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Déchets du bâtiment : un tri performant nécessaire pour atteindre les objectifs

Avec 38,2 millions de déchets en 2008, le bâtiment représente environ 15 % de la production de déchets du BTP. Ces dernières années, ce secteur a commencé à modifier ces pratiques afin de favoriser la valorisation des matières.

Déchets  |    |  Clément Cygler  |  Actu-Environnement.com
   
Déchets du bâtiment : un tri performant nécessaire pour atteindre les objectifs
   

Cet été, le Commissariat général au développement durable (CGDD) a publié les quantités et les modes de gestion des déchets gérés par les établissements du bâtiment en 2008. Mettant en lumière certaines pratiques et certains freins, cette enquête réalisée par SOeS fournit quelques informations sur le devenir de ces déchets ainsi que sur les mesures mises en place par les sociétés en faveur du tri et du recyclage des déchets non dangereux.

Au niveau européen, une directive cadre prévoit d'atteindre 70 % le taux de réemploi, recyclage et valorisation matière pour les déchets non dangereux d'ici 2020. En France, le Grenelle de l'environnement a, par ailleurs, acté l'objectif de réduire de 15 % d'ici 2012 les débris mis en décharge ou incinérés, en portant l'effort sur la réduction de la production de déchets puis sur le recyclage.

Production en 2008

En 2008, les entreprises du secteur ont gérés près de 38,2 millions de tonnes de déchets. Sur cette quantité, 27,7 millions de tonnes étaient des déchets inertes alors que 10 millions de tonnes ont été classées en déchets non dangereux non inertes. Les terres et cailloux non pollués, considérés comme des déchets inertes représentaient, à eux seuls, 14,6 millions de tonnes. Au sein du secteur du bâtiment, les établissements de gros œuvre, c'est-à-dire ceux concernant l'ossature de l'ouvrage, ont la charge de trois fois plus de déchets que le second œuvre qui à la responsabilité de l'aménagement et l'équipement de l'ouvrage. Cet écart s'explique avant tout par la production beaucoup plus importante de déchets inertes par le premier grand secteur professionnel : 22,7 millions de tonnes pour le gros œuvre contre seulement 5 millions de tonnes pour le second œuvre.

Mode de gestion selon le type de déchets

Sur les 27,7 millions de tonnes de déchets inertes, seuls 34 % sont réutilisés ou recyclés sur un autre site, 33 % sont partis en déchèterie ou centre de tri, et 17 % sont utilisés pour le comblement de carrières. 6 % de ces inertes sont, par ailleurs, envoyés directement dans des installations de stockage de type centre d'enfouissement technique (CET) et centre de stockage de déchets ultimes (CSDU). Représentant la catégorie la plus importante, les terres et cailloux non pollués étaient en accord avec le pourcentage global de recyclage et valorisation, avec 35 % réutilisés sur les 14,6 millions de tonnes.

Au niveau des déchets non inertes et non dangereux, la plus grande quantité, un peu moins de 8 millions sur les 10 millions de tonnes au total, sont acheminés en déchetterie et plate-forme de tri. Seulement 7 % sont entrés dans une filière de recyclage ce qui correspond à environ 700.000 tonnes. Un chiffre qui pourrait être encore plus faible si les métaux ferreux et non ferreux n'étaient pas comptabilisés dans cette catégorie. En effet, la quantité des métaux recyclés, estimée à près de 415.000 de tonnes, correspond à plus de la moitié de la totalité des déchets non dangereux valorisés.

Au total sur les 37,7 millions de déchets non dangereux qui normalement pouvaient être valorisés, 41 % (environ 10,2 millions de tonnes) l'ont été directement. A ce chiffre, il faut ajouter les quantités de déchets triés dans des centres et envoyés ensuite vers des filières de valorisation.

Concernant les déchets dangereux, plus d'un tiers du volume (201.000 tonnes) a été stocké dans des CET et plus de 100.000 tonnes ont subi un traitement réglementé afin d'être orientées ultérieurement vers le recyclage.

