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DEEE : l'Ineris propose d'étendre le tri des plastiques bromés

Les appareils électriques et électroniques contiennent des retardateurs de flamme bromés. Pour limiter la dispersion de ces polluants organiques persistants, l'Ineris recommande d'étendre le tri des plastiques issus des déchets électriques.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°369 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°369
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Les plastiques de la plupart des appareils électriques et électroniques contiennent des retardateurs de flamme bromés. En bout de chaine, les déchets devraient faire l'objet d'un tri plus systématique pour éviter la présence de substances bromées dans les matières premières recyclées. "Le tri par partie ou broyat de partie est (…) indispensable, et la seule façon réaliste d'opérer sur les masses est le tri du brome total en ligne". Telle est la conclusion d'un rapport de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) sur le tri et classement des plastiques des déchets d'équipements électriques et électroniques. Le document, publié le 17 mars, a été commandé par le ministère de l'Environnement dans le cadre de la mise à jour des règles de gestion des plastiques issus des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE).

 
Le tri est efficace mais pourrait être amélioré  
Ineris
 
Aujourd'hui, un tri est effectué sur les petits appareils en mélange (PAM), les écrans à tube cathodique et les écrans plats. Les fractions non triées de ces déchets "ne peuvent être recyclées telles quelles", explique l'Ineris. L'étude signale que trois catégories de DEEE devraient aussi faire l'objet d'un tri, car leur teneur en brome est élevée. Il s'agit du gros électro-ménager (GEM), des outils et des équipements d'éclairages (hors lampes).

Le brome doit être mesuré pour être trié

 
Une réglementation évolutive Le brome est un élément chimique de la famille des halogènes, comme le chlore et le fluor. La pollution au brome s'est répandue avec l'incorporation dans certains produits de substances bromées. Ces substances, qui rendent moins inflammables les matériaux qui les contiennent, sont progressivement classées comme polluants organiques persistants (POP). Pour l'instant, le classement de la dangerosité des déchets contenant du brome ou ses composés n'est pas totalement fixé. La principale restriction applicable est la séparation du brome à une teneur supérieur à 2.000 mg/kg. Le classement en fonction de leur écotoxicité reste notamment à établir. Par ailleurs, le décabromodiphényléther (décaBDE) pourrait être ajouté en 2017 à la liste des POP. Il devra alors faire l'objet d'une obligation de séparation avec un seuil de concentration qui pourrait être fixé à 1.000 mg/kg. D'où la nécessité de préparer une mise à jour de la réglementation encadrant la gestion des DEEE.
 
Après analyse, l'Ineris constate que seulement 15% des équipements électriques et électroniques sont considérés comme exempts de brome (moins de 100 mg par kg). Les autres contiennent du brome dans au moins un élément (46%) ou dans tous leurs constituants (39%). "Les catégories les plus fréquemment bromées sont le gros électro-ménager (GEM), les jouets et les outils (plus de 70% des équipements), puis les petits appareils en mélange (PAM) et les équipements d'éclairage (plus de 50% des équipements), et enfin les équipements audio-vidéo et des technologies de l'information (environ 25% des équipements)", résume l'Ineris.

Autre constat : la concentration en brome est hétérogène et la concentration moyenne de certains appareils peut être très élevée. Les outils (plus de 5.300 mg/kg), les éclairages (plus de 3.200 mg/kg) et le GEM (plus de 3.000 mg/kg) sont les catégories présentant les teneurs moyennes les plus élevées. De la même manière, la concentration en brome varie sensiblement selon les composants des équipements.

Le tri pourrait être amélioré

Cette présence de brome dans les équipements mis sur le marché se retrouve dans les déchets (DEEE). Compte tenu de la présence de retardateurs de flamme bromés dans la plupart des appareils mis en vente, "il ne semble pas possible de séparer les plastiques bromés en utilisant uniquement des catégories d'équipement électronique". Aucune catégorie d'équipement ne peut donc être considérée a priori comme exempte de plastique bromé. Jusqu'à maintenant, certains gros équipements étaient sensés ne pas contenir de brome. C'est le cas, entre autres, des réfrigérateurs, des lave-linge, des appareils de cuisson, des appareils de chauffage électriques et des appareils de conditionnement d'air. Mais pour l'Ineris, cette approche n'est pas pertinente : "le brome doit être mesuré pour effectuer un tri".

L'Ineris a donc cherché à savoir si les procédés de tri utilisés sont efficaces. Actuellement, certains sites de traitement des DEEE effectuent un tri automatique des déchets après broyage. L'objectif est d'éliminer les morceaux contenant plus de 2.000 mg/kg de brome. L'opération est effectuée pour les broyats de trois familles de DEEE : les petits appareils en mélange, les écrans à tube cathodique et les écrans plats. Pour évaluer l'efficacité du dispositif, l'institut s'est appuyé sur les résultats de deux campagnes réalisées par l'organisme coordonnateur de la filière DEEE (OCAD3E). Celles-ci portaient sur les déchets en entrée et en sortie de quatre installations de traitement des DEEE. En 2014, l'exclusion des résidus les plus bromés permettait d'abaisser la teneur moyenne en brome des déchets de 9.343 à 2.075 mg/kg. En 2015, ce tri permettait une réduction de 6.597 à 2.580 mg/kg.

"Le tri est efficace mais pourrait être amélioré", conclut l'Ineris, ajoutant qu'il est "nécessaire pour éviter la dispersion de substances réglementées dans les matières premières recyclées".

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