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Démantèlement nucléaire : l'IRSN confirme que les déchets d'Eurodif posent problème

Déchets  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Après l'Autorité environnementale, c'est au tour de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) d'émettre des doutes sur la stratégie de gestion des déchets du démantèlement de l'usine d'enrichissement d'uranium Georges Besse I. Le calendrier proposé par Areva pourrait être compromis si aucune solution n'est trouvée pour les déchets de très faible activité (TFA) issus du site d'Eurodif.

Dans un avis rendu public mi-avril, l'IRSN explique que le centre industriel de regroupement, d'entreposage et de stockage (Cires) de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) "ne devrait (…) pas pouvoir accueillir la totalité des déchets issus du démantèlement" de l'usine d'Areva. En effet, le site de Morvilliers (Aube) "devrait être proche de la saturation de ses capacités d'entreposage à l'horizon 2025-2030". Or, le démantèlement de l'usine George Besse 1 devrait s'étaler sur 32 ans, soit jusqu'en 2050. Il générera de l'ordre de 210.000 tonnes de déchets, principalement métalliques, de très faible activité.

Vers une valorisation des déchets TFA ?

Cette "absence de filière d'évacuation des déchets TFA pourrait mettre en cause l'échéancier de réalisation du démantèlement", alerte l'IRSN. L'Institut relève toutefois que "l'exploitant réalise actuellement des études relatives à la valorisation des déchets métalliques".

En novembre dernier, l'Autorité environnementale (Ae) estimait déjà que le scénario de gestion des déchets TFA répond formellement à l'obligation légale mais n'est pas réaliste. L'Ae ajoutait que la saturation du site de Morvilliers allait probablement contraindre Areva à entreposer une partie des déchets TFA sur le site du Tricastin (Drôme) jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée. Cette option est d'ailleurs évoquée dans le dossier de démantèlement. Mais, l'Ae estime que sa création ne sera pas sans conséquence : pour respecter la réglementation, Areva devra demander une modification du décret de démantèlement. Dans ce cas, l'étude d'impact devra être actualisée et une nouvelle enquête publique devra être réalisée. Quant au recyclage de ces déchets "il s'agit d'une solution que le droit n'autorise pas", rappelait l'Ae. D'ailleurs, le dossier d'Areva rejette cette option qui suppose d'importantes évolutions réglementaires et une dérogation au code de la santé publique.

Pour rappel, en juin 2012, Areva a définitivement mis à l'arrêt l'usine d'enrichissement Georges Besse I, ouverte en 1979. Cette usine, située sur le site du Tricastin, a été remplacée par l'usine Georges Besse II qui utilise un procédé plus économe en énergie.

Réactions1 réaction à cet article

 

C'est un problème récurrent en France : on décrète que tous les matériaux qui sont passés par un site nucléaire doivent être qualifiés de TFA et donc être gérés comme tels. Quelle que soit leur radioactivité réelle, quelle que soit l'origine de cette radioactivité. L'exemple archétypique : une dalle en granit qui a servi dans un labo d'optique situé sur un centre nucléaire, qui n'a JAMAIS été confrontée à de la matière nucléaire, doit être traitée en TFA car le granit est radioactif. Et on tombe sur des aberrations : du béton avec 1 Bq de césium au kilogramme, c'est du TFA, juste parce que c'est mesurable. Des gants qui ont manipulé la pince qui a saisi de l'UO2 (non irradié), c'est du TFA. Des boîtes à gants qui ont aperçu de la matière radioactive au cours de leur carrière, c'est du TFA. Etc. On voudrait asphyxier la filière qu'on ne s'y prendrait pas autrement !
A côté de ça, un pays comme l'Allemagne, pas vraiment laxiste dans le domaine, intègre des TFA dans ses procédés industriels ou la construction ! On marche sur la tête.

dmg | 27 avril 2017 à 19h22
 
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