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Déchets : les Côtes-d'Armor misent sur le tri et les CSR

Le syndicat Kerval Centre Armor veut réduire la part des déchets enfouis à sa portion congrue. Pour cela, il a modernisé son centre de tri et créé une unité de production de combustibles solides de récupération.

Déchets  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Déchets : les Côtes-d'Armor misent sur le tri et les CSR
Environnement & Technique N°372 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°372
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Le syndicat Kerval Centre Armor s'est fixé pour objectif de réduire de 60.000 à 1.200 tonnes les déchets mis en décharge. Pour y parvenir, le syndicat, qui organise la gestion des déchets des 300.000 habitants de la zone centrale des Côtes d'Armor, veut améliorer le tri et développer la production de combustibles solides de récupération (CSR) à partir des déchets non recyclables.

Extension des consignes de tri

Kerval Centre Armor s'appuie tout d'abord sur son centre de tri des déchets issus de la collecte sélective inauguré en 2001. Sa modernisation a été réalisée en trois étapes entre 2012 et 2016. En 2012, le syndicat postule pour être retenu dans le cadre de l'expérimentation de l'extension des consignes de tri à tous les emballages plastique. Il choisit de déposer un dossier pour étendre le tri aux emballages plastique rigides, laissant de côté à ce stade les films plastique. L'expérimentation porte sur 60.000 habitants en zone urbaine (Saint-Brieuc) et rurale (Lambale et ses environs). Cette première étape permet de collecter et trier l'équivalent de 1,5 kg d'emballages plastique rigides supplémentaires en rythme annualisé pour la zone urbaine et de 3,5 kg pour la zone rurale. Outre les différences liées à l'habitat, la zone rurale tire bénéficie de sa tarification incitative qui dope la collecte de recyclables.

L'année suivante, la décision est prise : le process du centre de tri sera revu pour séparer un flux de polypropylène (PP) et un flux de polystyrène (PS) qui viendront s'ajouter aux traditionnels flux de polyéthylène téréphtalate (PET) clair et foncé, et de polyéthylène haute densité (PEHD). Quelques 5,2 millions d'euros sont investis dans le projet. En 2015, Kerval Centre Armor postule à l'appel à projet d'Eco-Emballages pour étendre la collecte à l'ensemble des emballages plastique sur tout son territoire. Pour cette troisième étape, le syndicat doit adapter son centre à la hausse de 20% des tonnages collectés et la baisse de densité du flux de déchets liée à l'arrivée des films plastique dans les poubelles jaunes. La hausse des soutiens d'Eco-Emballages, la progression des recettes tirées de la vente des matières triées, ainsi que la baisse des coûts de fonctionnement doivent compenser la hausse des amortissements associée aux investissements.

Trier avant de produire du CSR

Parallèlement, le syndicat constate une baisse régulière du volume d'ordures ménagères résiduelles (OMR). Il a été réduit de 30% entre 2000 et 2016. Il fait donc face à des surcapacités de traitement et décide de transformer son unité de compostage des OMR et déchets verts en unité de tri et de production de CSR. L'objectif est d'y traiter près de 70.000 tonnes par an issues pour 47.000 de déchets du syndicat et pour 20.000 de déchets apportés par Guyot Environnement qui exploite le site. Ces déchets sont essentiellement des encombrants de déchèterie, des refus de compostage sur OMR, des déchets des activités économiques (DAE) et des refus du centre de tri. Ces derniers ont en effet progressé de 15% avec l'extension des consignes de tri, notamment avec l'ajout d'emballages plastique pour lesquels il n'existe pas encore de solution de recyclage. Il s'agit principalement de certaines formes de polystyrène et des emballages en PET multicouche ou en plastique composite. L'originalité du site est le tri effectué en amont de la production de CSR : lorsqu'une unité de standard transforme de l'ordre de 50% du flux entrant en CSR, l'unité du syndicat costarmoricain n'en transformera que 31%. Pour y parvenir, la phase de tri préalable au broyage des déchets doit permettre de récupérer 37% du flux entrant sous forme de matière recyclable (bois pour les panneaux de particules, plastiques, métaux, cartons, etc.). Le solde sera envoyé en incinération (23% de l'entrant), en carrière ou sous couche routière (5% de déchets inertes) et en enfouissement (2%).

L'investissement s'élève à 23 millions d'euros, ce qui est particulièrement élevé pour une unité de production de CSR. Les équipements dédiés spécifiquement à la production du combustible ne représente qu'environ deux millions d'euros, auxquels il faut ajouter les équipements de tri et l'investissement dans les bâtiments. Aujourd'hui, le coût global de traitement des déchets est de 105 euros par tonne, contre 85 euros par tonne pour l'enfouissement. Mais le syndicat espère y trouver son compte en économisant sur la hausse planifiée de la composante "déchets" de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) applicable à l'enfouissement. Surtout, il espère que des industriels locaux installeront des unités de co-incinération de CSR. Des industriels de l'agroalimentaire pourraient franchir le pas pour répondre à leurs besoins de chaleur. Pour l'instant, les CSR sont brûlés en cimenterie sans que Kerval Centre Armor ne gagne d'argent.

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