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SERVIER et AFSSAPS : la partie émergée de l'iceberg

Ce que les Français viennent de découvrir avec le Médiator n’est qu’une partie émergée d’un iceberg que représente le système actuel de délivrance des autorisations de mise sur le marché qu’il s’agisse des médicaments ou des produits à usage de consommation, OGM et nanotechnologies par exemple.

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SERVIER et AFSSAPS : la partie émergée de l'iceberg
Corinne Lepage
Ancien Ministre de l'Environnement, Présidente de Cap21
   

Les dysfonctionnements gravissimes observés au sein de l'AFSSAPS se retrouvent au sein d'autres organismes nationaux comme malheureusement au sein de l'EFSA, l'agence communautaire de sécurité alimentaire et sanitaire, à laquelle je demande depuis des mois une refonte du mode de fonctionnement.

A l'origine était le conflit d'intérêt ou plutôt le trafic d'influence.

Il est temps d'arrêter de parler de conflits d'intérêts comme s'il s'agissait de la possibilité rarissime et inenvisageable pour certains membres de commissions d'experts de peser sur la décision finale, ce qui pourrait constituer effectivement un trafic d'influence.

La réalité est tout le contraire.

C'est parce que le trafic d'influence est programmé, parce que certains lobbies industriels ont un poids suffisant pour imposer leurs représentants au sein des comités d'experts, soit explicitement, soit implicitement, par des relations de connivences entretenues de longue durée entre responsables politiques et grands lobbies que le conflit d'intérêt apparaît.

C'est donc le système lui-même qui est gangréné, et il ne l'est malheureusement pas seulement à l'AFFAPS.

Au niveau communautaire, les critiques véhémentes formulées à l'encontre de l'EFSA, en particulier en ce qui concerne son panel OGM, participent également de la même logique. Lorsque le responsable du panel OGM de l'EFSA réalise des études pour les fabricants d'Organismes Génétiquement Modifiés, que la responsable administrative du panel OGM quitte en 2009 l'EFSA pour rejoindre immédiatement SYNGENTA, lorsque la Présidente du Conseil d'Administration de l'EFSA a dissimulé le fait que qu'elle présidait le plus gros organisme de lobbying agro-alimentaire, il est tout à fait clair que c'est le système lui-même qui est en cause, et non des cas isolés.

Et, malheureusement, les médicaments ne sont pas seuls en cause.

Certes, on peut comprendre que la pression pour obtenir l'AMM des médicaments est soit d'autant plus considérable que, lorsque le médicament est remboursé, c'est la collectivité publique qui paye.

Mais, dans le domaine de l'agro-alimentaire comme dans celui des pesticides  la situation est exactement la même.

Il suffit de regarder par le passé les débats autour du sel, autour du sucre, ou l'impossibilité dans laquelle nous nous sommes trouvés d'obtenir l'interdiction de la publicité sur certains produits à destination des enfants.

Si les Organismes Génétiquement Modifiés ne sont pratiquement cultivés en Europe ils sont dans nos assiettes par l'exportation et un contrôle très insuffisant, y compris d'OGM non autorisés à la commercialisation en Europe.

Et que dire des dépassements de taux de pesticides dans les produits alimentaires ?

Comme le relève à juste titre et fort honnêtement le rapport de l'IGAS, dans tous ces domaines, des organismes chargés de faire prévaloir la santé publique ne l'ont pas fait. A juste titre, l'IGAS propose de "limiter les prises de position publiques dénonçant une hypothétique "tyrannie du principe de précaution" alors que dans cette affaire, ce n'est pas l'excès de principe de précaution qui est en cause, mais le manque de principe de précaution et une certaine "accoutumance au risque" bien éloignée des considérations élémentaires de santé publique". Elle propose également "de renverser le fonctionnement de la chaîne du médicament pour que le doute bénéficie aux patients et à la santé publique plutôt qu'aux firmes comme c'est actuellement le cas".

Il est évident que plus on parle du principe de précaution, moins on l'applique, et la France dans ce domaine devient une championne toutes catégories de l'hypocrisie.

Et pourtant les solutions existent.

Dans un rapport enfoui au fond d'un tiroir que j'avais remis à Jean Louis Borloo sur la gouvernance écologique en janvier 2008, je formulais toute une série de propositions, précisément pour aboutir à la protection des lanceurs d'alerte, une expertise indépendante et contradictoire et une interdiction de principe des conflits d'intérêts.

