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La baisse des volumes de déchets collectés par les services publics des grandes villes devrait se poursuivre

Selon le Credoc, la baisse de la collecte publique des ordures ménagères dans les centres urbains devrait continuer, notamment à cause de la concurrence des services spécialisés et de la réduction à la source des déchets.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
   
La baisse des volumes de déchets collectés par les services publics des grandes villes devrait se poursuivre
© Stéphanie Claverie
   

La collecte des déchets urbains assurée par les collectivités est en baisse depuis une dizaine d'année. Le Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères de l'agglomération parisienne (Syctom) a donc demandé au Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc) de se pencher sur le sujet et d'en trouver les causes. Un question "cruciale" pour les gestionnaires des unités de traitement des déchets, qui souhaitent savoir s'il s'agit "d'une tendance durable ou d'un effet passager imputable à la crise économique", constate le Credoc

De manière générale, le Credoc constate que "la tendance observée dans des villes comme Paris, Lille ou Lyon, mais aussi Berlin ou Londres, est un phénomène complexe qui s'explique par la conjonction de facteurs propres aux grands centres urbains." Quant à l'avenir, il estime qu'en Ile-de-France, la collecte publique des déchets "pourrait continuer à baisser ou se stabiliser, mais ne repartira pas à la hausse."

Le paradoxe des grandes villes

De prime abord, la situation actuelle apparaît contradictoire. L'Ademe et l'Agence européenne de l'environnement (AEE) constatent toutes deux "une progression continue du tonnage de déchets collectés par les municipalités", une croissance qui pourrait même atteindre 25% en ville entre 2005 et 2020 selon les projections de l'AEE. Or, "la tendance à la baisse de la collecte est [pourtant] avérée dans plusieurs grandes villes européennes", à l'image de l'agglomération parisienne où la baisse tendancielle des tonnages collectés semble avérée avec une réduction de 4% entre 2000 et 2005 et une baisse de 7% entre 2000 et 2009.

Le Credoc constate qu'"entre 2000 et 2009, la production annuelle d'ordures ménagères dans l'Hexagone s'est stabilisée autour de 420 kilos par habitant (kg/hab), alors que pour l'agglomération parisienne, elle a régressé de 482 à 414 kg/hab [et] pour Paris intramuros, cette baisse est encore plus marquée (de 555 à 475 kg/hab)."

Une baisse ressentie plus fortement les quartiers commerçants

Des chiffres qui varient grandement des quartiers résidentiels aux quartiers à forte activité économique. Quand la collecte des ordures ménagères et des encombrants peut atteindre 1.500 kg/hab dans les 1er et 8ème arrondissements parisiens, où les activités économiques sont très développées, elle s'établit à 370 kg/hab dans les 15ème et 20ème arrondissements, des quartiers très résidentiels. Même constat en proche banlieue avec toutefois des écarts moins importants et des tonnages compris entre 300 et 500 kg/hab.

Des "différences [qui] s'expliquent moins par la sociologie des populations résidentes, que par l'importance de la fréquentation des commerces et des services par les Franciliens, mais également les touristes." Ainsi, la crise économique a eu un impact fort dans le centre de Paris qui a été plus affecté par la baisse d'activité et a enregistré une chute de 20% de la collecte de 2000 à 2009.

S'agissant d'expliquer la tendance, le Credoc évoque tout d'abord la conjoncture économique. Plus précisément, il note une corrélation avec l'indicateur de l'Insee sur la propension des ménages à s'engager dans des achats importants, un indicateur qui s'est dégradé depuis le début de la décennie 2000. Cependant, ce facteur ne suffit pas à expliquer la baisse de la collecte constatée par le Syctom.

Les services communaux concurrencés par les collectes privées

Le Credoc rappelle que les déchets collectés par les communes et traités ensuite par le syndicat intercommunal d'élimination des ordures ménagères ne représentent pas l'ensemble des déchets collectés et traités sur un territoire. Certes, ce volume correspond à la majeure partie des déchets, mais des services spécialisés interviennent aussi dans le traitement des déchets.

