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Déchets municipaux : comment les activités économiques et touristiques impactent les volumes

Une étude du ministère de l'Ecologie évalue les déterminants des volumes de déchets municipaux. Des caractéristiques propres des communes aux différents modes d'hébergement touristique, l'étude passe en revue une quinzaine de critères.

Déchets  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

Quelle part des déchets municipaux provient des ménages, des activités économiques ou des non-résidents ? Quel est l'impact des activités d'un territoire sur la production de déchets par habitant ? C'est à ces questions que tente de répondre une étude économétrique publiée le 10 septembre par le Commissariat général au développement durable (CGDD) du ministère de l'Ecologie.

"Les déchets municipaux sont caractérisés par un unique collecteur, le service public de gestion des déchets, mais des producteurs multiples : ménages résidents, touristes de passage dans la municipalité ou salariés qui y travaillent, petites entreprises", rappelle le CGDD. Or, derrière la production moyenne d'ordures ménagères résiduelles (OMR), d'emballages, journaux et magazines (EJM) et de verre, se cachent des écarts importants entre les communes, selon notamment les activités économiques et touristiques.

Une meilleure connaissance des contributions à la production de déchets municipaux est jugée particulièrement utile à leur bonne gestion et à la définition d'objectifs de réduction de la production de déchets ménagers et assimilés (DMA). En moyenne, chaque habitant produit annuellement environ 296 kg d'OMR, 46 kg d'EJM et 30 kg de verre, indique l'étude. Bien sûr, les résidents restent les principaux contributeurs, mais "l'activité touristique et les petits commerces en sont responsables pour une partie non négligeable".

La densité de population, un facteur clé

Les deux premières variables explicatives retenues sont le niveau de vie des habitants et la densité de population. Premier constat, "le niveau de vie moyen du groupement de communes ne semble pas avoir d'effet significatif sur la quantité de déchets par habitant, que ce soit des OMR, des EJM ou du verre".

En revanche, la densité joue un rôle important, puisque "la quantité d'OMR par habitant augmente significativement avec la densité de la commune". Cette augmentation est de l'ordre de 7 kg par habitant et par an (kg/hab/an) pour les communes entre 50 et 130 habitants par km2 (hab/km2) et de 39 kg/hab/an pour celles de plus de 130 hab/km2.

La quantité d'EJM par habitant est aussi plus importante dans les communes de densité moyenne par rapport à celle de faible densité (de l'ordre de 2,8 kg/hab/an). Cependant, le volume d'EJM collecté dans les communes les plus denses ne diffère pas de celui collecté dans les communes les moins denses. Pour les villes les plus denses, les conditions de tri plus difficiles joue probablement un rôle, ce que semble confirmer les chiffres de la collecte de verre : -1,1 kg/hab/an pour les communes entre 50 et 130 habitants par km2 (hab/km2) et -11,4 kg/hab/an pour celles de plus de 130 hab/km2.

Un commerce moyen ajoute 2,5 tonnes d'OMR

Du côté des activités économiques, le taux d'emplois salariés par habitant, "n'a pas d'impact significatif sur la quantité d'OMR collectés". Cela s'explique notamment par le fait que certains déchets liés à l'activité salariée ne sont pas forcément des déchets municipaux assimilés (les déchets d'un restaurant d'entreprise, par exemple) ou "sont captés par une autre variable explicative (nombre de commerces par habitant)". Cependant, la collecte d'EJM et de verre est plus élevée dans les communes ayant plus de 15 emplois pour 100 habitants, par rapport à celles en ayant moins.

Par contre, la présence de commerces augmente sensiblement la quantité d'OMR par habitant. "Un établissement supplémentaire de commerce, de transport ou de service engendre un surcroît de 2,5 tonnes d'OMR", explique le document, ajoutant qu'à l'inverse "l'impact n'est pas significatif sur la collecte d'EJM ou de verre". A noter que l'étude précise qu'il n'est pas possible de déterminer si le supplément d'OMR est produit par l'établissement lui-même ou par la consommation locale qu'il génère.

L'hôtellerie grosse productrice d'OMR

L'activité touristique constitue un autre facteur déterminant de la production de déchets. Ainsi, l'étude établit qu'"une résidence secondaire supplémentaire entraîne une hausse de 157 kg d'OMR, 9 kg d'EJM et 21 kg de verre". Ce résultat est "raisonnable", au regard du taux d'occupation d'une résidence secondaire, puisqu'une famille de quatre personnes occupant une résidence pendant 11% de l'année produirait environ cette quantité d'OMR, précise l'étude.

