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Actu-Environnement

Déclin des insectes : l'Opecst pointe le rôle déterminant des pesticides

MAJ le 30/12/2021

L'office chargé d'éclairer scientifiquement le Parlement souligne le rôle primordial de l'agriculture intensive parmi les causes du déclin des insectes. Il pointe la mauvaise évaluation des risques des pesticides avant leur mise sur le marché.

Biodiversité  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Déclin des insectes : l'Opecst pointe le rôle déterminant des pesticides

L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) n'a pas la réputation d'être un repaire d'écologistes. La publication, le 9 décembre dernier, d'une note scientifique sur le déclin des insectes, réalisée par la sénatrice centriste Annick Jacquemet, est d'autant plus remarquée. Elle met en avant plusieurs causes (pertes d'habitats, pollution, réchauffement climatique, espèces exotiques envahissantes, etc.) à ce déclin qui fait maintenant l'objet d'un consensus scientifique. Mais elle pointe l'agriculture intensive comme cause principale. « L'agriculture apparaît comme l'un des moteurs principaux du déclin des insectes, notamment à cause de l'usage excessif de pesticides », conclut en effet la sénatrice du Doubs, vétérinaire de profession.

   
Source : Sánchez-Bayo et Wyckhuys (2019)
 
   
« Quelle que soit la nature des insecticides, leur toxicité inhérente engendre sur les insectes (notamment sur les pollinisateurs) des effets non ciblés », rapporte cette synthèse scientifique très documentée. Les néonicotinoïdes, qui représentent 40 % du marché mondial des insecticides agricoles, sont particulièrement mis en cause en raison de plusieurs caractéristiques délétères : spectre d'action très large, toxicité à très faible dose, présence dans tous les organes de la plante, utilisation préventive et donc bien souvent inutile, rémanence dans l'environnement. « La mise sur le marché de ces pesticides s'est à chaque fois accompagnée d'intoxications de colonies d'abeilles », relève le document. La confirmation du caractère particulièrement toxique de ces substances ne semble pas pour autant inquiéter le ministère de l'Agriculture qui propose de reconduire leur autorisation cette saison en traitement des semences de betteraves.

Réglementations inadaptées pour évaluer les risques

L'Opecst met aussi en avant le rôle des autres pesticides (herbicides et fongicides), ainsi que des engrais, dans le déclin des insectes en raison de la modification de la flore utile. Et d'enfoncer le clou : « Les pesticides constituent une menace particulièrement importante pour les insectes en raison de leur utilisation intensive depuis des dizaines d'années et des réglementations inadaptées pour évaluer les risques qu'ils font encourir ».

La note rappelle qu'au niveau européen, le document guide portant sur une nouvelle méthodologie d'évaluation des risques pour les abeilles et autres pollinisateurs, validé en 2013 par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), n'a en effet toujours pas été adopté par les États membres, même si la Commission européenne a relancé les discussions ces derniers mois.

 
Les pesticides constituent une menace particulièrement importante pour les insectes en raison de leur utilisation intensive depuis des dizaines d'années.  
Opecst
 
Au plan national, le nouvel arrêté « abeilles », publié fin novembre dans le cadre du nouveau plan « pollinisateurs », ne prend en compte que partiellement les recommandations de l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) relatives aux conditions d'utilisation des produits phytopharmaceutiques, relève la note de l'Opecst. Une analyse partagée par le collectif de chercheurs Pollinéco, dirigé par Bertrand Schatz, directeur de recherche au CNRS. Dans une tribune publiée le 27 décembre par le journal Le Monde, le collectif estime que le nouveau plan pollinisateurs « oublie l'essentiel : les pesticides ».

