagères résiduelles seront ainsi triées afin d'isoler la part fermentescible qui sera envoyée dans un méthaniseur (de 35 à 39%), la part recyclable qui rejoindra les collectes sélectives (de 3 à 9%) et les éléments indésirables ou dangereux qui seront envoyés en centre de stockage (de 4 à 14%). Le volume restant sera incinéré : 350.000 tonnes au total. Le SYCTOM entend produire grâce à une incinération plus efficace et à la production de biogaz environ 990.000 MWh sous forme de vapeur, 149.000 MWh d'électricité et 170.000 MWh de biogaz valorisable en carburant pour le parc de bennes à ordures.

Neuf réunions publiques pour aborder les points clefs du projet

L'ensemble de ces données vont être transmises aux habitants des communes concernées, aux riverains du site, aux utilisateurs des sous-produits (énergie, compost…) et aux divers acteurs intéressés par la gestion des déchets ménagers en Ile-de-France. Neuf réunions publiques, des expositions, des dépliants dans les boîtes aux lettres, la Commission du débat public prévoit une information multiple aux frais du SYCTOM. Nous ne donnerons pas d'avis sur le projet mais nous sommes là pour que tous les points de vue puissent s'exprimer, explique Philippe Marzoff, Président de la Commission Particulière mise en place pour ce débat. Il s'agira d'organiser le débat de manière à répondre à plusieurs questions : faut-il vraiment reconstruire le centre, la méthanisation sur ordures ménagères résiduelles est-elle acceptable, l'intégration du projet dans son environnement est-elle suffisante, ajoute Philippe Marzoff.

Pour tenter de répondre à ces questions, la Commission fera intervenir les promoteurs du projet mais également des experts indépendants. Le Président de la Commission Particulière reconnaît qu'il n'est pas toujours facile pour un maître d'ouvrage de donner en pâture un projet préparé depuis plusieurs années, mais précise que de nombreux projets ont été améliorés grâce au débat public : il cite par exemple le projet CDG express dont le débat public a permis de faire émerger une solution moins coûteuse proposée par une association et qui est aujourd'hui le projet retenu par RFF. Les projets sont soit transformés, soit mieux compris ou parfois abandonner comme ce fut le cas pour l'autoroute Metz-Nancy, ajoute-t-il. De son côté, le SYCTOM se montre enthousiaste : le SYCTOM se réjouit de ce débat public, c'est une chance supplémentaire d'approfondir et d'élargir la concertation et de sensibiliser notre population, a déclaré François Dagnaud son Président.

Premier débat public pour un centre de traitement des déchets

Pour ce projet, le SYCTOM prévoit d'investir entre 737 et 787 millions d'euros via des emprunts et dans la mesure du possible par des fonds propres. Ce sont donc les 84 communes adhérentes au syndicat qui financeront ces installations via la redevance versée pour le service rendu.
Vu les sommes investies, le projet du SYCTOM doit faire l'objet d'un débat public conformément à la loi de février 2002. En effet, depuis cette loi, les équipements industriels qui nécessitent plus de 300 millions d'euros d'investissement en terme d'infrastructures (hors coût des process) sont concernés. Le projet Ivry-Paris XIII est ainsi le premier centre de traitement de déchet à faire l'objet d'un débat public.

La première réunion publique est prévue le 22 septembre à Ivry-sur-Seine tandis que la réunion de clôture sera organisée le 14 décembre prochain. À l'issue du débat public, la Commission élaborera un compte rendu dans les 2 mois suivants. Le SYCTOM disposera ensuite de 3 mois pour décider de la suite qu'il souhaite donner au projet. Une fois le constructeur du centre choisi, le SYCTOM déposera les demandes d'autorisation début 2013. Les travaux pourraient démarrer en 2014 pour une mise en service des équipements d'incinération en 2019 et l'achèvement du chantier en 2023.

Notes

1 - les 1er, 2e, 3e, 4e, 5e, 6e, 11e, 12e, 13e, 14e arrondissements de Paris, une partie du 10e et du 20e arrondissement et les communes de Cachan, Montrouge, Gentilly, le Kremlin-Bicêtre, Ivry-sur-Seine, Villejuif, Vitry-sur-Seine, Charenton-le-Pont, Saint-Mandé, Vincennes, Joinville-le-Pont, Saint-Maurice, Maison-Alfort, Valenton. 2 - Participer au débat

Réactions3 réactions à cet article

 
trimécanobiologique

enfin une exploitation du trimécanobiologique qui ne prèvoit pas de fabrication de compost pollué
pourquoi ne pas envisager cette solution pour tous les TMB et interdire le compostage agricole à partir de ces derniers

marthe | 24 septembre 2009 à 09h24
 
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pas sur

Je vous rappelle que cette unité fera le tri sur Ordure ménagère brute, donc il n'y aura pas de collecte en particulier et donc la partie sortant du méthaniseur sera donc transformée en compost (ce serait un ineptie de mettre ce compost en incinération, bien qu'avec un PCI élevé).

Le compost sera donc mélangé avec des métaux lourd, LE SEUL PROBLEME POUR CE SUJET RESTANT LA MAUVAISE EDUCATION DES FRANçAIS CONCERNANT LE TRI DES PILES (25%).
Travaillant dans ce domaine, je rappelle simplement qu'il est à mon sens plus naturel d'amender les sols avec du compost même issu d'ordure ménagère que des engrais complètement chimiques poussé à être consommé par un lobbying plus qu'important.

ArnO | 24 septembre 2009 à 14h05
 
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solution positive de couplage biométah+incinératio

Je trouve positif de faire une biométha avec une incinération (solutions complémentaire exemple de marseille).
Par contre, je rebondis sur la réaction précédente, car je pense que la finalité sera de faire du compost extrait d'ordure ménagère brute. EN soit, ceci n'est pas un problème, les présences importantes de métaux lourds SONT UNIQUEMENT DU A LA MAUVAISE ÉDUCATION DES FRANÇAIS QUI NE TRIENT PAS LES PILES (25% de recyclage).
Et j'ajoute que l'amendement des sols agricoles est toujours meilleur avec du compost d'ordure ménagère que des engrais chimiques imposés par le lobbying des chimiquiers....

ArnO | 24 septembre 2009 à 14h24
 
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