En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Les déchets électroniques se cachent pour voyager

Les moyens d'exporter illégalement des déchets électroniques de l'Europe vers l'Afrique sont de plus en plus innovants, selon l'ONU. Au menu : mélange avec des équipements fonctionnels et camouflage dans des véhicules d'occasion.

Déchets  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
Les déchets électroniques se cachent pour voyager

Une enquête de deux ans sur les transferts de produits électroniques met en lumière les pratiques illégales pour envoyer des déchets électroniques de l'Europe vers l'Afrique. Les auteurs de l'Université des Nations Unies (UNU) ont étudié plus spécifiquement l'arrivée de produits électriques et électroniques (EEE) au Nigéria et constatent des "manquements graves" à la convention de Bâle.

Ce traité international et la directive européenne qui en découle interdisent la circulation des déchets dangereux et notamment des déchets électriques et électroniques (DEEE). Or, selon l'enquête, en deux ans (2015 et 2016), 60.000 tonnes de EEE sont arrivées au Nigeria en vue d'être réutilisées mais tous n'étaient pas fonctionnels et ressemblaient plus à un déchet.

41.500 tonnes sont aussi arrivées dans des containers non déclarés transportant des véhicules destinés au marché de l'occasion africain. Les 18.300 tonnes restantes ont été transportées en mélange avec d'autres marchandises (bicyclettes, équipements de sport, meubles...) et déclarées comme telles. "L'importation de EEE dans les véhicules est économique pour les expéditeurs car elle remplit un espace précieux lors des expéditions", explique le professeur Percy Onianwa, directeur de BCCC-Africa, comité directeur de la Convention de Bâle dans la région africaine. "Cependant, parce que le contenu des véhicules n'est pas encore soumis à des tests et des contrôles, cette pratique permet d'éviter des inspections, entraînant l'arrivée illégale de plusieurs tonnes de déchets électroniques", ajoute-t-il.

Plus de la moitié des EEE sont en réalité des déchets

Environ 77% des importations d'EEE provenaient de ports de l'UE, principalement d'Allemagne et du Royaume-Uni (20% chacun). La Chine et les Etats-Unis représentaient chacun environ 7% des importations totales. Les importateurs sont majoritairement des nigérians car les EEE peuvent générer des bénéfices considérables surtout s'ils sont fonctionnels. La présence de DEEE n'est pas un problème pour eux. Leur potentielle réparation les intéresse également tout comme les pièces détachées.

De fait, selon l'enquête, plus de la moitié de ces équipements n'était plus fonctionnels. "Dans le meilleur des cas, notre étude montre qu'au moins 15.600 tonnes de EEE non fonctionnelles sont importées au Nigeria chaque année. Les équipements contenant des substances dangereuses - par exemple le mercure et CFC - sont les produits présentant un taux de non-fonctionnalité le plus élevé".

Pour les auteurs de l'étude, les contrôles et les test effectués dans les ports à l'ouverture des containers sont loin d'être suffisants. Ils en appellent à une coordination plus étroite entre les autorités portuaires de l'Europe et du Nigeria mais aussi des autres pays africains importateurs. Selon Ruediger Kuehr, directeur du programme Scycle de l'UNU en charge des déchets électroniques, "les prochaines étapes devraient impliquer de rendre les certificats de fonctionnalité obligatoires pour le transport des équipements électriques et électroniques usagés, ainsi que des tests de fonctionnalité standard acceptés par les exportateurs. En outre, des projets de ce type sont nécessaires dans d'autres parties du monde pour mieux comprendre l'ampleur et la dynamique de ces importations et exportations."

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Florence Roussel

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…