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Déchets : l'import-export en hausse

Une multiplication par 5 des exports de déchets plastiques, par trois de ceux des métaux précieux et un doublement de ceux du fer, acier, cuivre, aluminium ou nickel : les flux sortants des pays européens n'ont jamais été aussi élevés, selon l'AEE.

Déchets  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
Déchets : l'import-export en hausse

"Les pays européens n'ont jamais autant exporté de déchets," constate Jacqueline McGlade, la directrice de l'Agence européenne de l'environnement (AEE), "le commerce des déchets non dangereux peut être considéré comme largement positif, ces matériaux sont souvent transportés dans des endroits où ils seront mieux utilisés". Ce commerce aurait plus que doublé durant la période 2000-2009. Dans son dernier rapport "Les échanges de déchets à l'intérieur et hors des frontières de l'Europe", l'AEE montre que le commerce international de cette ressource devrait continuer à croître sous l'effet conjugué d'une augmentation du recyclage et d'une pression accrue sur les matières premières.

Fer, acier, cuivre, aluminium ou nickel : les exportations des déchets métalliques des États membres auraient en effet doublé entre 1999 et 2011, tandis que triplaient celles des métaux précieux. Dans le même temps, les déchets de matières plastiques auraient vu multiplier par un facteur de cinq leurs ventes à l'extérieur de l'UE.

À l'inverse, depuis 2003, les importations de déchets de bois dans l'UE ont dépassé les exportations. Les raisons de cette tendance ? Une hausse des besoins de l'industrie des panneaux de particules de bois ou autres matières ligneuses et l'augmentation de la production d'énergie à partir de biomasse (de plus de 50% entre 1995 et 2008).
Concernant les déchets dangereux, les Etats membres exporteraient environ 27% de plus que leurs importations. La transparence ne semble cependant pas encore de mise. "Le montant déclaré de déchets dangereux exportés devrait en principe correspondre au montant des importations, pointe le rapport, toutefois dans un grand nombre de cas, les données communiquées par le pays d'expédition diffèrent de celles du pays de destination". L'une des explications serait que le classement "déchets dangereux" diffère selon les pays.

Les Pays-Bas, plus grand exportateur de déchets dangereux

En 2009, les Pays-Bas détenaient le "titre" du plus grand exportateur de déchets dangereux avec 2,8 Mt, suivi par l'Italie (1,4 Mt), la France (1 Mt) et la Belgique (0,7 Mt).

En regard, l'Allemagne importait, en 2009, 3 millions de tonnes de déchets dangereux. Ce chiffre s'expliquerait, selon le rapport, par sa capacité de gestion des déchets, la haute technologie de ses installations et son emplacement au centre de l'Europe. L'essentiel des flux de l'Allemagne provient des Pays-Bas (2 Mt) et de l'Italie (1 Mt).

La France, quant à elle, affiche un flux entrant de 2,3 Mt, les Pays-Bas 1 Mt, l'Italie 0,7 Mt et la Belgique 0,7 Mt.

Parmi les déchets dangereux exportés en quantité figurent en bonne place les déchets de démolition, les sols et le bois contaminés et l'amiante. Coûteuses à transporter, ces catégories sont exportées généralement en raison d'un manque de capacité de traitement dans certains pays.
Une proportion importante des déchets électriques et électroniques (DEEE) se retrouve hors d'Europe notamment dans les pays de l'ouest de l'Afrique. Selon une étude, réalisée par le Secrétariat de la Convention de Bâle, environ 250.000 tonnes de DEEE sont importées illégalement dans ces pays chaque année. L'Europe serait ainsi responsable de 75% des flux qui arrivent au Nigéria.

Une filière dynamique du crime organisé


"Europol a constaté une augmentation des échanges illégaux de déchets à travers les frontières, c'est devenu une filière dynamique du crime organisé", déplore le rapport. Les principales voies balayent du sud au sud-est de l'Europe et des Balkans occidentaux.

La Commission réfléchit aujourd'hui à des mesures pour freiner ces échanges illégaux de déchets.
L'une des pistes soulevées par le rapport serait de suivre les mouvements grâce à des nouvelles technologies. "Par exemple, Taiwan a récemment introduit un meilleur contrôle des échanges de déchets dangereux dans le pays et hors des frontières grâce à des GPS installés dans les camions de transport", indique le rapport.

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