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Décarbonation de l'industrie : les appels à projets sont lancés

Deux appels à projets et un appel à manifestation d'intérêt s'ouvrent aujourd'hui pour financer la décarbonation de l'industrie sous forme de subventions et d'aides au fonctionnement. 200 M€ sont prêts à être débloqués d'ici la fin de l'année.

Energie  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Décarbonation de l'industrie : les appels à projets sont lancés

Une semaine après la présentation du plan de relance, les ministères de l'Économie et de la Transition écologique lancent le volet décarbonation de l'industrie. L'objectif est de répondre aux objectifs de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) qui prévoit une réduction des émissions de plus de 30 % d'ici 2030. De 81 millions de tonnes de CO2 émises en 2015, le secteur doit atteindre un budget carbone de 51 MtCO2 sur la période 2029-2033. Le scénario du Gouvernement mise, dans un premier temps, sur l'amélioration de l'efficacité énergétique des usines et la substitution des combustibles fossiles, puis sur l'électrification des procédés, voire l'hydrogène pour certains secteurs. « Les gains d'efficacité énergétique varient en fonction des filières. En 2030, le scénario suppose des gains entre 10 % et 30 %. En 2050, les gains augmentent entre 20 % et 40 %. Le taux d'électrification augmente, quant-à-lui, légèrement entre 2015 et 2030 (de 38 % à 41 %) puis plus rapidement jusqu'en 2050 pour atteindre plus de 70 % de la consommation finale à cet horizon », peut-on lire dans la SNBC.

Reste à motiver les industriels. C'est tout l'objet des deux appels à projets (AAP) et de l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) lancés aujourd'hui. 1,2 milliard d'euros leur est consacré d'ici 2022, dont 200 millions d'euros dès cette année, puis 500 millions d'euros par an en 2021 et 2022. Les deux AAP se clôtureront le 20 octobre prochain avec une sélection des projets mi-novembre et le versement des premières aides en décembre. Le critère de sélection principal sera le coût de la tonne de CO2 évitée. « Nous espérons travailler sur les dix sites les plus émetteurs de carbone, et nous pensons pouvoir éviter 9 millions de tonnes d'émissions dans ces champs d'action », a expliqué Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l'industrie à l'occasion de la visite du site de Dunkerque d'Arcelor Mittal. « C'est le moment de se saisir de ce sujet », estime-t-elle

Une nouvelle formule pour l'AAP BCIAT 2020

En complément du fonds chaleur et du dispositif des certificats d'économies d'énergie, le Gouvernement crée un fonds décarbonation pour mettre en place un soutien financier dans la durée. Les projets industriels soutenus bénéficieront d'aides à l'investissement de la part de l'Ademe, comme c'est traditionnellement le cas dans le cadre de l'Appel à projet biomasse chaleur industrie agriculture et tertiaire (BCIAT), mais également d'une aide de fonctionnement sur 15 ans à partir de la mise en service de l'installation. Des versements réguliers seront assurés à l'industriel. Mais ce niveau d'aide sera recalculé tous les ans en fonction de l'évolution du prix de l'énergie de référence et de la production thermique.

 
C'est le moment de se saisir de ce sujet  
Agnès Pannier-Runachier
 
Cette aide sera réservée aux projets de biomasse de plus de 12 000 MWh/an visant à alimenter en chaleur renouvelable des industries manufacturières. La biomasse devra être issue de l'exploitation des forêts ou des sous-produits de l'industrie du bois, du bois déchets ou encore des sous-produits agricoles. D'autres combustibles pourraient être éligibles selon les cas : boues de station d'épuration ou encore effluents d'élevage. Mais dans tous les cas, la biomasse devra représenter 80 % minimum des combustibles utilisés.

Par contre, les projets visant à substituer des combustibles fossiles par des combustibles solides de récupération (CSR), issus de refus de tri de déchets, ne seront pas éligibles. « Les projets CSR feront l'objet d'un AMI spécifique en octobre prochain avant d'intégrer en 2021 cet appel à projet BCIAT », précisent les services ministériels. Le dépôt de dossier simultané aux AAP Énergie CSR et BCIAT est donc proscrit.

Un appel à projets sur l'efficacité énergétique des procédés

Cet appel à projets s'adresse à toutes les personnes morales privées qui envisagent d'améliorer leur process afin de réduire leur consommation d'énergie tout en produisant autant. Les porteurs de projets via un tiers-financement ou un contrat de performance énergétique sont éligibles. Les projets doivent être assez conséquents avec un budget de 3 millions d'euros au minimum et ils doivent mettre en oeuvre des technologies matures et non des démonstrateurs. L'AAP est cumulable avec les CEE. L'aide versée prendra la forme de subventions.