Mesures consacrées au tri ou au recyclage

Dans cette étude, 66 % des entreprises de plus de 20 salariés déclarent “qu'utiliser au moins deux bennes de tri ou équipement équivalent est une meure importante pour aider la valorisation des matières dans leur secteur”. Un pourcentage équivalent met également en avant la nécessité de bien sensibiliser et former le personnel à la gestion et au recyclage des déchets. Un tiers des sociétés estime aussi que la reprise de déchets par certains fournisseurs pourrait être une mesure intéressante afin de parvenir aux objectifs européens et nationaux.

Outre les mesures incitant à la valorisation, les chiffres de la CGDD révèlent les obstacles les plus importants, le premier étant avant tout financier. En effet, plus de la moitié des entreprises soulignent que les coûts opératoires et les investissements sont des freins importants à l'instauration d'une meilleure gestion des déchets en France.

La complexité administrative apparaît aussi comme une possible entrave à la valorisation de matières dans près de la moitié des cas. Sur les plus grands chantiers, le manque de place est, par ailleurs, une raison avancée fréquemment pour expliquer les difficultés à la mise en place d'un véritable tri. Enfin, il est curieux de noter que l'absence de filières de valorisation à proximité qui est souvent pointée du doigt par les organisations environnementales ou les pouvoirs publics, n'est pas réellement ressenti comme un problème par les professionnels du secteur.

En retard sur les objectifs ?

En raison d'un certain manque de visibilité dans ce secteur, il est difficile de savoir dès maintenant si l'objectif porté par la directive cadre sera tenu. Amorce (association nationale des collectivités, des associations et des entreprises pour la gestion des déchets, de l'énergie et des réseaux de chaleur) souligne ainsi que l'objectif ne sera pas atteint si la filière ne dispose pas de structures adaptées avec un maillage suffisant sur l'ensemble du territoire. De plus, la production de déchets sur un chantier étant très variée (béton, bois, plâtre, terre, verre, emballage…), la capacité des entreprises à effectuer un tri performant est aussi un facteur déterminant. Chacun de ces matériaux requérant un traitement particulier pour pouvoir être valorisé.

Selon les dernières estimations du ministère de l'Ecologie, la valorisation matière des déchets du bâtiment serait actuellement inférieure à 50 %. Mais, le gouvernement espère que les mesures retenues dans le Grenelle (rendre obligatoires les audits préalables au chantier et les plans de gestion des déchets du BTP) contribueront rapidement à l'amélioration de ce chiffre et surtout arriver au seuil fixé par la directive.

Réactions2 réactions à cet article

 

IL est inadmissible que 33 % des déchets inertes du BTP partent dans les déchèteries quand l'on sait qu'il faut payer pour du tout venant sain (bois,terre,pierre,bétons ,briques ou tuiles ) jusqu'à 145€ la tonne alors qu'il est relativement aisé de faire un tri sur les chantiers même avec des petites bennes ou des andybag .Au canada ,démolitions d'une maison moyenne représente environ 30 camions de 24 Tonnes sur ces 30 camions environ 5 représentent la partie boisée qui elle est recyclée,le démontage d'un toit c'est 1 camion de tuiles ,recyclables ,les charpentes métalliques c'est aussi 2 camion ,les fenêtres ,portes de bois ,d"alu ou de pvc sont aussi récupérées , ( 2 camions)les matériaux comme le béton ,briques : 14 camions , les ba13 /15 carreaux de plâtres 5 camions en usine de recyclage et 1 camion pour les DIS soit 3% du volume global .Il est vrai qu'il y a 6 personnes en permanence pour démonter . Mais dans ce système 65% des matériaux sont revendus pour faire d"autres maisons . En France l"on fait venir un tracto-pelle ou une pelle à chenille l'on fait tout tomber un tri approximatif direction un CT3 et une addition salée pour le client .Sinon l'on retrouve souvent vu les prix dans les déchèterie le tout dans les campagnes ,les bords de rivières et le terrains vagues .

dechets66 | 09 septembre 2011 à 13h27
 
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bien sur c est important mais quand on vit a 800m d une decharge derniere generation appelée alveol à bellac 87300 qui rend les riverains malades à cause des odeurs et emanations de et que moi meme suis sous oxygene quoi faire malgres les constats d huissier et la volonte du president communautées des communes et le conseiller rien ne change

molt87 | 15 septembre 2011 à 12h11
 
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