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Réduire les émissions de GES grâce à une meilleure gestion des déchets

Moins d'enfouissement et davantage de recyclage et d'incinération avec récupération de chaleur pourraient permettre une réduction minimum de 85 millions de tonnes équivalent CO2, selon l'Agence européenne de l'environnement.

Déchets  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
   
Réduire les émissions de GES grâce à une meilleure gestion des déchets
   

La production de déchets municipaux de l'UE 27 (hors Chypre), de la Norvège et de la Suisse est estimée à 225 millions de tonnes en 2010 et devrait atteindre 279 Mt en 2020. Pendant longtemps, la mise en décharge a prédominé dans ces pays mais la tendance a évolué ces dernières années. Si en 1995, le taux de mise en décharge moyen était de 68 %, il est tombé à 40 % en 2007. Il devrait atteindre 28 % en 2020 dans un scénario business as usual. A la même date, le taux de recyclage des déchets municipaux devrait être d'environ 49 % alors que l'incinération avec récupération d'énergie devrait être de 23 %.

 
L'approche cycle de vie de la gestion des déchets L'AEE a développé une approche cycle de vie pour évaluer l'effet global de la gestion des déchets municipaux sur le climat. Cette approche prend en compte les émissions de gaz à effet de serre directes de la gestion des déchets (collecte, transport et traitement) et les émissions évitées, c'est-à-dire les émissions de la production d'énergie à partir de combustibles fossiles et la production de matières premières qui seraient nécessaires s'il n'y avait pas récupération d'énergie et de méthane lors de l'incinération et de la mise en décharge ou s'il n'y avait pas de récupération de matière première secondaire lors du recyclage.
 
''L'amélioration de la gestion des déchets solides municipaux dans plusieurs pays européens depuis la fin des années quatre-vingt-dix a eu des effets significatifs, estime l'Agence européenne de l'environnement (AEE) dans une étude publiée le 29 août. Les émissions directes de gaz à effet de serre (GES) provenant des activités de gestion des déchets ont atteint un sommet en 2002 et n'ont cessé de diminuer depuis. Parallèlement, les émissions évitées ont augmenté de façon constante depuis 1990, principalement en raison d'un taux de recyclage croissant et, dans une moindre mesure, de récupération d'énergie.

En conséquence, les émissions nettes de GES ont atteint un sommet en 1995 à plus de 84 Mt eqCO2, et ont diminué de 48 Mt dans la période 1995-2008.

Scénario business as usual : - 85 Mt eqCO2

Selon l'AEE, les émissions nettes (émissions directes moins émissions évitées) de la gestion de déchets municipaux pourraient diminuer de 85 Mt d'équivalent CO2 entre 1990 et 2020 dans les 28 pays étudiés. A partir de 2017, les émissions évitées seraient même plus élevées que les émissions directes si les taux de recyclage et d'incinération avec récupération d'énergie sont élevés. Entre 2017 et 2020, les émissions nettes de GES baissent encore et deviennent négatives du fait de la production croissante de déchets municipaux, ce qui pourrait conduire à une conclusion farfelue : plus on produit de déchets et plus on les recycle, mieux c'est pour le climat. ''Ce n'est bien sûr pas le cas, précise l'AEE. Le modèle se concentre uniquement sur la gestion des déchets et ne prend pas en compte toute la chaîne de production des biens et ses impacts. La consommation croissante de biens est évidemment nocive pour l'environnement lorsqu'on prend en compte toutes les étapes de la vie d'un produit et non seulement sa fin de vie''.

Ce que retient l'AEE de cette analyse, c'est que l'amélioration de la gestion des déchets municipaux, par le développement d'alternatives à l'enfouissement, conduit à une réduction des émissions nettes de GES, qui participerait à l'effort général d'atteinte de l'objectif de réduction de GES de l'UE.

En effet, malgré une production croissante de déchets municipaux, les émissions directes liées à leur gestion sont ''clairement décroissantes à partir de 2005, liées à une meilleure gestion''. Parallèlement, de plus en plus d'émissions sont évitées. Les avantages liés à la récupération d'énergie dans les décharges (moins de 5 Mt en 2020) ou lors de l'incinération (moins de 20 Mt) sont bien moindres que ceux liés à la récupération de matériaux (environ 100 Mt en 2020). ''Les émissions évitées par le recyclage constituent plus de 75 % du total des émissions évitées'', précise l'AEE, ajoutant que ''le recyclage est principalement à l'origine de la diminution rapide des émissions de GES de la gestion des déchets municipaux depuis 2000''.

Une réduction des mises en décharges nécessaire

Au-delà de ce scénario business as usual, l'AEE a planché sur deux autres scénarios : le premier prévoit une mise en œuvre des objectifs de la directive de 1999 sur la mise en décharge et le second une interdiction de la mise en décharge en 2020.

La directive de 1999 prévoyait, d'ici 2006, que la quantité de déchets municipaux biodégradables mis en décharge soit réduite à 75 % (en poids) de la totalité des déchets municipaux biodégradables produits en 1995 ou au cours de la dernière année avant 1995, à 50 % d'ici 2009 et à 35 % d'ici 2016. Les déchets de cuisine et de jardin constituent en effet une grande partie des déchets municipaux dans la plupart des pays européens.

En réalité, seuls huit Etats membres rempliraient ces objectifs (Autriche, Belgique, Danemark, France, Allemagne, Luxembourg, Pays-Bas et Suède). Mais dans l'hypothèse où tous les pays y parviendraient, l'AEE estime que la réduction nette des émissions de CO2 serait de 102 Mt eqCO2 entre 1990 et 2020, soit une réduction supplémentaire de 17 Mt par rapport au scénario de référence, grâce à une augmentation du recyclage et de l'incinération et une diminution des émissions nettes liées à l'enfouissement. Mais une réduction plus importante des émissions devrait intervenir après 2020, en raison de la lente dégradation des déchets biodégradables et des émissions de méthane qui perdurent de nombreuses années après l'enfouissement. Le détournement des déchets des décharges vers le recyclage serait l'option qui produirait le plus de réduction d'émissions.

Le second scénario, basé sur une interdiction totale de la mise en décharge à l'horizon 2020, conduit quant à lui à une réduction supplémentaire de 34 Mt eqCO2 par rapport au scénario de référence, soit une réduction totale de 119 Mt entre 1990 et 2020.

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