La protection des lanceurs d'alerte est un impératif, et l'exemple d'Irène Frachon illustre parfaitement la difficulté dans laquelle se trouve ceux qui, ayant pris conscience d'une information essentielle pour la santé publique et l'intérêt général, cherchent à la faire connaître.

Avant elle, André Cicollela, Pierre Menneton, Gilles Eric Séralini, Etienne Cendrier et bien d'autres se sont heurtés à la même difficulté.

En second lieu, une expertise indépendante et contradictoire impose de transformer les modes d'expertise.

Il s'agit en réalité de s'inspirer de l'expertise judiciaire pour que toute demande d'autorisation soit instruite à charge et à décharge, les opinions minoritaires étant obligatoirement rendues publiques en même temps que l'avis.

Les experts qui rendent l'avis doivent être impérativement dégagés de tout lien direct ou indirect avec les lobbies mais, en revanche, les experts qui s'expriment devant eux pour défendre ou au contraire refuser un produit peuvent venir du monde industriel comme du monde des ONG.

Des études financées par les fonds publics devraient être la règle. J'avais proposé, il y a déjà plusieurs mois, lors de la réforme du système européen de pharmacovigilance, que ce système soit majoritairement assurée par un financement public. Cet amendement a été torpillé par les soutiens parlementaires habituels de lobbys pharmaceutiques.

Une véritable déontologie de l'expertise confiée à une autorité administrative indépendante, comptant des représentants du monde des patients, des consommateurs, des ONG devrait y occuper une place importante. J'ajoute qu'il convient également de se pencher sur le financement des organisations de patients, pour l'instant largement financées par l'industrie pharmaceutique.

Dans la même direction, une obligation d'informer devrait être créée à la charge de toute personne scientifique ou non ayant à sa connaissance une information susceptible d'avoir une incidence négative sur la santé, l'environnement ou l'intérêt général.

Cette obligation d'informer devrait être sanctionnée pénalement lorsqu'elle n'est pas remplie, à charge pour la loi de déterminer les conditions permettant d'éviter l'intention de nuire et la distorsion de concurrence.

En définitive, tout ceci n'est qu'une question de volonté politique.

Les liens incestueux qu'entretiennent un certain nombre de responsables politiques en activité ou hors activité avec des grands lobbies doivent également faire l'objet du débat. Je puis juger, au Parlement Européen, la manière dont certains députés défendent systématiquement, en les reprenant à la virgule, les amendements déposés par certains lobbies à la Commission Santé Environnement que je vice préside y compris en matière de pharmacovigilance.

Puisque l'époque est à s'indigner, l'indignation est évidente mais encore faut-il la transformer en action.

Manifestement, le moment est venu.

Corinne LEPAGE, avocate, ancien Ministre de l'Environnement, Présidente de Cap21.

Réactions24 réactions à cet article

 

l'infiltration des institution par les lobbies est une réalité exemple l'académie de médecine et le lobby de la pollution électromagnétique /

alors que l'académie de médecine a mis 90 ans pour réagir au scandale de l'amiante suite a la comdamnation de Bouygues télécom le 16 février 2009 il ne lui a fallu que 15 jours pour publier un communiqué le 3 mars 2009 s'attaquant a la décision de justice prétendant mensongèrement
"On ne connaît aucun mécanisme par lequel les champs électromagnétiques dans cette gamme d’énergie et de fréquence pourraient avoir un effet négatif sur la santé"

Puisque sur les relevés officiels de cartoradio on trouve des mesures d'exposition jusqu'à 12V/m a 30 mètres d'antennes relais et que la documentation des outils de travail quotidiens des médecins (sic) ayant écrit ce document (tensiomètre thermometres etc.. dont 20 millions sont utilises au domicile des gens) dit qu'ils doivent êtres utilises ou le niveau ne dépasse pas 3V/m et que les antennes relais peuvent être source du risque.

Comble de la soumission ce communiqué annonce la mise en place d'un comité permanent ondes électromagnétique ou siegent un conseiller et un ancien conseiller de Bouygues!!!