Pour les projets plus modestes, un guichet de demande de subvention sera ouvert auprès de l'Agence de service et de paiement.

Un AMI pour développer de nouveaux procédés industriels

Cette ouverture des deux AAP s'accompagne du lancement d'un appel à manifestation d'intérêt (AMI). Cet AMI IndusDECAR vise à soutenir le déploiement de solutions de décarbonation des procédés qui ne rentreraient pas dans les cases des deux AAP présentés ci-dessus comme, par exemple, l'électrification des process par l'installation de fours électriques, résistances, électrochimie, séparation membranaire, plasma, pompes à chaleur, etc.

Selon une première évaluation publiée en juin 2020 par l'Ademe, 18 % de la consommation de combustibles pour les process thermiques, soit 41,6 TWh, seraient substituables en recourant à des techniques électriques. Les résistances peuvent se substituer aux combustibles pour des usages couvrant la plupart des secteurs de l'industrie. Le recours aux pompes à chaleur (PAC) pour l'électrification concerne, pour une très large part, l'agroalimentaire, la chimie organique et le papier. Tandis que les membranes sont un substitut applicable uniquement dans l‘industrie laitière.

La date de clôture de l'AMI est fixée au 9 novembre. A vos projets !

Réactions3 réactions à cet article

 

Dans l'industrie du caoutchouc au départ on avait un système particulièrement performant et une qualité exceptionnelle due à la cuisson, des bains de sel en fusion, chaque kw utilisé était employé, sinon à l'arrêt c'était juste une maintient au chaud.
Puis on est passés aux magnétrons et bains de billes de verre, un produit moins bon et au maximum 25% de rendement au lieu de 90%.
Puis au couple magnetrons gaz comment voulez-vous qu'une soufflerie à 300° et des espaces pour des ondes de 2500 megahertz mal conçus (technologie Hallemande!,) puisse cuire à coeur correctement du caoutchouc.
Résultat, la ou le produit fini dépensait 15% d'électricité, on était arrivés à plus de 40% et des fumées dignes d'une centrale thermique. dont du gaz générateur de co2.
Et un produit de qualité inférieure, heureusement il y a une forme d'autovulcanisation du caoutchouc avec le temps.

pemmore | 11 septembre 2020 à 10h14
 
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D'après le GIEC, le CO2 représente seulement 26% de l'effet de serre et la vapeur d'eau 60 % ... pourquoi ne pas s’intéresser en premier à la vapeur d'eau ?
Il faut dépolluer l'industrie mais la décarboner ne veut strictement rien dire pour le climat !
L'atmosphère a deux effets indissociables : l’effet de serre et l'effet parasol ! l'effet parasol nous protège la journée (sinon la température atteindrait + 150°c) et l'effet de serre nous protège la nuit (sinon la température serait à -168°c) . Si on assiste à de fortes canicules l'été c'est justement par manque de vapeur d'eau et par manque d’évaporation (donc manque de végétation sur les continents). on mesure 20°c d'écart entre un champ vert et un champ sec l'été, un champ irrigué l'été a le même impact sur le climat qu'une foret ! il faut planter des arbres pour le long terme mais à court terme il faut végétaliser en gardant de l'eau l'hiver !

sur le diagramme les 60% d’effet de la vapeur d’eau sont calculés avec un taux d’humidité de 100%, quand l’été le taux descend en dessous de 20% l’effet parasol descend à 12% donc l’atmosphère perd 50% de son effet parasol et le soleil brule les sols (canicule) !

les zones tempérées sont couvertes d'eau ou de végétation, il peut y faire chaud mais il n'y a pas de canicule !

60% de l’énergie solaire qui arrive jusqu’au sol est évacuée grâce à l’évaporation de l’eau (entropie : 2250 joules absorbés par gramme d'eau évaporé), sols secs = canicule l'été

laurent | 11 septembre 2020 à 12h52
 
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Cher Pemmore, cher Laurent,

Ah! cela fait du bien d'entendre et de lire des spécialistes, sur deux sujets que vous semblez bien connaître! Je fais miennes vos observations parce qu'elles me paraissent riches de savoir, de logique et de raison.

Cependant, permettez-moi de vous suggérer d'y adosser quelques références, vous complèteriez ainsi vos propos et les mèneriez à leur complet et parfait développement. Oui, cela prend du temps, mais cela en vaut la peine, croyez-moi.

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 11 septembre 2020 à 18h50
 
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