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Verre : il faut recycler mieux !

Verre Avenir, organe de communication de la Chambre Syndicale des Verreries Mécaniques de France (CSVMF) fait le point sur la filière du verre d'emballage et lance un appel pour améliorer la quantité et la qualité de verre collecté.

Déchets  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
   
Verre : il faut recycler mieux !
   
L'apport volontaire par le consommateur de ses emballages de verre usagés à un conteneur, le fameux Geste Verre, a été un acte pionnier de la politique du recyclage en France. En effet, c'est en 1976 que Jean Tournier la Ravoire, verrier champenois, envisagea de récupérer le verre usagé pour le réutiliser en tant que matière première secondaire. Les verriers français se rendirent rapidement compte de l'enjeu de ce principe et co-signèrent en 1979, le premier contrat de recyclage du verre avec des objectifs chiffrés. En 1984, ces objectifs furent atteints ; une bouteille sur quatre étant effectivement recyclée. Aujourd'hui, le verre usagé broyé, appelé calcin, est devenu la principale matière première des verriers : ils utilisent dans leurs fours, jusqu'à 80 % de calcin pour la fabrication des nouveaux emballages en verre et une bouteille sur deux provient du recyclage.

La Directive 94/62/CE du Parlement européen et du Conseil, du 20 décembre 1994, relative aux emballages et aux déchets d'emballages impose aux États membres de recycler selon les matériaux, entre 15% et 60% de ceux-ci à l'échéance de 2008. Pour le verre ce taux est fixé à 60%. Ainsi plus de 30 ans après le premier Geste Verre et avec près de 57% de taux de recyclage en 2006, l'objectif est pratiquement atteint, indique Michel Gardes, président de Verre Avenir, organe chargé d'assurer la promotion du verre d'emballage et de l'information des collectivités, des établissements scolaires et du citoyen.

Pourtant, le bilan 2005 et 2006 montre un vrai coup de frein, s'inquiète Michel Gardes. En effet, la croissance de la collecte en verre mixte estimée à 5 % n'a été que de 1 % en 2005. Et ce taux de 60 % défini par la Directive Européenne n'est pas une fin en soi, mais plutôt un ordre de grandeur qui peut être dépassé, explique-t-il. En outre l'industrie verrière se prépare à un objectif plus amitieux pour l'horizon 2009/2014 qui sera défini en 2007. De plus, les verriers doivent répondre à une demande croissante d'emballages en verre blanc, et ne disposent pas pour cela, du calcin adapté.

Autre constat : la qualité du verre collecté s'est dégradée pour au moins deux raisons : le système de collecte au porte-à-porte et la multiplication d'implantations de conteneurs inappropriées pour une collecte de qualité. La collecte en porte à porte, qui représente aujourd'hui 20 % du volume collecté a en effet permis d'obtenir des résultats quantitatifs mais la qualité du verre collecté a été affectée, explique Verre et Avenir. Lorsque les citoyens trient chez eux, la tentation est grande pour les consommateurs de mettre tout le verre ou ce qui est identifié comme tel dans le bac à verre : le plateau cassé du micro-ondes, par exemple, qui est en… vitro-céramique, et qui ne fondra pas à la même température que le verre d'emballage, produisant les fameux infusibles dans les fours ; ou le verre ébréché qui, en se cassant lors de la collecte, va produire de la poussière de verre, et pas du calcin. C'est encore le cas pou la vaisselle (plats et assiettes cassés en verre trempé ou en céramique/faïence).

Si ces contraintes sont désormais prises en compte par les traiteurs qui ont mis de nouvelles techniques au point comme la détection spécifique par laser pour détecter le vitrocéramique, le coût s'en ressort en Recherche & Développement comme en équipement matériel. Dans ce contexte, il est évident qu'il vaudrait mieux faire porter l'action sur l'amont (la communication vis-à-vis du consommateur ou le mode de collecte) pour améliorer la qualité, plutôt que sur l'aval (des investissements coûteux qui devront être pris en compte dans la chaîne du recyclage), estime l'organe de communication de la Chambre Syndicale des Verreries Mécaniques de France (CSVMF).