L'académie de médecine doit rendre des comptes sur ses dissimulations de risques et d'effets a destination du public et de la justice

pluloin lanten | 19 janvier 2011 à 08h54
 
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Merci Corinne pour ce texte.

On nage en effet en plein conflit d'intérêt et le manque d'autorité réellement indépendante est flagrant. Ne sous estimons pas la puissance des lobbies qui ont tout intérêt à ce que rien ne change. Les personnes au pouvoir sont malheureusement la proie de ces lobbies et sont achetées comme des marionnettes. On peut espérer que les gens victimes du Mediator et surtout leurs entourages seront suffisamment déterminés pour aller jusqu'au bout dans le procès.

arthur duchemin | 19 janvier 2011 à 09h51
 
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Bonjour,

D'accord avec Corinne Lepage. La première action serait peut-être de lancer une petition dont le ou les initiateurs, de par leur notoriété serait sucseptibles de recueillir plusieurs dizaines de milliers de signatures pour montrer que les citoyens ne sont massivement pas d'accord.

AMS | 19 janvier 2011 à 12h03
 
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à part voter une fois de temps en temps, comment faire pression sur les politiques?

pascale | 19 janvier 2011 à 16h17
 
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Il est grand temps de mettre de l’ordre dans ces organisations de santé vérolées par les trafiques d’influences de toutes sortes, lobbies des laboratoires ou l’être humain est sacrifié sur l’autel de la cupidité. Hippocrate doit se retourner dans sa tombe. Un médicament qui ‘’tue’’ n’est pas un médicament mais un poison, surtout quand on en connaît les effets secondaires toxiques pour la santé et que l’ont laisse faire dans l’attente de confirmations déjà avérées ! ! !, on peut toujours disserter sur le comportement humain, mais l'à on n'est pas sorti de l'auberge, il y à des personnes qui ne doivent pas se rgarder dans leur glace de peur de voir un monstre !!!

Jacqout | 19 janvier 2011 à 18h47
 
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Sauf votre respect, Madame la Ministre, et d'abord celui que je porte à vos idées, j'aimerais bien avoir votre témoignage "à cru" de votre propre expérience au sein de ce ministère de l'Environnement. J'imagine que vous avez du faire face à quantités de dilemmes et frustrations en tous genres, que vous avez certainement subi ces pressions évoquées dans votre billet, et peut-être même avez-vous été contrainte d'aller contre vos convictions politiques. Nul besoin de faire de délation, cet aspect des choses nécessite simplement d'être abordé, et éclairci.

Laurent CERQUEU | 19 janvier 2011 à 19h05
 
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Nous vivons depuis quelques années dans un monde où règnent la vénalité et le veau d'or. Heureusement qu'il existe encore des personnes comme Corinne Lepage pour défendre les valeurs millénaires de respect d'autrui et d'honnêteté. Puissent les Français prendre modèle sur les Tunisiens et faire la chasse à la corruption au plus haut de l'Etat.

Claudius | 20 janvier 2011 à 08h06
 
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Merci Corinne pour vos luttes,à "haut niveau".
C'est étonnant comment les gens,et surtout la presse découvre ce genre de "manipulations",
Comme le monde est naïf......!
Dès qu'il y a de l'argent,donc aussi du pouvoir,tout est permis.....
On ne va pas refaire le monde,mais nous pouvons tous,à nos niveaux,agir.
C'est nous qui payons,alors....
Consommons bien ......

pola09 | 20 janvier 2011 à 08h25
 
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Pour les pesticides, on peut déjà résoudre le problème, il n’y a qu’a reprendre les conclusions du rapport du Comité Prévention et Précaution (CPP) nommé par le gouvernement et qui dans son rapport du 1er juin 2001 sur les risques sanitaires liés à l’utilisation des produits phytosanitaires, (établi à la suite de la demande du ministre de l’aménagement du Territoire le 19 juillet 2000) indique « le comité a abouti à la conclusion que le problème sanitaire posé par l’utilisation des pesticides en agriculture justifiait une application du principe de précaution ... parce que tous les éléments qui préconisent l’application de ce principe se trouvent réunis : il existe une présomption sérieuse de risques collectifs graves ; les incertitudes sont actuellement considérables ; des mesures économiquement proportionnées aux effets redoutés peuvent être mises en œuvre ».
Nous savons tous, même la FAO le dit dans une intéressante étude sur l'agroécologie (2008), que l'agriculture peut se passer des pesticides pour le plus grand bien de tous les êtres vivants et l'économie des paysans