Réactions7 réactions à cet article

 

Nous savons, et en fait tout le monde sait.
Et alors?
Alors, rien!
Le lobby de l'agrobusiness pèse plus lourd économiquement que l'agriculture elle-même, et tient tout le système, depuis les chambres d'agriculture et leur courroie de transmission FNSEA, jusqu'au ministère, simple miroir des désirs de cette industrie qui vit sur le dos - contraint - des agriculteurs.
Le principe : "Agriculteurs, adoptez notre système de production, endettez-vous, et nous ferons le reste, c'est-à-dire la "valeur ajoutée" à votre travail..." Et la "valeur ajoutée" au travail l'emporte largement sur la rémunération du travail. Bref, il vaut mieux vivre du travail des agriculteurs qu'être agriculteur soi-même.

petite bête | 30 décembre 2021 à 10h08
 
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Scandaleux cet agribashing !
Il faut les dénoncer à la cellule Demether !
Plus sérieusement, encore et encore une nouvelle étude sur les impacts considérables des pesticides. Et quid ? Cela ne fait jamais que des milliers d'études et des décennies pour le même résultat...

Gabriel Ullmann | 30 décembre 2021 à 19h25
 
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On a attaqué Monsanto, ou Bayer, ou d'autres. Pour le Chlordécone, le dossier qui incriminerait les décideurs a... disparu. Mais il serait temps, au lieu d'attaquer les fabricants, de se tourner vers ceux qui autorisent ces poisons en connaissance de cause, et en particulier le "faux-nez" de la FNSEA qu'est le ministère de l'Agriculture. Une action collective pour "empoisonnement" serait bienvenue.

petite bête | 31 décembre 2021 à 10h03
 
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C'est bien clair que ces produits chimiques, dont l'emballage porte la mention "mortel par ingestion, inhalation...etc" est bien explicite, aide l'agriculteur à produire mais n'aident pas la population à vivre.
La faute à tous et personne, qui veut aller travailler manuellement dans les champs ? Quel en serait le coût en production française locale ? Qui paierait le vrai prix ? L'idée vient doucement.
L'autre danger est la production agricole non alimentaire humaine : je suppose que la règlementation est plus tolérante, fibre textile, ethanol pour les tutures...

28plouki | 01 janvier 2022 à 10h48
 
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"[...] le nouveau plan pollinisateurs « oublie l'essentiel : les pesticides »" : aucun oubli en cela puisqu'il s'agit d'escamoter en toute connaissance de causes et au plus haut niveau l'écrasante responsabilité d'une production chimique à haute valeur ajoutée pour les actionnaires des grands groupes de l'agrochimie et de fort potentiel pour les futures carrières de décideurs publics passés dans le privé.
Serions-nous gouvernés par un système mafieux... ?

Pégase | 02 janvier 2022 à 16h42
 
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Le projet d'arrêté de réautorisation des néonicotinoides est en consultation publique :
https://agriculture.gouv.fr/consultation-publique-projet-darrete-autorisant-provisoirement-lemploi-de-semences-de-betteraves-0

ltdrogo | 03 janvier 2022 à 09h37
 
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On est tout d'abord étonné de voir que les pesticides, dont les emballages s'ornent souvent d'une tête de mort ou de recommandations concernant leur extrême dangerosité, soient désignés sous des appellations telles que "phytopharmaceutiques", ou "phytosanitaires", parce que "pharmaceutiques " ou "sanitaires" semblent leur donner une caution morale, de même que leurs négociants et vendeurs sont regroupés sous l'égide d'une "Union pour la protection (sic) des plantes".
Comme quoi l'hypocrisie est bien un hommage que le vice rend à la vertu.
Sur le fond, et comme cela s'est passé pour le réseau DEPHY, le but des fabricants de poison étant d'en vendre, on ne peut douter que leur stratégie soit d'alerter les exploitants (quel joli mot!) de risques parfois réels et le plus souvent imaginaires risquant d'affecter une petite partie de leur récolte. Il est vrai que la marge bénéficiaire des agriculteurs étant aussi faible que celle de l'agro-business est élevée, une perte de 10% d'une récolte est souvent insupportable dans ce système absurde.
Et si le ministère de l'agriculture n'a pas honte d'être la simple courroie de transmission de la chimie agricole, le citoyen, lui, a honte d'avoir un tel ministère.

petite bête | 03 janvier 2022 à 10h44
 
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