Rappelons que les enjeux écologiques du recyclage du verre sont grands. L'utilisation du calcin dans le processus de fabrication du verre a pour avantage écologique majeur d'économiser de l'énergie, puisque le verre collecté fond à température moins élevée que les matières premières naturelles, donc plus facilement et plus vite. Il permet à ce titre de limiter le rejet de CO2 dans l'atmosphère. En effet, chaque tonne de calcin enfournée permet de réduire d'environ 500 kg les émissions de CO2 par rapport aux matières premières. Il a en outre pour avantage de réduire le prélèvement sur les ressources naturelles, puisque le calcin se substitue aux matières premières (sable de silice, calcaire et carbonate de soude) qui entrent dans la composition du verre. Enfin, il permet de diminuer le volume des déchets et de valoriser au maximum les déchets ménagers en évitant la mise en décharge ou l'incinération. À l'heure actuelle son recyclage évite le rejet de 2 millions de tonnes de déchets ménagers par an, souligne Michel Gardes.

Les enjeux sont tels qu'ils est essentiel pour le citoyen, la collectivité autant que pour les verriers d'accroître quantitativement le recyclage du verre. Une plus grande quantité de verre recyclé, ce sont des coûts de recyclage moindre pour la collectivité, explique Verre et Avenir. La vente du verre aux verriers-recycleurs procure des ressources financières aux collectivités territoriales alors que la gestion du déchet non valorisé a un coût qui pèse sur les finances locales. Et comparée au recyclage, l'élimination en incinérateur représente un surcoût de 68,10 € à 133,10 € par tonne, supportée par les collectivités. Les verriers ont également intérêt à augmenter le taux de recyclage pour pérenniser leur approvisionnement en calcin mais aussi pour les rejets de CO2. Rappelons en effet que l'industrie du verre a été intégrée dans les plans nationaux d'allocation de quotas (PNAQ) de gaz à effet de serre.

Si les aspects quantitatifs sont primordiaux, la qualité est également essentielle car le verre de collecte non conforme aux Prescriptions Techniques Minimales (P.T.M) est refusé et mise en décharge aux frais de la collectivité !

Réactions3 réactions à cet article

 
La valorisation du verre en technique routière

Effectivement avec le tri ,les mâchefers contiennent de mois en mois le verre.Ceci a réduit l'aspect mécanique et géotechnique du comportement du mâchefer .Donc pour lui redonner ces propriétés mécaniques il serait interessant d'integrer le verre dans les frmulations des graves routières.En tant que responsable scientifque sur plusieurs travaux à ce sujet on peut trouver d'autres utilsations .
ABRIAK
Ecole des Mines de Douai

ABRIAK | 21 décembre 2006 à 21h13
 
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Re:La valorisation du verre en technique routière

Oui effectivement, nous n'en avons pas parler dans l'article, mais le calcin a des débouchés dans plusieurs directions : utilisation pour les sous-couches (routes, parkings, aires de stockage) ou en substitut de granulats (tranchées, sable grossier, fabrication du béton)
Il nous a été dit que : ces solutions alternatives permettent d’absorber les fines ( fins résidus de collecte qui comportent des impuretés) qui sont transformées en poudre de verre d’une granulométrie moyenne de 600 microns qui a des utilisations variées : fondant pour les céramiques, briques et tuiles , fibres de verre, fondant pour la métallurgie, Sablage des façades.

Bonne continuation dans vos recherches.

Anonyme | 21 décembre 2006 à 21h43
 
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Collecte selective

A t-on envisagé de trier la couleur chez les consommateurs et de collecter le verre déja trié ?
En admettant que ca marche..
Quels seraint les impacts techniques et économiques ?
Et si les bouteilles étaient cassées par le consommateur ?

Lolo | 19 novembre 2009 à 16h59
 
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