blanchefleche | 20 janvier 2011 à 08h35
 
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Merci à Corinne LEPAGE pour sa franchise et son courage, tant de femmes et d'hommes politiques se font acheter. Tant de souffrances à cause du manque de moralité de certains. l'HUMAIN doit réveiller sa conscience REVEILLONS NOUS AVANT QU IL NE SOIT TROP TARD
Merci aux femmes et hommes courageux qui oeuvrent pour le bien humain

Marie | 20 janvier 2011 à 09h20
 
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Bravo, Corinne,
une fois de plus, preuve est faite que les initiatives courageuses contre la collusion et la consanguinité entre intérêts industriels et détenteurs de pouvoirs (élus politiques, mais aussi décisionnaires institutionnels au sein des multiples organes de contrôle , autorisation, "vigilance" et autres), peuvent finalement aboutir, mais à quel prix : plusieurs décennies pour l'amiante, 15 à 20 ans pour le sang contaminé ou l'hormone de croissance, etc.
La parole des experts indépendants (à l'inverse de ceux impliqués dans les instances de décision, dont une large part est certainement de bonne foi, ne cédons pas à la paranoïa, ce qui ne change pas grand chose à l'arrivée !) ne peut être prise en compte que si elle est relayée par une large mobilisation citoyenne.
Le problème est que ce combat, dans la plupart des cas, n'a de réelles chances d'aboutir que s'il est porté à l'échelle de l'Europe. Les lobbies de tout poil l'ont bien compris, qui ont pignon sur rue à Bruxelles et dépensent des fortunes pour instrumenter tous les rouages de la bureaucratie européenne.
Comment en sortir ? L'exemple du peuple Tunisien nous montre qu'il n'y a aucun combat perdu d'avance, si la volonté est ferme et clairvoyante quand la cause le mérite.

moudiblouz | 20 janvier 2011 à 09h33
 
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Bonjour Madame la ministre et la Présidente de Cap21,

Une seule question ou plutôt deux, ces réalités n'existaient-elles pas lors de votre prise de fonctions ministérielles? je pense que la réponse est, Oui.
Etait-il dans ce cas nécessaire de créer "un parti", rien ne semblait répondre à votre attente dans les formations écologistes existantes alors?

Il est vrai que créer un parti est la meilleure façon de fonctionner pour qu'une organisation corresponde à ses idées et ambitions.

Il me semble que vos réelles compétences pourraient sans doute s'exercer dans le cadre d'une autre formation politique en cours de construction, je pense à EELV et que votre cooptation pourrait y être envisagée, en tant que Corinne Lepage, avocate, je ne pense toujours pas que votre participation au gouvernement Juppé, qui nous dit lui aussi "qu'il ne mangera plus de fraises en hiver", était le meilleur choix écologiste..... mais il est vrai qu'il faut bien venir de quelque part, et que le plus important n'est pas d'où nous venons mais vers où nous souhaitons aller. Il me semble que c'est l'avis de quelqu'un que nous apprécions tous les deux, je me réfère là à Daniel Cohn Bendit.

Mais quand même!

Veuillez croire Madame la Ministre à l'assurance de mon respect,

Pierre Gaugain - seulement coopérateur d'EELV.

Gaugain | 20 janvier 2011 à 11h58
 
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Corinne sait monter au créneau quand il le faut ; et j'applaudis dans ces moments.
Son audace dans cet article est encore plus important qu'à l'accoutumé, voilà pourquoi
je me fends d'un petit coup de chapeau cette fois ...
Par contraste le manque de réactivité EELV est encore plus pâtant, et ne parlons pas des autres partis...
L'accident du golf du Mexique, gravissime, nous a laissé pratiquement muet. C'est avec beaucoup de retard à l'allumage qu'on a parlé des gaz de schiste, contrairement à Corinne.
Les borgnes sont rois au royaume des aveugles;
Mais Corinne répand beaucoup d'illusions
jusqu'à présent sur les "experts", qu'elle valorise trop, ce qui désarme, en partie, les citoyens en leur capacité
d"agir. Avons nous à faire à une évolution dans la pensée de C. Lepage
ou un simple coup d'éclat ? La suite nous le dira.
Bravo encore pour cette analyse et cet article, qui va loin ...