Il s'agit en particulier des déchetteries dont le développement a été "très dynamique entre 1995 et 2008", y compris en région parisienne. Or, "sur le territoire de Paris et petite couronne géré par le Syctom, les tonnages apportés directement aux déchetteries auraient progressé de 90 000 à 150 000 tonnes entre 2000 et 2008", constate le centre de recherche. De même, les activités économiques font de plus en plus appel à des services privés de collecte spécialisés dans l'enlèvement des papiers, des cartons, des plastiques ou des déchets de restauration. Autant de tonnages qui n'entrent pas dans le décompte du Syctom qui ne les traite pas.

Des citoyens plus attentifs aux déchets qu'ils produisent

Enfin, le troisième facteur cité par le Credoc est la réduction de production de déchets à la source. De manière générale, l'allégement et la miniaturisation des produits, la multifonctionnalité des appareils et la diminution du poids des emballages vont dans ce sens. Un phénomène qui aurait entraîné, selon l'Ademe, une baisse de 24% du besoin de matière entre 1990 et 2007.

Selon le Credoc, il en est de même avec la tertiarisation de l'activité économique qui s'accompagne de "deux phénomènes ayant un impact direct sur la baisse de production de déchets : la délocalisation hors des grandes villes des industries et ateliers de production et l'évolution de la consommation des ménages vers plus d'achats de services et moins d'achats de biens matériels." En effet, la part de la consommation consacrée aux biens matériels représentait 65% des revenus en 1970, alors qu'aujourd'hui les services, charges de logement inclues, représentent près de 60%.

De même, les enquêtes de l'Ademe sur la "sensibilité des Français à la prévention des déchets", réalisées en 2005, 2007 et 2009, et celles menées par le Credoc "montrent que la part des consommateurs qui se déclarent attentifs aux emballages dans leurs achats a progressé depuis le début des années 2000."

Une baisse des déchets collectés qui devrait se poursuivre

Enfin, cette baisse des déchets collectés dans les grandes villes est-elle pérenne ? La réponse du Credoc est plutôt positive, même s'il nuance son propos en évoquant une possible stabilité si la réglementation n'est pas renforcée.

"Dans les dix ans à venir, des mécanismes assez contraignants vont orienter la gestion des déchets vers plus de recyclages et favoriser, du côté des ménages comme du côté des activités, le développement de circuits de collecte spécifiques échappant à la collecte publique", rappelle le Credoc. Sur ces bases, le scénario le plus crédible est la mise en place d'incitation à la réduction des déchets à la source comme la redevance incitative et les dispositifs de responsabilité élargie du producteur (REP). Avec de telles politiques, "la tendance à la baisse se poursuivrait avec la même intensité que depuis 2000."

Réactions3 réactions à cet article

 

Personnellement je ne pense que l'on puisse qualifié la redevance incitative de "réduction à la source"... de plus consommer autrement d'accord mais ce n'est pas à la portée de tout le monde, peut être que nos chers industriels devraient nous donnez la possibilité de choisir.

Sam | 03 mars 2011 à 09h02
 
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J'aimerais savoir si dans "réduction à la source des déchets" grâce à la RI, vous entendez raisonner sur le tonnage d'OMr seul. Parce que les tonnages de dépôts sauvages sont eux collectés par les services municipaux et sont envoyés en CET directement. A la lecture de l'article, je ne vois rien sur ces fameux dépôts sauvages.
La seule réduction à la source possible se fait par 1/ l'éco-conception des produits 2/ une réglementation visant à tendre vers un conditionnement adapté des produits. Comment argumenter sur le fait que la RI fait baisser les tonnages si l'on ne prend pas en compte toutes les variantes de l'équation, et surtout avec quel recul ?

FCkennedy | 04 mars 2011 à 10h16
 
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A noter parmi les facteurs qui ont contribué à la réduction des déchets ces dernières années: les grandes campagnes de sensibilisation menées par l'ADEME depuis plusieurs années, comme la semaine de la réduction des déchets depuis 2006, devenue Semaine européenne de la réduction des déchets, dont la prochaine édition aura lieu du 19 au 27 novembre 2011.

Philippe Micheaux Naudet | 04 mars 2011 à 16h07
 
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