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Décarbonation de l'industrie : la distillerie Rivière du Mât opte pour la méthanisation (2/4)

Quoi de mieux que de traiter ses effluents aqueux tout en produisant sa propre énergie ? C'est le choix judicieux qu'a réalisé la distillerie Rivière du Mât, à la Réunion, en optant pour la méthanisation.

Energie  |    |  Florence Roussel
Décarbonation de l'industrie : la distillerie Rivière du Mât opte pour la méthanisation (2/4)

Depuis son rachat par le groupe La Martiniquaise et le lancement de la modernisation du site, la distillerie de mélasse de canne à sucre Rivière du Mât – la plus importante de l'île de la Réunion – s'est lancée dans l'aventure de la méthanisation dès 2011. Objectif : traiter ses effluents très riches en matière organique et remplacer le fioul brûlant dans sa chaudière par du biogaz « fait maison ».

Apprivioser la méthanisation

La première unité, à 8 millions d'euros, n'a pas été simple à apprivoiser, mais elle a quand même convaincu l'industriel. « C'était un pari industriel, avec un investissement lourd à clé, mais qui nous a permis d'effacer 80 % de notre consommation de fioul et de traiter 50 % de nos effluents. Même si pendant quatre ans nous avons dû faire face à des difficultés d'exploitation et réinvestir dans l'installation, on a bien fait », estime sans regret Teddy Boyer. Le site a d'ailleurs réitéré, en construisant un deuxième méthaniseur à 10 millions d'euros, en 2020, pour traiter le reste des effluents et se passer définitivement du fioul, dont la consommation dépassait auparavant 10 l pour 100 l d'alcool pur produit.

Désormais, l'industriel achève son installation de cogénération pour produire de l'électricité à partir du biogaz excédentaire (6 millions d'euros d'investissement). « Après une longue instruction, nous avons obtenu un tarif d'achat auprès de la CRE proche de 20 centimes le kilowattheure. Tout sera revendu et injecté dans le réseau. Les deux moteurs de 1 200 kW vont être mis en service en août prochain, pour une production de 6 à 7 GWh par an, précise avec fierté M. Boyer, alors qu'on ne consomme que près de 2 GWh. »

Inscrire l'usine dans les enjeux énergétiques du territoire

Les réflexions vont se poursuivre autour de cette usine « à énergie positive », afin de continuer à inscrire son activité dans l'économie locale, comme c'est déjà le cas avec la méthanisation. « À travers nos plans annuels d'épandage de digestats sur 800 ha, les planteurs de canne à sucre économisent 1 000 euros d'engrais à l'hectare », précise Teddy Boyer. Ainsi, après douze ans et 24 millions d'euros d'investissement, l'ambition n'est pas retombée. L'équipe travaille maintenant sur la valorisation du CO2 que rejettent les fermenteurs pour le substituer au CO2 produit à partir du fioul dont l'industrie agroalimentaire de l'île a besoin.

À l'étude également, une nouvelle chaudière à haute performance pour récupérer la chaleur des fumées et utiliser en priorité le biogaz pour produire de l'électricité. Et pourquoi pas des panneaux photovoltaïques ? « L'étude de faisabilité pour de l'autoconsommation est en cours, répond M. Boyer, surtout qu'à la Réunion, le kilowattheure a augmenté de 22 %, le 1er février 2022. » Un contexte motivant.

L'accompagnement de l'Association technique Energie Environnement (ATEE) dont a bénéficié l'industriel à travers les programmes ProRefei et Pro-SMen n'est sans doute pas étranger à sa motivation : « Le chemin parcouru est immense, mais il n'y a pas de doute, on y va », estime M.Boyer. Tout en reconnaissant que « si un financier regarde ce type de projet, il n'y va pas », sous-entendant qu'une volonté politique de premier ordre s'avère nécessaire pour mener à bien ces projets. Les aides financières apportées par l'Ademe, l'Union européenne et la Région y sont aussi pour beaucoup, puisqu'elles peuvent aller jusqu'à diviser par deux la facture de l'industriel et réduire d'autant le temps de retour sur investissement.

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