Patrice | 20 janvier 2011 à 15h36
 
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@ Patrice, comme nous nous connaissons, et pour compléter mon précédent commentaire, je vois dans la réactivité de Madame La Ministre, et Présidente de Cap21 l'avantage d'avoir un parti créé, organisé je pense assez unilatéralement, personnel, et tout à sa disposition.
Ceci n'est bien évidemment pas le cas d'EELV, qui n'est qu'en construction. Ceci expliquant sans doute cela.

Il reste à craindre que si le développement d'EE continue à tourner essentiellement autour des écolos médiatiques, des formations écologistes confidentielles ou derrière les survivances du parti des Verts, si son fonctionnement, ne devient pas la représentation effective des citoyens du local en allant vers le général, les mêmes causes engendrant généralement les mêmes effets, nous pouvons donc nous attendre à des scores identiques à ceux des ex Verts, ou de Cap 21, autant dire que nous aurons rejoins rapidement la confidentialité écologique.... et toute union et coopérative confondus nos tourneront autour de 10 %, assez loin que ce que semble être la nécessité d'avoir une écologie politique et sociale conséquente...

Madame Lepage faisait remarquer dans son billet qu'il lui paraissait que nous étions dans une période d'indignation, c'est bien mon avis, je suis donc indigné, mais aussi plein d'espoir dans nos possibilités collectives de réaction, la votre inclue bien entendu Madame,

bien respectueusement,

Pierre Gaugain

Gaugain | 20 janvier 2011 à 16h24
 
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Merci Mme Lepage pour vos prises de position et votre combat.
Ma question : peut on connaître de façon officielle, le nom des députés ou sénateurs qui prennent clairement position pour les lobbies dont vous parlé. Si oui il me semblerait utile de les nommer car je ne suis pas sûr que leurs électeurs soient au courant de leur position et que, s'ils l'étaient (au courant), leur vote en serait probablement affecté. Aujourd'hui j'ai l'impression que ces élus agissent dans un quasi anonymat.

Jacques | 21 janvier 2011 à 10h28
 
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En avril 1996, (lors de la crise de la vache folle), le pionnier de la réflexion sur l’expertise scientifique et la démocratie, Philippe Roqueplo, (alors Directeur de Recherche au CNRS), avait été invité à l'INRA pour traiter la question de société:
"Peut-il exister des experts indépendants ?"
La qualité de son analyse, restituant une double expérience de chercheur & de conseiller politique, (au cabinet d'Huguette Bouchardeau), avait été restituée dans un "petit livre rouge":
Entre savoir et décision,l'expertise scientifique.
Dommage de voir sombrer dans l'oubli ce concentré de sagesse a/s Comment confier au service public la mission d'anticiper les questions que le progrès risque de poser ?

Avoir ignoré les propositions faites il y a 15 ans par Philippe Roqueplo est un gâchis tragique ! Les remettre dans le débat public... une urgence !
Que le scandale du Mediator, (et le drame des moyens insuffisants de l'Afssaps), servent au moins cet enjeu de salut public, au sens propre du terme !

arzi77 | 21 janvier 2011 à 19h32
 
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@ Jacques, si votre remarque m'était adressée, sachez que je n'ignore pas grand chose des votes et prises de position des élus EELV, sénateurs députés européens, et nationaux, sachez aussi que je n'apprécie pas obligatoirement toutes leurs positions, sachez enfin qu'ils ne représentent pour l'instant qu'une formation en cours d'organisation, et à laquelle semble s'intéresser Cap 21, ce dont je me félicite.