Quant aux hôtels, ils ont eux aussi un impact significatif. "Une offre de lit d'hôtel supplémentaire engendre une hausse de 265 kg d'OMR (…) mais n'a pas d'effet significatif sur les EJM et la collecte du verre", indique l'étude, soulignant que "la quantité de 265 kg d'OMR est supérieure à celle produite par un résident supplémentaire (221 kg) alors que le taux d'occupation moyen d'un hôtel est de 67%".

Enfin, l'impact des campings est lui aussi visible. En matière d'OMR, il est de l'ordre de 126,5 kg, soit moitié moins que pour l'hôtel. Ce point pourrait s'expliquer par un taux de remplissage moyen de 36%, soit la moitié de celui de l'hôtellerie. Par ailleurs, au contraire de l'hôtel, l'impact est également significatif sur les EJM (46,25 kg) et le verre collectés (55,6 kg). La différence avec l'hôtellerie s'explique notamment par de meilleures possibilités de tri dans les campings.

D'un point de vue géographique, si la présence d'un domaine skiable semble accroître de 5 kg/hab/an la collecte du verre, mais pas celle des OMR ou des EJM, l'appartenance à la zone littorale impacte beaucoup plus significativement les volumes collectés : +59,7 kg pour les OMR, stable pour les EJM et +10,1 kg pour le verre. L'appartenance à un parc naturel régional ne change pas réellement les volumes collectés (+2,4 kg pour les OMR, +0,85 kg les EJM et +2,8 kg pour le verre), alors que le fait d'appartenir à une zone couverte par la loi montagne diminue significativement la quantité de déchets par habitant (-11 kg pour les OMR, -7 kg pour les EJM et -8 kg pour le verre).

Réactions5 réactions à cet article

 

Sauf que quel que soit le volume, le type de résidence, l'usage que l'on en fait, le tri ou pas, mesures de réduction des déchets... la facture augmente.
Autre absurdité, les taxes d'ordures ménagères sont liées à la taxe foncière : donc que le bien immobilier soit utilisé ou pas, ou même utilisé à xx % on paye plein pot.
Le comble c'est d'être obligé de payer dans le même départent, 2 fois la même taxe.

Toutoune | 12 septembre 2014 à 11h51
 
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C'est sur que si on ne va pas à sa résidence secondaire, le camion poubelle ne passera pas...il est malin.
On remarque donc que les citadins (pour qui les poubelles sont enlevés tous les jours) font moins d'effort de tri. Est ce dû à la taille des logements (pas de place pour les poubelles supplémentaires) ?

moris | 12 septembre 2014 à 14h44
 
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Ce n'est pas une question de tournées, ou de couleurs de poubelles, c'est une question d'organisation et même d'état d'esprit. Il suffit de comparer les prestations et les taxes des départements, communes, agglos, etc... les chiffres sont publiés. Il y a de bons élèves et des mauvais.
Dans d'autres pays, on paye par exemple en fonction du volume ou du poids des ordures, si elles sont triées ou pas, etc... Une incitation à la responsabilisation et surtout à l'organisation.
Ce qui dérange, c’est l'impression que les seules solutions trouvées chez nous consistent à taxer encore plus. Et au lieu de consacrer l’argent à la recherche, au développement, au logement, … on investit dans les déchets, les ronds points, les infrastructures inutiles,… (lire les rapports de la cour des comptes), question de priorité.
C’est une erreur fatale en période de récession, car cela participe à l’augmentation du déficit et donc au surendettement (et l’inverse).
Paye qui pourra, sinon il suffira de vendre les terres et les monuments, comme en Grèce.

Toutoune | 12 septembre 2014 à 21h49
 
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en somme les ordures ménagères résiduelles sont les plus considérable qui peuvent engendrer des impacts positifs. Pour palier à cela une bonne gestion est nécessaire pour sauvegarder notre environnement.

brigitte | 13 septembre 2014 à 09h34
 
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Impayables nos fonctionnaires. Ils ont fait une étude pour conclure que plus il y a de touristes, plus il y a de déchets. C'est confondant! Bravo.
C'est digne du Commissariat général au développement durable!
Comment se fait-il, qu'avec de pareils génies, la France se traîne en matière de dynamisme économique?
Exportons ces guignols en Chine, ça ralentira leur économie!

Albatros | 16 septembre 2014 à 21h28
 
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