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La décarbonation du secteur agricole ne doit pas se faire au détriment d'autres enjeux

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

L'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) a comparé plusieurs scénarios de transition de l'agriculture européenne pour évaluer leur contribution potentielle à l'objectif de neutralité carbone.

Le premier scénario prévoit une généralisation des principes de l'agriculture biologique, l'extension des infrastructures agroécologiques et l'adoption de régimes alimentaires sains pour nourrir 530 millions d'Européens à l'horizon 2050 (scénario Ten years for agroecology in Europe, Tyfa). La production agricole baisse de 35 % (pas de production de biomasse énergie notamment) et les émissions de gaz à effet de serre de 40 %. Le potentiel de séquestration de carbone dans les sols est évalué à 159 MtCO2eql/an jusqu'à 2035. Résultat : ce scénario est "peu compatible avec la neutralité carbone, mais [il] offre de nombreux co-bénéfices : biodiversité, ressources naturelles, adaptation, santé", analyse l'Iddri.

Un scénario (Tyfa-GES), basé sur les mêmes principes, va plus loin avec une réduction plus forte du cheptel bovin (-34 % par rapport à 2010, contre -15 % pour Tyfa) et le développement contrôlé de la méthanisation à partir des herbes de prairies (18 % des herbes sont méthanisées) et de déjections animales (50 % sont méthanisées). Dans ce scénario, "les réductions d'émissions atteignent -47 %, le potentiel de séquestration est similaire, et la production de bioénergie s'élève à 189 TWh/an", indique l'Iddri.

Le troisième scénario est basé sur une augmentation des rendements agricoles (+30 %) pour économiser des terres (land sparing), "qui sont soit reboisées pour accroître le puits biogénique, soit utilisées pour produire de la biomasse énergie". Ce scénario est neutre en carbone mais a "des impacts potentiellement forts sur la biodiversité et la santé des sols, qui pourraient remettre en cause la capacité productive même des agroécosystèmes et conduire ainsi à une baisse des rendements là où leur hausse est attendue", estime l'Iddri, qui conclut que les débats sur les trajectoires de la décarbonation du secteur agricole ne doivent pas écarter les autres enjeux.

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