Ce qui me semble problématique dans cette coopération de Cap 21, en tant que tel, c'est que lorsque sa présidente sera en accord avec EELV elle s'exprimera sans doute au nom de ce collectif, et en cas inverse elle ne s'exprime en qualité de présidente de Cap 21....mis à part les partis fondateurs d'EELV, j'entends les Verts et RPS/poc, je ne pense pas que la double appartenance soit souhaitable. Je précise que je ne suis pas issu des ex-Verts, et reprécise que je n'ai rien bien entendu contre l'adhésion stricto sensu de qui que ce soit et de Corinne Lepage à EELV. Autant nous pouvons être pour la cooptation de personnalités autant la manoeuvre me semble plus discutable pour les mouvements et partis...

bien respectueuses salutations,

Pierre Gaugain - coopérateur EELV

Gaugain | 22 janvier 2011 à 10h05
 
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Comme d'autres je souhaite vous remercier Mme Lepage, pour le courage de vos prises de positions...et comme Jacques je souhaiterais connaitre les noms des parlementaires, "soutiens habituels de lobbys pharmaceutiques"...
A mon modeste niveau, je ne voit guère pour cette question, que le bulletin de vote pour "transformer l'indignation en action"
Thomas, Strasbourg

thomas | 23 janvier 2011 à 19h15
 
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Merci, Madame la Ministre, pour votre courage politique. Qui, à part vous, l'a aujourd'hui ??
Après la révélation de tous ces "scandales", un nouveau défi nous attend aussi avec la pollution électromagnétique que l'on doit ajouter à cette longue liste de constats dramatiques. Il est URGENT que de réelles études épidémiologiques viennent compléter les données étrangères, suédoises en particulier, dans ce domaine. Qui peut les initier, puisque ni la "Santé publique" ni les Caisses d'Assurance Maladie en France ne font leur travail, et sont complètement aveugles à tant de pathologies dites "idiopathiques" et sans étiologie ... sans qu'aucune recherche ne soit investiguée, et ni même que soit entreprises les enquêtes épidémiologiques nécessaires ?
Je suis aussi, à cet égard, tout aussi favorable à votre demande de "protection des lanceurs d'alerte": c'est INDISPENSABLE !!! , ayant été victime moi-même d'une situation de harcèlement moral abjecte, qui a abouti à la perte de mon emploi...
Françoise, médecin

Fandau2 | 24 janvier 2011 à 16h19
 
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C'est bien de s'indigner contre les lobbys, mais il faudrait aussi peut être se poser la question du lobby médical. En effet, l'AMM obtenue par servier ne portait pas sur l'indication "coupe faim" mais sur le diabète.
Or les médecins, pour faire plaisir à leurs clientes et par pur clientèlisme ont prescrit ce médicament hors indications de l'AMM. Faut-il rappeler que le médecin est normalement RESPONSABLE de ses prescriptions ?
Le lobbymédical est bien plus puissant que celui des labos. Ils vivent au crochet de la sécurité sociale (comme les labos et autres professions médicales) en prescrivant de façon incontrolée arrêts de travails, médicaments et autres plaisanteries qui font que la sécu est en faillite (nous aussi).
Immaginez qu'il existe une sécurité sociale automobile. Vous allez dans votre garage, vous commandez le modèle qui vous plait, vous le faites entretenir à l'oeil, on vous rembourse l'essence. Pensez vous que vous rouleriez dans votre véhicule actuel ??? Moi pas !
Pour que ça fonctionne, il faudrait un corps médical responsable et qui admette les controles, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Donc indignation contre les lobbys OK, mais tous les lobbys et pas seulement l'industrie pharmaceutique qui investit plus de 20 % de son CA dans la recherche.
Qui aura le courage de controler les médecins ? leurs prescriptions hors AMM ? leurs arrêts de travails de pur clientèlisme ? leurs examens inutiles ? Réponse ???

Jacou | 24 janvier 2011 à 18h34
 
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Je me suis demandé un instant si la réaction de 18h34, méritait une réponse: avec un certain ahurissement... je crois comprendre que son auteur indique sans vergogne que lorsqu'il existe une possibilité de tricher... il n'hésite pas à la saisir !
Si tel est bien le cas... ne serait-ce que pour tous ceux qui paient scrupuleusement leurs impôts et cotisations... j'espere que cet aveu incroyable attirera l'attention des services chargés de controler la sincérité des déclarations de revenus et de réprimer la fraude fiscale !

En outre, ce monsieur qui manifeste soupçon et mépris à l'égard de son médecin, (sans que la réciproque soit forcement vérifiée), en profite pour parler de "la sécu en faillite" en ponctuant par un "nous aussi", qui me pousse à répondre.

