En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

L'Ademe chiffre les bénéfices de l'allongement de la durée d'utilisation des produits

Trois études de l'Agence pour la transition écologique évaluent les gains économiques et environnementaux liés à l'allongement de la durée de vie d'une série de produits de consommation et de biens d'équipement.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
L'Ademe chiffre les bénéfices de l'allongement de la durée d'utilisation des produits

Mercredi 10 juin, l'Agence de la transition écologique (Ademe) a publié les résultats de ses travaux sur les bénéfices générés par l'allongement de la durée de vie des produits de consommation et de biens d'équipement. Les travaux ont porté sur trois approches : conserver un équipement qui atteint sa « durée d'usage moyenne », lutter contre l'obsolescence culturelle ou marketing en conservant un équipement, et réparer un équipement en panne. Ils ont donné lieu à un rapport sur les bénéfices environnementaux, à un deuxième document sur les bénéfices économiques et à une synthèse des deux bénéfices à l'échelle d'un foyer français pour onze équipements électriques et électroniques (EEE).

Ces travaux s'inscrivent dans le prolongement d'une étude de 2018 qui évaluait l'incidence d'une première série de produits sur les changements climatiques et sur la consommation de matières.

Les produits numériques, sources de gains importants

L'étude sur les onze EEE d'un foyer a porté sur quatre équipements multimédia (téléviseur, ordinateur portable, smartphone et imprimante) et sept produits électroménagers (lave-linge, réfrigérateur, lave-vaisselle, sèche-linge, four, aspirateur et micro-ondes). Elle montre qu'un foyer peut économiser 669 euros en allongeant d'un an la durée de vie des onze produits étudiés. Ce calcul se base sur l'hypothèse que l'ensemble des produits arrive en fin de durée d'utilisation moyenne en même temps. Ce gain passe à 1 223 euros si l'allongement des durées de vie est de deux ans, et à 1 777 euros s'il est de trois ans. Les gains environnementaux respectifs, exprimés en termes de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES), sont de 184, 374 et 574 kg de CO2.

L'étude montre aussi que les gains les plus importants sont réalisés grâce à l'allongement de la durée d'usage des quatre équipements multimédias. Ils totalisent entre 69 et 73 % du gain économique total et entre 61 et 62 % du bénéfice environnemental. Les gains atteignent par exemple 467 euros et 114 kg de CO2 pour un allongement d'un an de ces produits.

Les gains sont plus importants encore si on les évalue sur dix ans. En effet, sur une décennie, certains produits, les smartphones en particulier, atteignent plusieurs fois leur durée moyenne d'usage. Les économies atteignent entre 963 euros et 1 995 euros et les bénéfices environnementaux sont entre 219 et 528 kg de CO2, selon les durées d'allongement étudiées. La part du numérique progresse encore pour atteindre 82 % des gains économiques globaux et 70 % des gains environnementaux.

Rapportés à l'ensemble des foyers français, ces bénéfices pèsent de 27 à 56 milliards d'euros et de 6 à 15 millions de tonnes de CO2. Bien sûr, l'étude présente des limites, explique l'Ademe. L'allongement de la durée de vie exprimée en année n'est pas la même pour tous les produits et l'extrapolation aux foyers français ajoute des incertitudes. Pour autant, ces chiffres peuvent être « utilisés comme un objectif potentiel à atteindre ».

Réparer engendre (presque) toujours un gain environnemental

 
L'étude de l'Ademe montre qu'un foyer peut économiser 669 euros en allongeant d'un an la durée de vie des onze produits étudiés.  
 
Les deux autres études donnent des informations plus précises pour quatorze catégories de produits : des équipements à forte composante électronique (écran publicitaire numérique, vidéoprojecteur et enceinte à commande vocale), des équipements à faible composante électronique (machine à café, hotte de cuisine, bouilloire électrique, plaque de cuisson et appareil à raclette), des produits de bricolage, de jardinage, ou des équipements techniques de la maison (perceuse, scie sauteuse, radiateur et chauffe-eau électrique, climatiseur mobile et tondeuse à gazon) et deux produits liés à la mobilité (engins de déplacement personnel électriques et vélo électrique).

Ainsi, ne pas remplacer un ordinateur que l'on juge obsolète, alors qu'il fonctionne encore correctement, permet d'économiser 112 euros par an. Pour un smartphone, l'économie est de 96 euros et pour une tondeuse de 169 euros, résume l'Ademe. Quant à la réparation d'un produit, elle permet de réaliser des économies dans la plupart des cas. Selon l'Ademe, seuls le sèche-linge à évacuation et la télévision de 30 à 40 pouces font exception à cette règle parmi les produits étudiés.

Sur le plan environnemental, la réparation d'une télévision arrivée à la moitié de sa vie permet un gain de 90 kg de CO2. Conserver ce même téléviseur au-delà de sa durée d'utilisation habituelle permet d'économiser 170 kg de CO2.

Les résultats apportent aussi un éclairage intéressant sur la réparation. « Dans la majorité des cas, le choix de réparer est préférable au choix de remplacer son équipement surtout si la panne intervient avant la demi-vie de l'équipement », explique l'Ademe. Pour autant l'impact de la production et de l'acheminement d'une nouvelle pièce peut parfois ne pas être compensé. C'est le cas par exemple du remplacement d'un écran de smartphone qui perd son intérêt environnemental si le téléphone est arrivé aux trois quarts de sa durée de vie (soit trois ans).

L'étude environnementale analyse enfin l'impact du bon geste de tri. Le recyclage permet de réduire l'impact environnemental du produit « de l'ordre de 5 à 15 % sur l'indicateur de changement climatique (hors cas du réfrigérateur) », résume l'Ademe. Dans le cas du réfrigérateur, du fait de la présence de gaz fluorés, « un mauvais geste de tri peut contribuer à plus du doublement (+130 % d'impacts sur le cycle de vie de l'équipement par rapport à une bonne gestion) de l'impact de l'équipement sur tout son cycle de vie ».

Réactions1 réaction à cet article

 

Fort bien sur le principe, j'approuve à 100 %. Mais concrètement, comment apprécier la durée (ou demi) de vie normale d'un produit manufacturé ? Et comment savoir ce qui est raisonnable d'investir en réparations pour réparer un objet ?
Il y a également énormément à faire pour calmer les ardeurs du marketing qui assiège le consommateur pour lui fourrer dans le crâne que le produit manufacturé qu'il vient d'acheter est déjà obsolète. Je me souviens des publicités commençant par "votre vieille voiture de 8 ans [...]". A quand une taxe franchement dissuasive des instituts de marketing et l'interdiction de porter dans les charges les dépenses de marketing des sociétés ?

Pégase | 11 juin 2020 à 21h49
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question au journaliste Philippe Collet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager