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DEEE : hausse de la collecte 2014 d'Eco-systèmes pour anticiper 2019

La collecte d'Eco-systèmes a augmenté de 8% en 2014. C'est une bonne nouvelle, car le réagrément de décembre 2014 prévoit une hausse soutenue de la collecte. De nouveaux canaux se développent pour répondre à cet objectif.

Déchets  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

La collecte des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) ménagers organisée par Eco-systèmes a progressé de 8% en 2014, à 368.739 tonnes. C'est une "bonne nouvelle", se réjouit Christian Brabant, directeur général d'Eco-systèmes, rappelant que la collecte stagnait depuis 2011. Cependant, l'effort doit être maintenu pour atteindre un objectif de 657.000 tonnes en 2019, conformément au réagrément ministériel obtenu en décembre 2014. Pour y parvenir, l'éco-organisme mise sur la montée en puissance des nouveaux canaux de collecte qui devront représenter une collecte de 100.000 tonnes en 2019, soit un tiers de la hausse des volumes collectés attendue par les pouvoirs publics.

Pour 2015, Eco-systèmes vise un volume de 402.000 tonnes, soit une progression de 9%. Les nouveaux canaux de collecte de l'éco-organisme devront y contribuer à hauteur de 40.000 tonnes, soit un quasi triplement du chiffre de 2014. D'autre part, Eco-systèmes prévoit de déployer les standards européen Weeelabex / Cenelec, avec un premier site labélisé, celui d'Envie Strasbourg. De même, l'éco-organisme souhaite encourager l'éco-conception et intensifier la lutte contre les pratiques illégales.

La collecte des PAM progresse

En 2014, les quelque 370.000 tonnes collectées par Eco-systèmes représentent 7,4 kg de DEEE par habitant, soit 52 millions d'appareils, dont 45 millions de petits appareils ménagers (PAM) contre 37 millions en 2013.

L'essor de 20% de la collecte des PAM constitue, comme l'an dernier, la principale évolution de l'année. Ainsi, le nombre d'appareils collectés progresse de 18% alors que la hausse exprimée en poids n'est que de 8%. "C'est la conséquence de nos campagnes de communication intensives", estime Christian Brabant qui rappelle que jusqu'à maintenant, quelque 65.000 tonnes de PAM partaient chaque année dans les ordures ménagères, soit 1 kg par an et par habitant. En comparaison, la collecte du gros électroménager (GEM) hors froid progresse de 8%, celle du GEM froid de 4,7% et celle des écrans recule de 2,7%.

Autre constat, le taux de collecte, qui mesure le rapport entre les déchets collectés et les produits mis sur le marché, atteint 36,8%, contre 29% en 2010. Cependant, cette hausse est à relativiser puisqu'elle est en grande partie liée à la baisse des mises sur le marché.

Développer de nouveaux canaux de collecte

Reste que l'effort à fournir pour atteindre l'objectif 2019 est important. Cette collecte représente un volume de 20 kg par habitant et par an. Pour mobiliser de tels volumes, Eco-systèmes mise avant tout sur les nouveaux canaux de collecte. Ces derniers devront atteindre 6,5 kg par habitant en 2019, les canaux traditionnels, en déchetterie et via les points de collecte, représentant 13,5 kg. Actuellement, ces nouveaux canaux ne représentent que 13.744 tonnes collectées en 2014, contre 354.995 tonnes pour les canaux "historiques", soit à peine 4% de la collecte aujourd'hui, pour 30% espérés en 2019.

Pour y parvenir, quatre nouveaux canaux sont en cours de développement. Il s'agit tout d'abord des récupérateurs qui constituent progressivement un réseau d'apport sous contrat pour les artisans, installateurs ou cuisinistes. Aujourd'hui, 120 sites, sur environ un millier, ont contractualisé avec Eco-systèmes et une centaine supplémentaire devrait les rejoindre en 2015. En 2014, ce réseau a permis de collecter 5.300 tonnes de DEEE ménagers, l'objectif 2015 étant fixé à 20.000 tonnes.

Les opérateurs de broyage approvisionnés par les récupérateurs ou directement par les artisans, installateurs, poseurs, voire parfois des particuliers constituent un deuxième canal. En décembre 2014, une convention de partenariat a été signée entre Eco-systèmes et la Fédération des entreprises du recyclage (Federec) afin d'intégrer dans la chaîne du recyclage les DEEE collectés par les broyeurs et de les traiter selon les normes européennes. En 2014, les 31 sites sous contrat ont collecté 8.400 tonnes. Dix nouveaux sites devraient contracter en 2015, pour une collecte totale attendue de 20.000 tonnes.

Quant aux collectes de proximité dans les grandes villes, organisées en partenariat avec Emmaüs, elles ne concernent actuellement que cinq arrondissements parisiens mais sont appelées à se développer. Les 55 collectes éphémères organisées à Paris en 2014 ont vu passer 5.100 apporteurs, avec un poids moyen de 10 kg par apport. En 2015, Eco-systèmes compte déployer ce dispositif dans 15 arrondissements parisiens, pour un total de 300 collectes par an, et dans d'autres grandes agglomérations, avec une cible fixée à 200 collectes par an. L'objectif, à terme, est d'établir un point de collecte de proximité pour 25.000 habitants. Selon les lieux visés, ces points prendront la forme de collectes éphémères, de déchèteries mobiles ou de points d'apport dans les locaux des bailleurs.

Enfin, Eco-systèmes annonce aussi un développement de la collecte auprès des "détenteurs de matériel informatique", sans en préciser les modalités.

Réactions1 réaction à cet article

 

Tout ceci est bel et bon, les objectifs me paraissent louables et la finalité me parait nécessaire. Mais je ne puis m'empêcher de penser que les droits des producteurs initiaux de déchets de toute nature (les consommateurs) sont très négligés. Les propriétaires de déchets (producteurs initiaux) n'ont d'autre choix que de les céder pour qu'ils soient régulièrement traités. Si le propriétaire initial (producteur de déchets) cède à un organisme humanitaire, il s'agit d'un don final. Si le propriétaire initial cède à un organisme chargé du recyclage, public ou privé, qui va transformer le déchet et vendre le produit issu du recyclage, il ne s'agit plus d'un don final "stricto sensu": le déchet n'est plus intégralement éliminé mais réutilisé commercialement, en tout ou partie.

A mon sens, le déchet est alors l'objet d'une cession obligatoire et gratuite d'une matière première, destinée à être transformée puis commercialisée, et sans contre partie pour le cédant: Là, l'équité voudrait au contraire que le producteur initial soit dédommagé (rémunéré), alors qu'il se voit actuellement contraint par la loi et culpabilisé par le "politiquement correct", puni en quelque sorte d'avoir produit ces déchets, issus d'une consommation à laquelle on l'encourage par ailleurs...

Il me semble que cette façon d'envisager la question serait plus "productiviste", mieux reçue par le public et permettrait d'atteindre plus facilement les objectifs.

"Pincez le, il rêve encore": Pas si sûr

Euplectes | 14 février 2015 à 14h21
 
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