En effet, je suis révolté par la roublardise et la manipulation de F. Fillon, consistant à parler de "la France en faillite"... pour faire naitre la résignation et la docilité... propres à faciliter l'acceptation de la politique anti-sociale de son gouvernement !

Faut-il rappeler qu'un Etat ne peut pas faire faillite ? il peut etre amené à "Faire défaut", c a d à choisir de différer pour quelques mois, ou pour l'éternité... le remboursement de tout ou partie d'une dette illégitime... en prenant bien soin de rompre la sacro-sainte "égalité de traitement" entre les créanciers... et de le faire savoir fort et clair !
[Suite dans le post suivant...]

arzi77 | 25 janvier 2011 à 22h24
 
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Ce texte, bien que globalement pertinent me semble souffrir de lacunes. On ne peut toutefois pas vous en vouloir car on ne peut qu'adhérer à la ligne directrice que vous défendez.

Je ne jetterais pas le bébé avec l'eau du bain en ce qui concerne le fonctionnement de nos institutions. Pour les avoir fréquentées, ces institutions sont composées de personnes très souvent compétentes, impliquées, compétentes. Le souci, à l'observation tient beaucoup plus au paradigme global : "un problème < - > une solution" qui place l'ensemble du système dans une logique producteur < - > consommateur.
C'est beaucoup plus la banalisation de certaines professions que l'état technicise de son mieux pour éviter d'avoir à se confronter à des "corps constitués" qui constituent des opposant potentiels. Le corps médical, comme celui des magistrats, des avocats sont concernés.

N'oublions pas que de base, le système d'assurance maladie correspond à un dispositif de mutualisation du risque santé. Les cotisations ayant pour but la prise en charge des couts "maladie".

Quand vous évoquez les risques sanitaires liés aux OGM, etc ... c'est la population entière qui est concernée, qui accepte de se rendre malade. La Nationalisation de la prise en charge de ce risque par l'intermédiaire du PFLSS élimine la possible prise de conscience qui pouvait être effectuée au niveau des "caisses" et rend le dispositif sensible à toutes les pressions politiques et aux choix industriels.

Il y a encore beaucoup à dire.

Didier C. | 26 janvier 2011 à 07h39
 
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Gouverner dans la crainte de perdre la note AAA, (comme c'est le cas actuellement), est le signe que nous ne sommes plus en démocratie !
Que ceux qui ont le plus oeuvré pour la "réduction de la dépense publique", (sauf, bien entendu, le "SEVICE de la dette"... qui, en 2 décennies, est devenu le premier budget de l'Etat !), perdent quelques plumes... serait une fin morale à ces 20 ans de "Trahison des elites"... avec une baisse des recettes fiscales de ~100 milliards /an, et un gonflement corollaire de l'endettement & du poids de la dette !

Parler de la "Sécu en faillite"... me fait aussitot penser à "Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage !". En effet, depuis longtemps... les milliards de la Sécu font saliver les compagnies d'assurance ! Denis Kessler, ardent defenseur du Club "le Siècle", ne rêve que de "liquider le programme du Conseil National de la Résistance", justement celui qui institua la SECU, & garantit que chacun bénéficie des mêmes soins, quel que soit le montant de ses cotisations !

Alors... les xples exonérations de complaisance, (pour plusieurs dizaines de milliards /an), sont évidemment la cause première du déficit ! En outre, c'est "pain béni"... pour bon nombre de ceux qui en profitent... et qui, à l'instar du représentant des assurances au sein du Medef (D.Kessler) voudraient bien "faire périr cette grande idée" qu'est la Sécu, & démolir ainsi un élément vital de notre modèle républicain & les solidarités nécessaires au maintien du tissu social.

arzi77 | 26 janvier 2011 à 10h24
 
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Il me semble que l'on s'éloigne du sujet. Savoir qui a parlé en premier me laisse indifférente. L'important, c'est qu'on en parle ! Et si des personnes connues peuvent faire bouger les choses, tant mieux.

Quant aux experts, il faut bien avouer que le citoyen français lambda est prêt à croire tout ce qui est estampillé "expert". Et je veux encore croire (dans ma naïveté citoyenne) que des experts indépendants existent, quelque part, bien cachés... Même si ma devise reste : "concernant les sujets sensibles, c'est forcément pire que ce que l'on veut nous faire croire" !

Axelle | 21 mars 2011 à 12h22
 
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